Conditions carcérales : Quatre attributaires de projets accordent les violons avec René Bagoro

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Le ministre de la Justice, des Droits humains et de la Promotion civique, René Bagoro, a échangé avec quatre attributaires de projets relatifs à l’amélioration des conditions de vie en milieu carcérale, le mardi 18 avril 2017, à Ouagadougou. 
Dans le cadre du Programme d’appui à la politique nationale de justice, l’Union européenne (UE) a financé quatre  projets qui s’inscrivent dans l’amélioration des conditions de vie en milieu carcéral. Les différents attributaires desdits projets ont eu une séance de travail avec le ministre de la Justice, des Droits humains et de la promotion civique, René Bagoro et des responsables de la délégation de  l’UE, le mardi 18 avril 2017, à Ouagadougou au cours de laquelle ils ont présenté leurs  feuilles de route. Le premier projet intitulé «Améliorer les conditions sanitaires dans les vingt-six prisons du Burkina Faso» est piloté par  Expertise France. Financé par l’Union européenne à 93%  et l’Etat français à hauteur de 560 millions de F CFA pour une durée de vingt-sept mois ; il vise à améliorer les conditions sanitaires dans toutes les prisons du pays à travers des actions de formation, de rénovation des infrastructures sanitaires et de soins.  Dans l’atteinte de ses objectifs, Expertise France entend faire un diagnostic sanitaire du monde carcéral, former les acteurs intervenant en prison, améliorer les infrastructures, les équipements sanitaires et la prise en charge des détenus, et promouvoir les bonnes pratiques. Le  deuxième projet «Promotion des mesures de réinsertion socioprofessionnelle au profit des Enfants en conflit avec la loi (ECL) à travers l’approche restauratrice» est  géré par l’ONG Terre des Hommes/Lausanne  et va intervenir dans les provinces du Kadiogo, du Houet et du Séno. Ce projet s’inscrit dans une dynamique de promotion d’une réinsertion sociale durable en faveur des enfants en conflit avec la loi. Il s’agit, entre autres, de garantir l’accès à l’accompagnement psychosocial, à l’alphabétisation, à la formation et à l’insertion professionnelle pour assurer la réinsertion des mineurs incarcérés et ceux bénéficiaires des mesures alternatives.
Le troisième projet dénommé «Formation et réinsertion sociale des personnes détenues (FORS)» est dirigé par l’ONG Handicap International. 
Accessibilité des services
D’une durée de trois ans, il va intervenir dans sept établissements pénitentiaires, à Ouagadougou, Baporo, Ouahigouya, Koudougou… FORS s’engage à relever les défis suivants en milieu carcéral : la dynamisation des unités de production pénitentiaire, l’amélioration des conditions de vie carcérale et de la capacité de réinsertion socioprofessionnelle des détenus, notamment les femmes, les mineurs et les personnes handicapées.
Le quatrième projet «Promotion des droits de l’Homme par l’appui juridique et judiciaire des détenus» est sous la direction de l’ONG Diakonia. Dans sa mise en œuvre, Diakonia va travailler avec trois partenaires, à savoir, le Mouvement burkinabè des Droits de l’Homme et des Peuples (MBDHP), l’Association des Femmes Juristes du Burkina Faso (AFJBF) et SOS pénitencier.  Financé à plus de 131 millions de F CFA, le projet a une durée de vingt-quatre mois et va intervenir dans les maison d’arrêt et de correction de Kaya, Bogandé et Tenkodogo. Comme objectif, il se propose d’améliorer durablement  la qualité et l’accessibilité des services d’aide juridique et d’assistance judiciaire de mille prévenus et condamnés dans les localités citées.
A l’issue des différentes présentations, des propositions et suggestions ont été formulées de part et d’autre. Le directeur général  de la garde de sécurité pénitentiaire, Geoffroy Yogo, a souhaité que les responsables des projets puissent voir dans quelle mesure certaines de leurs initiatives pourraient être coordonnées. Le ministre en charge de la justice a salué la tenue d’une telle rencontre qui a permis aux acteurs concernés de prendre connaissance davantage de ce qui va être fait en vue de l’humanisation des prisons. «Ces projets sont très importants pour nous dans la mesure où ils s’insèrent dans le pacte national pour le renouveau de la justice dont nous venons d’adopter le plan d’actions en Conseil des ministres et qui met un accent particulier sur l’humanisation des lieux de détention», a-t-il déclaré. Le chef de la délégation de l’UE, Thierry Barbe, s’est dit honoré d’accompagner le gouvernement burkinabè dans la mise en œuvre du pacte pour le renouveau de la justice. «Des réformes ont été entreprises et nous constatons une volonté sans faille d’avancer. Nous avons un projet  qui aide le gouvernement à mettre en œuvre ces réformes. A l’intérieur de ce programme nous nous sommes attachés à aider à l’humanisation des prisons», a soutenu M. Barbe. Il a indiqué que le financement total s’élève à 1,3 milliard de F CFA. 
Karim BADOLO

sidwaya.bf