Crise à l’arrondissement N°3 de Ouagadougou : « Rahinatou Ouédraogo joue la victime d’un complot qui n’existe pas », Moussa Belem, 1er adjoint au maire de Ouagadougou.

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Crise à l’arrondissement N°3 de Ouagadougou : « Rahinatou Ouédraogo joue la victime d’un complot qui n’existe pas », Moussa Belem, 1er adjoint au maire de Ouagadougou.

C’est pour mieux éclairer l’opinion sur ce qui se passe réellement dans l’arrondissement 3 qu’a été convoquée cette conférence de presse. Et d’emblée, le 1er adjoint au maire central, Moussa Belem, a tenu à rappeler les faits. Il affirme ainsi que Rahinatou Ouédraogo accuse le maire central, Armand Pierre Béouindé, d’être à l’origine du blocage de son budget et a refusé de voler à son secours après le refus de ses adjoints de célébrer les mariages. Ce qui l’aurait contrainte à quitter son lit d’hôpital pour unir des couples.

De plus, elle accuse le maire Béouindé d’avoir intenté contre elle un procès pour avoir fait venir des adjoints d’autres arrondissements pour célébrer des mariages. Ces déclarations largement reprises sur les réseaux sociaux et dans les médias seraient très loin de la vérité, a indiqué Moussa Belem. Pour lui, ce qu’elle a donné à voir dans les médias (notamment les sparadraps sur ses mains alors qu’elle officiait un mariage) ne serait que du pur cinéma.

La vérité selon Moussa Belem

C’est après avoir reçu un courrier du haut-commissaire lui rappelant l’irrégularité des mariages célébrés par des adjoints d’autres arrondissements que Rahinatou Ouédraogo aurait demandé au maire central de mettre à sa disposition un officier célébrant. Ce que le maire aurait refusé au regard de la loi portant Code général des collectivités territoriales au Burkina Faso.

Le maire central l’a donc invitée à trouver un consensus avec ses adjoints pour la célébration des mariages. Se conformant à ces dispositions de la loi, ses adjoints auraient exprimé, dans un courrier adressé à Rahinatou Ouédraogo, leur disponibilité à célébrer par rotation les mariages durant tout le mandat. Une lettre restée sans suite depuis le 30 mai 2017. Ils disent donc ne pas comprendre pourquoi c’est maintenant que Rahinatou Ouédraogo leur demande d’officier les mariages, alors qu’elle a refusé leur main tendue depuis maintenant un an.

Pour ce qui est du blocage budgétaire, il souligne que c’est parce que le maire Rahinatou Ouédraogo n’a pas pu adopter son budget primitif devant être agrégé au budget principal de la commune pour faute de quorum, qu’à ce jour l’arrondissement 3 n’a pas de budget. Pour lui, en tant qu’ordonnateur délégué, elle aurait dû faire en sorte que ce budget primitif soit adopté.

Et pour ne pas paralyser les services de l’arrondissement 3, le maire central, ordonnateur principal du budget, a demandé au maire Rahinatou Ouédraogo de transmettre l’état de ses besoins prioritaires. Ce qui n’a pas été fait jusqu’à présent. Elle aurait plutôt envoyé le total du montant délégué pour 2018 à hauteur de 120 450 000 F CFA. Ce qui démontre, à en croire Moussa Belem, que le maire (de l’arrondissement 3) manque de volonté pour faire fonctionner son arrondissement.

Pour les conférenciers du jour, la faute incombe entièrement à Rahinatou Ouédraogo, si elle rencontre des difficultés dans sa gestion, et non à Armand Pierre Béouindé, maire central. Ils l’accusent de tenter de faire croire à l’opinion que la crise que traverse son arrondissement est politique, alors qu’il s’agit plutôt d’une question de gouvernance interne. Ils l’invitent donc à travailler à résoudre la crise au lieu de se « jouer la victime d’un complot qui n’existe pas ».

« Nous ne la considérons plus comme maire », Nana Ibrahim, 1er adjoint au maire de l’arrondissement 3

Les conseillers de l’arrondissement 3 présents à la conférence de presse disent ne plus considérer Rahinatou Ouédraogo comme maire. Pour eux, depuis la motion de défiance à son égard et le procès qui s’en est suivi, où elle a été déboutée, elle devait « libérer les lieux », parce qu’elle n’est plus légitime. Surtout qu’elle a 19 conseillers contre elle et seulement douze qui la soutiennent. Et selon un des conseillers UPC frondeur de l’arrondissement, ces douze conseillers sont soit analphabètes, soit très peu instruits et ne comprennent donc rien à la gestion.

Justine Bonkoungou
Lefaso.net

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