Congrès du MPP : Cap sur le « contrôle » des maillons stratégiques de l’appareil d’Etat

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Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), parti au pouvoir a renouvelé son bureau exécutif national au sortir des travaux du deuxième congrès ordinaire ce dimanche 12 mars 2017. Le parti est dirigé à présent par Salifou Diallo, président de l’Assemblée nationale. Les congressistes ont pris des résolutions dont un « recadrage nécessaire » devant aboutir à un contrôle sur les maillons stratégiques de l’appareil d’Etat. Ils ont par ailleurs invité le gouvernement à mettre des moyens « conséquents » à la disposition des forces de défense et de sécurité pour assurer la défense de l’intégrité du territoire. 

Un peu comme cela a été le cas avec le remaniement du gouvernement, le renouvellement des instances du bureau exécutif national du parti au pouvoir a consisté en un « réaménagement ». Il est composé de 78 membres. A ceux-ci s’ajoutent les 20 membres du haut conseil du parti parmi lesquels on peut citer l’ancien ministre Filiga Michel Sawadogo.

Ainsi Salifou Diallo, jusque-là président par intérim depuis l’élection de Roch Kaboré, est devenu le premier responsable du parti. Il cède le poste de 1er vice-président chargé de l’orientation politique à Simon Compaoré. Clément Sawadogo, jusqu’ici secrétaire général du parti, est devenu 2ème vice-président chargé des relations avec les partis politiques et les alliances au niveau national. Le poste de secrétaire général disparait pour laisser place à celui de secrétaire exécutif. Il est occupé par Lassané Sawadogo, directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).

Résolutions prises  

Le parti majoritaire entend user de sa représentation au sein des différentes structures étatiques, a annoncé son président Salifou Diallo. « Il est impératif, a-t-il dit, de procéder au recadrage nécessaire devant lui permettre d’avoir un contrôle sur les maillons stratégiques de l’appareil d’Etat afin de garantir une mise en œuvre réussie des engagements pris auprès du peuple ».

Il est revenu plus longuement sur cette résolution lors d’une conférence de presse organisée après la clôture du congrès. Selon lui, il faut y voir « le devoir de redevabilité » des militants nommés ou élus à l’endroit du parti. Des militants dont il estime que les actions doivent être « contrôlées » pour s’assurer qu’elles concourent « réellement » à la mise en œuvre du programme et non qu’elles soient orientées vers l’atteinte d’intérêts personnels. « Nous ne sommes pas un parti Etat », a déclaré Salifou Diallo.

Et conçu comme tel, le ton était on ne peut un plus clair à l’endroit de ceux qui sont là où ils sont grâce à l’entremise du parti. « Certains ont été nommés, certains sont devenus députés. Mais une fois en poste, ils ne  se sentent plus redevables du parti. Ils croient qu’ils sont là à cause de leur intelligence ou de leur force personnelle. Personne à lui tout seul n’est fort dans le parti. Le parti est un collectif et il  faut revenir au parti, écouter les mots d’ordre ».

L’un de ces mots d’ordre clés a déclaré le président du parti, c’est concourir à la sensibilisation des militants au civisme fiscal pour assurer la mobilisation de ressources financières suffisantes pour couvrir les besoins de financement interne du PNDES.

Formation des militants. En session ordinaire le 8 janvier dernier, le bureau politique national avait convenu d’« accélérer et renforcer les formations idéologiques et politiques » du parti. Les congressistes ont convenu que cela sera fait dans les six prochains mois. De l’avis de Salifou Diallo, « la formation est apparue au cours des échanges comme un élément incontournable pour s’assurer l’unité, la cohésion du parti et l’efficience de son action ».

Recommandations à l’endroit du gouvernement

Tout en promettant que le parti n’épargnera aucun effort, sacrifice visant à conquérir des droits nouveaux à améliorer les conditions de vie du peuple, le président du parti au pouvoir recommande à l’exécutif de mettre « urgemment » en place le dispositif de coordination, de pilotage et de suivi-évaluation du PNDES à travers la responsabilisation des collectivités territoriales par l’établissement « effectif » de contrats d’objectifs.

Pour s’en assurer, les congressistes  recommandent au gouvernement de mettre en place un système d’obligation de résultats mais aussi et surtout d’ouvrir les marchés publics aux jeunes opérateurs économiques afin de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs.

Lutte contre le terrorisme

La situation sécuritaire n’a pas été occultée par les congressistes. Par la voix du président du parti, ils affirment avoir marqué leur soutien « indéfectible » aux forces de défense et de sécurité qui s’acquittent de leurs missions dans des conditions « difficiles ». Faisant part de leur solidarité d’avec les populations du Sahel, ils invitent le gouvernement « à mettre à la disposition des forces de sécurité et de défense des moyens conséquents pour la défense de l’intégrité du territoire ».

Oui KOETA

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