Commune de Gorom-Gorom : Une initiative pour contrer l’extrémisme violent

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Pour mieux appréhender le phénomène de l’extrémisme violent afin d’y proposer des solutions, Mercy Corps et ses partenaires locaux que sont l’ONG Karkara au Niger et le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) conjuguent leurs efforts pour implémenter le programme dans la commune de Gorom-Gorom « Initiative d’évaluation de la vulnérabilité et de la résilience pour contrer l’extrémisme violent » en abrégé VRAI-CVE.

Pour Rasmané Ouangraoua, contrôleur général de police venu représenter le ministre de la sécurité, l’initiative est à saluer à sa juste valeur au regard de la situation qui prévaut dans le Sahel, résultante de la radicalisation du fondateur du mouvement Ansaroul Islam attribué à Malam Ibrahim. Un mouvement qui, relève-t-il, « a vraiment endeuillé beaucoup de nos populations ». « Avec les attaques terroristes, il y a eu une psychose qui s’était installée », a souligné Ibrahim Ag Attahir, maire de Gorom-Gorom, commune dans laquelle sera implémenté le programme. 

Il a ensuite indiqué qu’il est plus que nécessaire de réunir autour d’une table tous ceux qui sont épris de paix, qui peuvent apporter un plus pour que le gouvernement puisse réussir le combat qui est en train d’être mené. « Maintenant, nous vivons la situation et il nous revient de façon impérieuse à conjuguer les efforts pour trouver la solution idoine et venir à bout de ces terroristes qui sont sans foi ni loi et qui mettent en péril le développement des pays », a déclaré le contrôleur général Ouangraoua.

« Avec le projet, les jeunes seront occupés », s’enthousiasme l’édile de Gorom. Le projet financé par l’Agence américaine de coopération internationale (USAID), espère-t-il, « va apporter beaucoup de soutien aux populations de sorte à ce que les personnes qui pourraient s’enrôler dans  les groupes islamistes auront de quoi s’occuper ». Maimou Wali de Mercy Corps est la coordinatrice du programme  d’évaluation des facteurs de vulnérabilité et des capacités de résilience des communautés et des individus face à l’extrémisme au Niger et au Burkina Faso. « Nous allons développer des outils sensibles genre, sensibles conflits et même sensibles jeunesse pour qu’on puisse mesurer la vulnérabilité des communautés face à l’extrémisme violent », explique-t-elle.

Mercy Corps opère déjà depuis octobre 2016 dans les régions de Diffa et Tillabéry Nord qui sont en proie aux assauts des combattants de Boko Haram. Thomas Ouédraogo, le directeur exécutif du CGD, a indiqué qu’il s’agira ici de « faciliter la mise en œuvre d’une initiative qui pourrait aider à décider utilement contre l’extrémisme violent ». Et le CGD, informe-t-il, prend sur lui d’envoyer deux agents de terrain dans la commune de Gorom. Ils auront pour tâche de suivre les manifestations de l’extrémisme violent dans 10 villages préalablement choisis.

Ce sont ces manifestations qui serviront d’éléments d’analyse et qui seront utilisés pour la validation des outils à utiliser pour combattre le phénomène. En somme, fait-il savoir, « des enquêteurs vont recueillir les informations et permettre à des experts burkinabè et nigériens de sortir des informations utiles à la décision publique ».

A l’image du maire, le député de la province  Agali Ag Almaouna, qui est « né là-bas, a grandi là-bas » et qui constate avec impuissance la montée du phénomène, l’initiative est perçue telle une lueur d’espoir.

Oui KOETA

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