Conférence hebdomadaire du CFOP : les conditions de vote des Burkinabè de la diaspora cristallisent les intentions

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Conférence hebdomadaire du CFOP : les conditions de vote des Burkinabè de la diaspora cristallisent les intentions

Sur le premier point, le Forum national de la diaspora, tenu du 11 au 13 juillet 2018, l’opposition rappelle qu’elle avait, via un communiqué, félicité l’initiative des gouvernants, qu’elle qualifie de « noble ». Le CFOP-BF souligne également qu’il avait souhaité un débat franc et constructif sur des sujets d’importance majeure comme le vote de la diaspora, la meilleure contribution des Burkinabè de l’étranger à la construction nationale.

« Sur les débats de fond menés par le forum, l’opposition, à l’instar d’une partie des représentants de la diaspora, déplore le manque de protection de nos frères et sœurs vivant à l’extérieur, très souvent victimes de graves exactions dans certains pays, y compris africains, qui ont ratifié plusieurs conventions en matière d’immigration. Elle souhaite même l’application de la réciprocité vis-à-vis de ceux-ci », a exposé Me Gilbert Noël Ouédraogo dans la déclaration liminaire.

Pour le CFOP-BF, l’Etat doit prendre en compte la diaspora dans tous les projets de construction de cités en cours et à venir, que de dédier une cité uniquement à la diaspora (référence faite à la cité de la diaspora). « Ce projet viole ainsi l’égalité entre les Burkinabè, et introduit subtilement de la discrimination entre citoyens », relève l’opposition avant d’affirmer que ce projet a un relent « électoraliste que de développement ».

Toujours dans ce chapitre du forum, le CFOP-BF croit savoir également que les participants ont indiqué ne pas être convaincus des garanties de protection des biens et des personnes qu’offre le gouvernement sur le plan de l’investissement. « Pour preuve, les sociétés saccagées lors de l’insurrection peinent à démarrer à nouveau leurs activités et pire, beaucoup d’autres éprouvent de sérieuses difficultés à survivre », ont étayé les conférenciers, pour qui, il appartient au gouvernement de procéder à des réformes nécessaires pour rassurer les Burkinabè de la diaspora à investir au pays.

Conférence hebdomadaire du CFOP : les conditions de vote des Burkinabè de la diaspora cristallisent les intentions
Gilbert Noël Ouédraogo (à gauche) et Youmanli Lompo estiment qu’au regard de la situation, il sied que majorité et opposition s’accordent sur un minimum, en ce qui concerne le Code électoral

Sur le vote des Burkinabè de l’extérieur à partir de 2020, l’opposition dit constater, avec nombre de participants à cette assise, que le gouvernement a entretenu à dessein une ambiguïté déconcertante sur le sujet. « À la dernière minute, c’est au parlement que la patate chaude a été refilée.
Le plus ahurissant, c’est que le pouvoir continue de charger le gouvernement passé de la non-effectivité du vote de la diaspora. Il en fait des boucs émissaires à peu de frais au lieu d’engager de vraies actions devant conduire à l’opérationnalisation du projet », a indiqué M. Ouédraogo.

L’opposition rappelle ici également que le président du Faso, sur le sujet, a rencontré concomitamment une délégation de CFOP-BF et une autre de la majorité, le 12 juillet dernier, aux fins d’harmoniser les positions entre les deux entités. « Malheureusement, les divergences demeurent. La majorité persiste pour que le seul document de vote soit la Carte nationale d’identité burkinabè (CNIB) alors que l’opposition estime que les dispositions actuelles du Code sont toujours pertinentes, et qu’il est donc indiqué que les Burkinabè de l’extérieur puissent voter soit avec la CNIB, soit avec le passeport, soit avec la carte consulaire biométrique », ont expliqué les animateurs de la conférence.

Pour eux donc, la majorité se dispose à faire un forcing en usant de sa position numériquement dominante à l’Assemblée nationale. C’est pourquoi elle affiche sa volonté de s’y opposer également dans les débats d’idées. Si en dépit de cela, la loi venait à être adoptée, la majorité entend utiliser d’autres voies de protestation, avertit le CFOP-BF.

De l’avis de l’opposition, il faut adopter sans ambages les documents devant permettre de s’inscrire et de voter, déterminer les lieux et bureaux de vote en nombre suffisant, selon la taille de l’électorat, rapprocher le plus près possible les bureaux de vote de l’électorat, demander l’appui des pays hôtes, maîtriser le mieux possible la question sécuritaire.

Qu’à cela ne tienne, sur le point de la tenue du forum, le CFOP-BF retient qu’il a eu le mérite de jeter les bases d’une concertation entre dirigeants du pays et Burkinabè de la diaspora et qu’il appartient aux futurs organisateurs de travailler à élargir la base des participants et de veiller à ce que les conclusions et recommandations soient diligemment mises en œuvre.

Sur le point relatif à l’annulation par le Conseil d’Etat des sanctions prononcées contre des magistrats dans le cadre de l’enquête de la Commission d’enquête du Conseil supérieur de la magistrature, l’opposition dit constater, tout en indiquant s’abstenir de tout commentaire, que l’opération « mains propres » initiée par la corporation n’a pas tenu ses promesses. Pour le CFOP-BF, beaucoup de questions restent en suspens et le problème de fond demeure. Il appartient donc à la justice de travailler à montrer, sur cette affaire, que nul n’est au-dessus de la loi.

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Le porte-parole du CFOP-BF, Zéphirin Diabré (à gauche) et Amadou Diemdioda Dicko ont également assisté à cette sortie hebdomadaire de l’institution.

En ce qui concerne l’affaire dite de fraude au recrutement à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), l’opposition a félicité le comité CGT-B de cette société qui, selon elle, a fait preuve de patriotisme et de citoyenneté en levant le lièvre. L’opposition, qui dit suivre l’évolution de l’affaire, requiert, si nécessaire, l’annulation pure et simple dudit recrutement pour redonner une égalité de chance à tous les enfants du pays, sans distinction d’appartenance sociale.

« Tout ce que l’opposition souhaite, c’est toute la lumière sur cette affaire. Beaucoup de jeunes qualifiés et compétents sont en quête d’emploi. Il n’est donc pas acceptable qu’une entreprise publique se mue en entreprise familiale, en secte destinée à engraisser une minorité », mâtent-ils. Mieux, poursuivent-ils sur fond d’interpellation au Premier ministre et au gouvernement, cette affaire doit sonner comme un déclic pour une transparence dans tous les établissements publics (Onea, Lonab, Sonabel, Sonabhy, etc.). « Que les enfants sans ’’bras longs’’ compétissent, avec les mêmes chances de réussir que ceux des gourous du pays », ont exigé les responsables de l’opposition politique burkinabè.

O.L
Lefaso.net

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