Coronavirus : « Empêcher que les étudiants accèdent à la cour de l’université est un peu dure » (Etudiant)

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Le nombre de cas confirmés du coronavirus selon les derniers chiffres
du ministère en charge de la santé est « une vingtaine de personnes ».
Suite à la propagation  de la maladie,  le gouvernement avait pris
des mesures pour interdire les rassemblements atteignant 50 personnes. Par
ailleurs,  dans un communiqué en date du 14 mars dernier, le gouvernement
par la voix du ministre de la communication décidait de la « fermeture des
établissements d’enseignements préscolaires, primaires,  post-primaires et
secondaires, professionnels et universitaires, du lundi 16 mars 2020 au mardi
31 mars 2020 sur toute l’étendue du territoire national ». C’est alors qu’une
équipe de www.minute.bf a
parcouru quelques établissements de la ville de Ouagadougou pour constater l’effectivité
de la mesure. 

Aujourd’hui mardi, c’est de
deuxième jour de la semaine. Et, dans des situations normales, les écoles
devraient être bondées d’élèves, du personnel éducatif, etc. Mais, des mesures
gouvernementales contre le coronavirus obligent, les établissements ont été
fermés, ce jusqu’au 31 mars prochain. Les activités pédagogiques devraient
reprendre le 1er avril, en fonction de l’évolution de la situation. Nous
avons fait un constat au lycée privé Le
Réveil
. Si la cour de cet établissement est accessible, les portes des
salles de classes sont fermées. C’est un établissement vide que nous avons pu
constater. La seule élève que nous avons trouvé sur les lieux dit être venu
réviser ses leçons. Cet élève de 3e qui a requis l’anonymat a
confirmé  que le mouvement est bien suivi dans son lycée. « Depuis hier, nous n’avons pas eu cours à
cause du coronavirus »
, a-t-elle déclaré.

Au Lycée privé Le Réveil, la mesure gouvernementale est bien suivie…

Toutefois, tout en saluant une
mesure au regard de l’expansion de la maladie,  cette élève en classe
d’examen craint que la suspension des cours ait des conséquences sur l’avancée
de leur programme. « Nous sommes en
retard dans l’exécution de notre programme »
, a-t-elle laissé entendre 
avant de se résigner en ces termes : «
mais au regard de la situation,  nous sommes obligés de rester à la maison
»

Des agents de sécurité face à l’incompréhension
des étudiants 

Après  le lycée privé Le Réveil, nous mettons le cap sur le
campus de Zogona. À l’Université Joseph KI-Zerbo de Ouagadougou, une seule
entrée est encore ouverte. À cette porte, les étudiants se succédaient et se
heurtaient au refus catégorique des agents de sécurité de leur favoriser l’accès
au temple du savoir.

Emile Zombré est contrôleur de sécurité à l’Université Joseph Ki-Zerbo

C’est le cas de Sigouida Ambroise
qui reconnaît la nécessité  d’une telle mesure même s’il la juge dure. « C’est une bonne mesure, mais empêcher que
les étudiants accèdent à la cour de l’université est un peu dure »
,
juge-t-il. Pour M. Sigouida,  « le
fait de fermer les amphithéâtres est suffisant et l’on devrait au moins permettre
aux étudiants d’avoir accès à la cour de l’université pour réviser les leçons »
. Sur
la question des Restaurants universitaires (RU), notre interlocuteur a tout de
même confié que certains sont toujours accessibles.

Les agents de sécurité quant à
eux, disent avoir du mal à se faire comprendre par les étudiants. « Les ordres viennent d’en haut et nous ne
faisons que les appliquer. Il n’y a que les docteurs, les professeurs, les
laborantins et le personnel administratif qui sont autorisés à accéder à
l’université »
, nous a expliqué le Contrôleur Émile Zombré. À en croire ce
dernier, les agents de sécurité de l’Université font l’objet d’insultes et de menaces
de la part des étudiants. « Les étudiants
nous insultent parce que nous ne les laissons pas rentrer »
, a-t-il déclaré
avant d’ajouter que « parfois les altercations
peuvent aboutir à des bagarres »
. Pour ceux qui viennent pour manger, « nous les reconduisons aux RU Banbaguida et
annexes car le restaurant central est fermé »
, a dit M. Zombré. 

Face à l’incompréhension des
étudiants, « nous profitons de votre
micro pour (leur) demander de se montrer indulgents, de respecter la mesure
pour leur propre bien et pour le bien de tous, sinon nous ne pouvons pas les
interdire l’université car c’est leur maison »
, a conclu l’agent de
sécurité. 

En rappel, toute cette batterie
de mesures prises par le gouvernement s’inscrit dans le but de lutter contre la
propagation du coronavirus dont « une
vingtaine de cas »
a été confirmé au Burkina Faso. Ces mesures
connaitront des ajustements selon l’évolution de la situation. Le respect de
toutes ces mesures, selon les explications données par l’exécutif, permettra de
bouter le virus hors des frontières burkinabè.

Franck Michaël KOLA

Minute.bf

Source : Minute.bf

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