CODER : « Aller voir Blaise Compaoré ne veut pas dire l’absoudre », Gilbert Ouédraogo

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CODER : « Aller voir Blaise Compaoré ne veut pas dire l’absoudre », Gilbert Ouédraogo

Le bilan de la CODER, six mois après sa création est positif si on en croit Gilbert Noel Ouédraogo. Après trois mois passés à la tête de la coalition, il dresse ce jeudi 20 avril 2017, le bilan de sa présidence. Il évoque ainsi les visites rendues à plusieurs personnalités, notamment aux chefs coutumiers, aux anciens Présidents Michel Kafando, Jean-Baptiste Ouédraogo, Blaise Compaoré, au Président du Faso Roch Kaboré, au président de l’Assemblée nationale et à certaines organisations de la société civile et syndicats.

Il affirme qu’à toutes ces personnalités et organisations, la CODER a apporté son message qui s’organise autour de quatre points principaux que sont la justice, la paix et la réconciliation nationale, la remise de la nation burkinabè au travail « parce que nous avons estimé après une analyse de la situation que depuis 2014 la nation burkinabè vacille. Elle est en sommeil, elle est en difficulté et il y a nécessité que les fils et les filles du Burkina se parlent pour relancer cette nation, car il ne se passe pas une semaine sans qu’il n’y ait un mouvement social. »

Le troisième point concerne la relance économique et le quatrième, lui, concerne la sauvegarde de la démocratie. « Nous pensons qu’il faut promouvoir et sauvegarder la démocratie et nous pensons qu’il faut respecter la constitution burkinabè qui veut que tous les Burkinabè naissent égaux en droit et faire en sorte qu’il n’y ait pas un seul Burkinabè qui se sente plus Burkinabè que l’autre ou un seul Burkinabè qui se sente moins Burkinabè que l’autre. Il faut travailler à exclure l’exclusion. »

« Aller voir Blaise Compaoré ne veut pas dire l’absoudre »

CODER : « Aller voir Blaise Compaoré ne veut pas dire l’absoudre », Gilbert Ouédraogo
Les membres de la CODER

Puis il est revenu sur leur sortie en Côte d’Ivoire et leur rencontre avec l’ancien président Blaise Compaoré. Une rencontre jugée nécessaire, car selon Gilbert Ouédraogo, « Des personnes qui s’entendent n’ont pas besoin de se réconcilier. Le processus de réconciliation nationale doit intégrer tous les Burkinabè et il faut aller vers tous les Burkinabè. Aller voir quelqu’un ne veut pas dire l’absoudre. Aller voir quelqu’un ne veut pas dire que la personne n’a pas de responsabilité dans ce qui se passe. Cela veut dire seulement donner à la personne la liberté et la possibilité de s’exprimer et tant que les Burkinabè ne vont pas admettre ce principe d’accepter que chacun puisse s’exprimer, nous n’allons pas arriver à la vérité (…) Il ne peut pas y avoir qu’une seule vérité, chacun a sa part de vérité. C’est l’ensemble des vérités mises en commun qui va permettre d’éclairer le peuple burkinabè et de sortir la vérité. »

« La CODER ne travaille pas au hasard », Ablassé Ouédraogo

CODER : « Aller voir Blaise Compaoré ne veut pas dire l’absoudre », Gilbert Ouédraogo
Les journalistes présents à la conférence

Après donc avoir écouté et recueilli les avis de ceux qui les ont reçus, la CODER dit proposer une démarche en deux temps. Il s’agit d’un forum national préparatoire à la réconciliation nationale qu’ils souhaitent voir convoqué par le Président du Faso « en sa qualité de garant de l’unité nationale ». De ce forum, sera dégagée la marche à suivre pour aller vers une réconciliation nationale. Mais avant, la CODER travaille à la rédaction des termes de référence du forum, mais aussi à la rédaction d’un mémorandum demandé par le Président du Faso et le Président de l’Assemblée nationale. Ce qui fait dire à Ablassé Ouédraogo que « la CODER ne travaille pas au hasard. »

« Il y a des gens qui font de la situation que traverse le Burkina Faso, un business », Ablassé Ouédraogo

Répondant à une question sur la remise en cause par certaines OSC de la participation de la CODER au meeting de l’opposition le 29 avril prochain, Achille Tapsoba s’est dit choqué. « Il s’agit d’un meeting de l’opposition politique dont font partie certains partis de la CODER. Un meeting de l’opposition devrait logiquement avoir la participation des partis de l’opposition. On ne peut pas sur d’autres considérations estimer oui ou non la participation d’un parti politique à un meeting de l’opposition. », s’indigne –t-il.

Toujours dans la même lancée, Ablassé Ouédraogo affirme : « Quand un pays est en crise, il y en a qui en profitent. Il y en a qui veulent faire de la permanence de la situation actuelle du Burkina Faso un business, un fond de commerce. »
Pour les membres de la CODER, il n’y a pas de réconciliation nationale possible, sans la prise en compte de toute l’histoire du Burkina Faso.

Rasmané Ouédraogo de la NAFA, nouveau président de la CODER

CODER : « Aller voir Blaise Compaoré ne veut pas dire l’absoudre », Gilbert Ouédraogo
Rasmané Ouédraogo, nouveau président de la CODER

La conférence de presse a été l’occasion pour la CODER d’installer son nouveau président pour les trois mois à venir. Il s’agit de Rasmané Ouédraogo, président de la NAFA (Nouvelle alliance du Faso). Il dit inscrire son mandat sous le signe de la consolidation des acquis d’Ablassé Ouédraogo et de Gilbert Ouédraogo, ses prédécesseurs. Il promet également ouvrir de nouveaux chantiers, notamment en ce qui concerne la relance de l’économie à travers des propositions qui seront faites et à la sauvegarde de la démocratie.

Justine Bonkoungou (Stagiaire)
Lefaso.net

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