Commandant Korogo : « Je n’avais pas le commandement total des hommes »

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Quatrième jour d’audition pour le Commandant Abdoul Aziz Korogo et ce n’est pas encore fini. Le mercredi 7 novembre 2018, le commandant de corps adjoint du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) avait soutenu que plusieurs de ses subalternes ne répondaient plus à son commandement. Le vendredi 9 novembre 2018, l’accusé a réitéré les mêmes réponses sous une pluie de questions émanant d’avocats des parties civiles.

Depuis le début de son audition, le Commandant Abdoul Aziz Korogo qui est poursuivi pour complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtres et coups et blessures volontaires, est resté fidèle à ses déclarations face à la pléthore de questions posées par des avocats des parties civiles en l’occurrence Me Prosper Farama, Me Guy Hervé Kam et Me Pierre Yanogo.

L’une des questions qui a entraîné beaucoup de débats le vendredi 9 novembre 2018 au Tribunal militaire est celle adressée par Me Pierre Yanogo au Commandant Korogo. « Pendant la période du coup d’Etat, est-ce que vous commandiez vraiment vos hommes ? », a interrogé Me P. Yanogo. Cette question de l’avocat des parties civiles fait suite à certaines réponses données par l’accusé. Celui-ci faisait remarquer que si des exactions ont été commises, il n’en était point l’ordonnateur.

En réponse à la question de Me P. Yanogo, l’inculpé y a apporté sa réplique : « lorsque l’incident est arrivé, (parlant de l’arrestation des autorités le 16 septembre 2015, ndlr) cela se pourrait que les hommes qui agissaient ne me reconnaissaient pas pour chef ». Plus loin, le Commandant Korogo se veut plus clair et précis : « Je n’avais pas le commandement total des hommes (…). Si des gens sont sortis commettre des bavures, ils n’étaient pas de mon commandement ».

Le commandant Korogo, qui était le chef de Corps adjoint du Régiment de sécurité présidentielle au moment des faits, a indiqué que sa déception est grande si des ordres contraires aux siens ont été donnés. Il pousse même le bouchon : « si des officiers ont donné ces ordres, qu’ils répondent (…);  Je n’ai même pas d’état d’âme pour ça ».  

Lors des échanges entre les avocats des parties civiles, le Commandant Abdoul Aziz Korogo est revenu sur son attitude durant les événements de septembre 2015. Selon ses dires, il serait resté au sein du RSP sur demande de la hiérarchie militaire, notamment le Chef d’état-major général des armées (CEMGA) et le Chef d’état-major de l’armée de terre (CEMAT) au moment des faits, « pour travailler de l’intérieur dans le sens de l’apaisement ».

Quatre jours, et bientôt le cinquième,  d’audition pour celui qui a été le chef de Corps adjoint du Régiment de sécurité présidentielle au moment du coup de force perpétré par certains éléments d’ex garde présidentielle. Le vendredi 9 novembre 2018, son interrogatoire n’étant pas terminé, le Commandant Korogo sera rappelé le lundi 12 novembre 2018. Un record pour le moment.

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

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