Création de la caisse de dépôts et de consignations

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La coordination nationale des comités CGTB de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) ont animé
une conférence de presse sur la Caisse de dépôts et consignations (CDC), le jeudi 18 mai 2017 à Ouagadougou.

La coordination nationale des comités CGTB de la Caisse nationale de sécurité sociale (CGTB) est inquiète pour l’avenir des retraités au Burkina Faso. En effet, elle voit en la création de la Caisse de dépôts et consignations (CDC), un risque que des lendemains surviennent sans possibilité de payer les pensions des retraités pour cause de mauvaise gouvernance. En tant qu’organe de veille et d’alerte, elle a donc mis en garde le gouvernement et attiré l’attention de l’opinion nationale sur les dangers de la création d’une telle caisse pour les travailleurs. C’était au cours d’une conférence de presse, le jeudi 18 mai 2017 à Ouagadougou. Pour le président de la coordination des comités CGTB de la CNSS, Seydou Koné, la mise en place de la CDC est tout simplement une démarche du gouvernement du Premier ministre, Paul Kaba Thiéba pour confisquer les cotisations des travailleurs. Il en veut pour preuve le processus de création de cette caisse qui, a-t-il regretté n’a pas respecté les principes de la bonne gouvernance. Selon ses explications, les organisations syndicales des travailleurs représentées par l’Unité d’action syndicale ont été royalement mises à l’écart par le gouvernement dans le processus de création de la CDC. Pourtant, a-t-il rappelé, un régime de sécurité sociale est un ensemble de droits et d’obligations réciproques entre des travailleurs, des employeurs et un organisme public. En outre, M. Koné a émis des réserves quant au rôle d’institution de confiance que les autorités entendent confier à la CDC. Selon ses explications, le principe dans une institution tiers de confiance est la libre adhésion. Pourtant, s’est-il indigné, la CDC a plutôt l’allure d’une camisole de force pour les organisations ciblées. En sus, M. Koné a indiqué que le Burkina Faso a fait le choix du régime de retraite par répartition. Dans un tel régime, a-t-il informé, les pensions sont versées aux retraités en utilisant les cotisations versées au même instant par les actifs.

Eviter l’expérience de la CNDI

Et ces pensions, a-t-il précisé, sont issues de la production courante et non d’une exhumation de la production antérieure que l’on aurait mise de côté. Pour lui, c’est donc une erreur de croire que des milliards dorment à la caisse et qu’on peut les utiliser pour toutes sortes de financements comme celui de la CDC.
Le coordonnateur national de la coalition des comités CGTB de la CNSS a rappelé la «douloureuse» expérience que les travailleurs de la CNSS ont vécue avec la défunte Caisse nationale de dépôts et des investissements (CNDI). A ses dires, plus de cinq milliards de F CFA non-dévalués de la CNSS ont été engloutis dans la banqueroute de la CNDI. Il craint alors que le même scénario ne se reproduise avec la CDC qui risque, selon lui d’être un «tonneau des danaïdes comme l’a été la CNDI. La dernière inquiétude que la coordination des comités CGTB de la CNSS a émise est celle de la sécurité formelle et réelle  des fonds de retraite dans un tel environnement marqué», a-t-elle déploré, par des détournements de deniers publics, le pillage des ressources, la mauvaise gestion, l’impunité, etc. Il s’est d’autant plus montré sceptique, vu que ces fonds ont toujours été considérés comme une source d’emprunt à bon marché par les gouvernants. Du reste, il a prévenu que le mouvement syndical ne va pas se taire face à de tels actes qui mettent en danger les cotisations sociales des travailleurs. Que comptez-vous faire alors vu que la loi de création de la CDC a déjà été votée par l’Assemblée nationale ? En guise de réponse à cette interrogation, Seydou Koné a indiqué que leur intention n’était pas d’empêcher l’adoption d’une loi dont la prérogative revient à la puissance publique. «Nous n’avons pas pour vocation de nous opposer à une prérogative de l’Etat. Nous voulons juste attirer l’attention du public afin qu’ensemble nous instaurions un système de veille afin d’éviter que les cotisations des travailleurs ne soient confisquées», a-t-il éclairci. Cette vision est aussi partagée par le président de l’Union d’action syndicale, Bassolma Bazié qui a rappelé qu’il est du devoir du mouvement syndical d’informer l’opinion sur ce qui ne va pas. Et ce, a-t-il poursuivi, afin d’éviter d’être complices que des années à venir, des retraités ne se retrouvent sans pensions.

Nadège YAMEOGO

sidwaya.bf