Conseil national de lutte contre le VIH/Sida et les IST : le cadre stratégique national a besoin de financement

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Conseil national de lutte contre le VIH/Sida et les IST est à la recherche de fonds pour le financement de son Cadre stratégique national 2016-2020. Après les promesses de financement de l’Etat et des partenaires traditionnels de l’institution, il lui manque encore près de 22 milliards pour combler ses besoins. D’où l’initiative d’une table ronde le vendredi 23 juin 2017 pour interpeler davantage les acteurs politiques, économiques, ONGs et associations, les partenaires bilatéraux et multilatéraux à s’impliquer davantage afin qu’à l’horizon 2030, l’ambition de vaincre le Sida soit une réalité.

Le président du comité d’organisation, Dr Didier Romuald BAKOUAN compte sur l’élan de solidarité nationale et internationale

Le Burkina Faso est résolument engagé dans le combat de la pandémie. Son bilan après 30 ans de combat plaide en sa faveur. De 7,17% en 1997 à 0,8% en 2016, la séroprévalence de la maladie au Faso prouve que du travail est fait. En effet, la grande mobilisation sociale des acteurs et l’implication de l’ensemble des partenaires au développement à la réponse nationale au VIH ont permis l’atteinte de résultats tangibles portant la tendance à la baisse de la prévalence du VIH, l’augmentation du nombre des personnes vivant avec le VIH mises sous traitement ARVs, la lutte contre la stigmatisation et la discrimination….En dépit de ces acquis, des défis restent à relever pour vaincre l’épidémie.

Pour ce faire, le gouvernement du Burkina Faso a élaboré un cadre stratégique national de lutte contre le VIH, le Sida et les IST (CSN-SIDA) pour la période 2016-2020 suivant une démarche participative et inclusive avec une implication de l’ensemble des parties prenantes (secteurs public, privé, communautaire et PTF).
Le CSN-SIDA se fonde sur les orientations nationales et s’inscrit dans les perspectives de réalisation des stratégies internationales de l’ONUSIDA. Il intègre l’approche d’investissement, l’objectif « 90-90-90 » basé sur la vision Zéro « Zéro nouvelle infection par le VIH – Zéro décès lié au Sida – Zéro discrimination », et les nouvelles lignes directrices de l’OMS en matière de soins et traitement. Le CSN-SIDA contribue à la mise en œuvre du PNDES à travers son axe stratégique 2 à savoir « développer le capital humain » et l’effet escompté est que « l’accès aux services de santé de qualité soit garanti à tous ».

Le bien-fondé du cadre stratégique 2016-2020

La vision du cadre stratégique 2016-2020 est de « créer un environnement où les populations participent au développement social et économique sans nouvelles infections, sans décès liés au Sida, sans stigmatisation ni discrimination associées au VIH ».Il se donne comme approches :

  • le renforcement des interventions en matière de prévention du VIH en vue de l’intensification de la dynamique vers la vision « Zéro nouvelle infection par le VIH – Zéro décès lié au Sida – Zéro discrimination » ;
  • la priorisation des interventions et la reformulation des stratégies pour les adapter aux besoins réels, aussi bien pour la population générale que pour les groupes spécifiques vulnérables et les groupes à hauts risques pour assurer le contrôle de l’épidémie et éviter le phénomène de rebond ;
  • le renforcement de la prise en compte du genre et des droits humains mettant l’accent sur la couverture des besoins réels des groupes spécifiques, le choix des cibles et zones prioritaires et la mobilisation sociale ;
  • le renforcement des soins et traitement avec le passage à l’échelle de l’accès au traitement par les ARV et l’amélioration de la qualité des services en faveur des PVVIH ;
  • la mise en place des mécanismes innovants de mobilisation des ressources internes et la gestion rationnelle des ressources financières au niveau national et local ;
  • la formulation de programmes d’intervention à impacts visibles.

Les moyens nécessaires au CSN Sida 2016-2020

Pour parvenir à relever les défis des « 90-90-90 » le Conseil national de lutte contre le Sida a besoin d’une enveloppe conséquente. En effet, Les ressources nécessaires pour atteindre ces objectifs d’ici à 2020 sont estimées à 116,74 milliards de F CFA. A la date du 30 Avril 2017, les annonces de financement enregistrées se chiffrent à 105,984 milliards de F CFA, laissant un gap à combler de 10,756 milliards de F CFA. La table ronde des bailleurs de fonds du vendredi 23 juin 2017 qui se tient sous le thème : « Lutte contre le VIH, le Sida et les IST, facteur de renforcement du capital humain dans le cadre de la mise en œuvre du Plan national de Développement économique et social (PNDES) 2016-2020 », est organisée dans le but de solliciter l’accompagnement des Partenaires Techniques et Financiers (PTF) aux côtés de l’Etat pour maintenir en vie et plus longtemps les malades du Sida, éliminer la transmission du VIH de la mère à l’enfant et briser la chaîne de transmission du VIH en population générale par le dépistage.

En plus des besoins pour le financement du CSN-Sida, le Conseil national de lutte contre le Sida est également à la recherche de ressources additionnelles pour mettre en œuvre le plan d’urgence et de rattrapage. En effet, le plan d’urgence et de rattrapage s’impose en ce qu’il prend en compte l’engagement pris par le Chef de l’Etat, Roch Marc Christian KABORE lors de la réunion de haut niveau organisée sur le VIH/Sida en juin 2016 à New York devant l’Assemblé générale des Nations Unies. Pour la mise en œuvre de ce plan d’urgence et de rattrapage, les besoins de financement sont estimés à 10,99 milliards de FCFA dont 6,85 milliards en 2017 et 4,14 milliards en 2018.

Le cumul des financements à rechercher pour réaliser les objectifs initiaux prévus dans le CSN Sida 2016/2020 d’un montant de 10,76 milliards de FCFA et le financement à rechercher pour la mise en œuvre du plan d’urgence et de rattrapage d’un montant de 10,99 milliards donne un besoin de financement de l’ordre de 21,75 milliards de nos francs.

Le CNLS-IST fonde l’espoir que ses convives du 23 juin seront sensibles à sa cause en mettant à sa disposition les moyens nécessaires pour conduire sa mission. Du reste, il sera mis sur pied, un comité de suivi des engagements qui seront pris à l’occasion de cette table ronde.

Le comité d’organisation de la Table
ronde des bailleurs de fonds

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