Coronavirus : Le Réseau Libéral Africain livre les conclusions de son sondage sur « COVID-19 et Libertés en Afrique »

169

ECOUTER

Me Gilbert Noël Ouédraogo, le Président de l’ADF-RDA dans ses attributs de président du Réseau Libéral Africain a modéré ce mardi 12 Mai à la mi-journée en direct sur les réseaux sociaux, un panel de restitution et d’analyse des résultats du sondage « COVID-19 et Libertés en Afrique ». Cette rencontre rendue possible par les moyens de la technologie a vu la participation de Dr. Thomas Ouédraogo, Directeur du Centre pour la Gouvernance Démocratique au Burkina Faso, Sophie Konate, Chef de Bureau de la Fondation Friedrich Naumann / Afrique de l’Ouest en Côte d’Ivoire, Fouzia Elbayed, Chercheur en Sociologie Politique Maroc et ex-députée au parlement Marocain pour le compte du Parti Union Constitutionnelle, Mountsara Gilda, Udh-Yuki, République du Congo et Fatoumata Sako, première Vice-Présidente et Présidente par Intérim du Parti pour le Développement Économique et la Solidarité au Mali.

Ce sondage portant sur le « COVID-19 et Libertés en Afrique » et réalisée par le Réseau Libéral Africain en partenariat avec la Fondation Friedrich Naumann s’est étendue du 16 au 30 avril 2020 dans 36 des 54 Etats du continent africain sur un échantillonnage de 1.200 participants. La méthodologie utilisée est l’échantillon aléatoire simple à participation volontaire. Me Gilbert Noël Ouédraogo, en sa qualité de président du Réseau Libéral Africain, a animé le panel de restitution de ce sondage, le 12 mai 2020.

Il en ressort que les principaux résultats obtenus sont relatifs à un large soutien aux mesures restrictives dans le cadre de la lutte contre le coronavirus en Afrique, de vives préoccupations pour la sauvegarde des libertés, de fortes divergences sur l’intervention des gouvernements dans les libertés économiques et les libertés civiles. Par ailleurs, les populations n’imputent pas la responsabilité de la propagation du virus à la mondialisation et au libre-échange, par contre elles ont exprimé leur colère contre la corruption et dénoncé une mauvaise gouvernance qui selon elles mettent en danger les systèmes de santé en Afrique.

Les libertés

A propos du soutien aux mesures restrictives, ce sondage met en exergue le fait que 92% des Africains soutiennent les mesures restrictives instaurées par les gouvernements pour endiguer la propagation du Covid-19 alors que 50% pensent que ces mesures ont des effets bénéfiques sur la société quand 40 % soutiennent les mesures mais les considèrent comme un risque pour les libertés individuelles. 7 % pensent que les mesures vont trop loin et compromettent inutilement les libertés. Toujours sur cette question, 1% conclut que ces mesures sont inutiles.

Au chapitre du renoncement aux libertés et à la colère contre la corruption, 82% des personnes consultées se sont dites disposées à renoncer à une partie ou plusieurs de leurs libertés pendant une plus longue période pour contenir le virus tandis que 32% ont affiché être prêtes à le faire pendant quelques semaines uniquement.

Systèmes de santé affaiblis

65% des Africains craignent que le virus fasse des ravages sur le continent au regard des systèmes de santé affaiblis par « la corruption et des gouvernements malhonnêtes ». Alors que 21% trouvent cette opinion excessive, 11% ne partage pas les avis sur la corruption et la mauvaise gouvernance.

Autrement, concernant la mondialisation, le libre-échange et la propagation de fausses nouvelles dites Fakes news, 21% rapportent que la mondialisation et le libre-échange sont à l’origine de la propagation du virus sur le continent africain et soutiennent la fermeture des frontières.

32% voient dans le blâme des marchés ouverts, une erreur d’appréciation. 41% ont exprimé leur désaccord vis-à-vis des accusations portant l’économie du marché responsable de la crise du marché. Pour 27 % d’entre eux, les informations sur le virus sont fiables alors que 60% gardent des réserves face à elles. Dans ce même contexte, 8% tranchent dans le sens de l’infaisabilité de ces informations avec pour conséquence de créer la psychose dommageable au sein de la société.

Libertés individuelles

Cette étude a également porté, entre autres, sur les libertés individuelles.

Les panélistes ont largement débattu sur les questions suscitées par les principaux résultats obtenus à l’issue de ce sondage et fait des recommandations tant à l’endroit des populations que des gouvernants. A ces derniers, il a été demandé de faire preuve de transparence dans la gestion des donations récoltées au bénéfice de leurs populations évoluant en majorité dans l’informel et très fortement impactées par cette crise sanitaire mondiale.

Dr. Thomas Ouédraogo, Directeur du Centre pour la Gouvernance Démocratique au Burkina Faso, a insisté sur la synergie d’actions en Afrique pour trouver des solutions africaines face aux restrictions imposées par les normes occidentales, notamment dans l’homologation de certains traitements, faisant ainsi allusion au Covid-Organics mis sur pied à Madagascar.

Le modérateur de ce panel et président du Réseau Libéral Africain, Me Gilbert Noël Ouédraogo, a indiqué qu’« il faut continuer la sensibilisation. Il faut expliquer aux populations que la pandémie du Covid-19 est réelle. Le libéralisme, c’est l’alliance de la liberté et de la responsabilité et dans ce contexte du Coronavirus, ces deux notions sont à même de nous permettre de reconstruire nos Nations (…) . Cette crise a montré à la face du monde que nous sommes tous égaux face à la maladie : pays pauvres, pays riches…».

Avant de conclure sur une note d’espoir, celle d’une Afrique qui a résisté et qui continue de résister malgré les pronostics alarmants fusant de toute part.

Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU
Burkina24

Source : Burkina24.com

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici