Commune de Ouagadougou : Guéguerre autour d’un projet de délibération sur le prix des infrastructures marchandes

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Commune de Ouagadougou : Guéguerre autour d’un projet de délibération sur le prix des infrastructures marchandes

Débutée le vendredi matin vers 9h, la réunion de la commission affaires économiques et financières de la commune de Ouagadougou, avait cinq points inscrits à son ordre du jour. Parmi lesquels se trouvait l’examen et l’adoption des projets de délibérations portant sur les recettes locales de la commune. C’est sur ce point donc qu’est né le désaccord qui a valu le retrait de la salle des groupes municipaux UPC et CDP, tous des partis de l’opposition.

A la veille de cette réunion, le groupe municipal UPC avait semé les graines de ce boycott en publiant un document qui a surpris plus d’un. Pour Lucien Bako, conseiller municipal UPC et 2e vice-président de la commission affaires économiques et financières, la procédure d’écriture de ce document, objet du projet de révision des prix, n’a pas suivi les normes. L’objectif de ce retrait est donc d’aller se concerter et faire des propositions qui vont aller dans le sens de l’amélioration des conditions de vie des populations.

Commune de Ouagadougou : Guéguerre autour d’un projet de délibération sur le prix des infrastructures marchandes« Imaginez que des loyers qui étaient à 3500 passent à 50 000. Cela fait une augmentation de 1400% pour les boutiques », s’insurge le conseiller municipal. Aussi, il déplore le fait que les logements sociaux de la mairie dans le quartier Tampouy qui sont à 25 000 passent à 75 000 FCFA, soit une augmentation de 200%. Les groupes municipaux UPC et CDP trouvent qu’en raison des conditions de vie actuelles et de la morosité économique, il est difficile d’appliquer ces prix et d’avoir une relève économique.

Après concertation, ces derniers reviendront avec des propositions qui reflètent les réalités que vivent les populations. « Il faut que la fixation des prix se fasse en collaboration avec les occupants des lieux », lance-t-il. Donc cette politique de la chaise vide est une manière de se démarquer et de prendre l’opinion à témoin, d’autant plus qu’ils ne savent pas sur quelle base les prix proposés ont été fixés.
Ce boycott des deux partis de l’opposition n’a pourtant pas empêché les autres conseillers de la commission, composés notamment de ceux du parti majoritaire, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), de poursuivre les travaux. Cette politique de la chaise vide, le maire de la commune de Ouagadougou, Armand Pierre Beouindé, ne l’apprécie guère. Pour lui c’est un mauvais jeu de la démocratie que de refuser le débat. Il trouve que cela est dommage pour les électeurs de l’UPC et du CDP.

Louer à 5000, sous-louer à 250 000

Commune de Ouagadougou : Guéguerre autour d’un projet de délibération sur le prix des infrastructures marchandesLe maire s’étonne que l’opposition clame ne pas savoir la base de fixation des prix. Alors que cela vient d’une commission ad’ hoc, mise en place depuis janvier de cette année pour revoir l’optimisation des recettes non fiscales de la ville. « Cette commission ad’ hoc est composée des onze maires d’arrondissements et de la délégation spéciale de l’arrondissement numéro quatre. Parmi ces maires d’arrondissements, il y a bien sûr ceux de l’opposition, UPC ».

C’est cette commission donc, qui a fait un travail préalable en visitant les lieux et en échangeant avec les commerçants pour la fixation de ces prix. Lors des visites et échanges, la commune s’est rendue compte que des particuliers louent les infrastructures au même prix, depuis 20 ans au moins pour certains. Le pire, selon le maire Beouindé est que ceux qui occupent les lieux sont en réalité des sous-locataires. Comme exemple, il cite l’une des maisons des savoirs qui appartient à la commune. La commune loue le cadre à 5000 francs par mois, et le locataire sous-loue à 250 000 par mois. Pour remédier à cette spéculation et à tout ce désordre, la solution est de tout remettre à plat, faire un appel d’offre pour plus de transparence.

Le bourgmestre de Ouagadougou rappelle que ce n’est qu’un projet de délibération qui doit être validé par la commission, soumis à adoption lors d’une session du conseil municipal, s’en suivra l’application. Le maire central trouve que « c’est dommage qu’une question qui concerne un contrat entre la commune et un commerçant puisse être du domaine public ». Et que l’opposition en fasse une polémique inutile.

Marcus Kouaman
Lefaso.net

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