Clément Sawadogo : « Nous ne pouvons pas accorder un statut autonome à un quelconque corps »

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Les services du trésor public sont paralysés par une grève. Depuis le 8 mai 2017, les travailleurs de la direction générale du trésor et de la comptabilité publique réunis au sein du Syndicat autonome des agents du trésor du Burkina (SATB) sont en grève. Les agents du trésor notent des avancées sur certains points mais les propositions de réponses du gouvernement dans leur ensemble, restent, selon eux, pour la plupart, largement en deçà de leurs attentes. Cette grève était au centre d’une conférence de presse notamment animée par le ministre de la fonction publique, Clément Sawadogo, le jeudi 18 mai 2017.

Le SATB estime qu’« en plus de jeter un discrédit sur le syndicat, il (le gouvernement) tend à exposer les travailleurs du trésor à la vindicte populaire ». Il a été annoncé un sit-in du 22 au 29 mai prochain. A l’issue de ce sit-in, si la plateforme revendicative n’est toujours pas satisfaite, le mouvement sera prolongé du 30 mai au 16 juin 2017.

Le ministre de la fonction publique, Clément Sawadogo, a animé une conférence de presse le 18 mai 2017 à Ouagadougou. Il faut noter que le statut autonome de l’agent du trésor, le régime indemnitaire, la relecture des textes de la répartition de la prime de rendement et l’augmentation du taux d’indexation du fonds commun sur la trésorerie nette, sont les principaux points sur lesquels le syndicat et le gouvernement ne sont pas encore parvenus à un accord.

« Même si nous le voulons, nous ne pouvons pas accorder un statut autonome à un quelconque corps. Là, je ne parle pas des agents du trésor, mais à tout le monde. Il n’est pas possible d’accorder un statut autonome. Je rappelle à tous les fonctionnaires de l’Etat qu’ils ont été recrutés pour être dans le statut général. On ne peut pas déborder de son propre contrat de travail en disant : comme vous m’avez recruté maintenant, donnez-moi un autre type de contrat. Cela n’est pas possible. Donc, il faut soustraire ce point de toutes les plateformes revendicatives. Le gouvernement, même s’il veut, ne peut pas », a déclaré le ministre de la fonction publique.

« Un sit-in sur une semaine, sur un mois n’est pas normal »…

A l’écouter, le gouvernement a engagé des négociations conjointement conduites par les ministres en charge du travail et des finances appuyés par le Premier ministère avec le syndicat avant même le début de la grève. Par ailleurs, note-t-il, « un sit-in sur une semaine, sur un mois n’est pas normal. C’est une grève maquillée donc illégale. Vraiment, ce n’est qu’au Burkina Faso qu’on voit tout ça ».

« Le gouvernement a déjà annoncé au syndicat qu’il prendrait des mesures énergiques pour l’amélioration des conditions de travail sur tous les axes cités dans la plateforme. S’agissant des traitements et autres avantages servis aux agents, là aussi, le gouvernement s’est disposé à apporter des améliorations là où cela est possible, tout en respectant les principes de cohérence et d’équilibre dans la gestion des personnels de l’Etat », a indiqué Clément Sawadogo.

Il a invité le SATB à plus de compréhension et de retenue et appelé les travailleurs du trésor à la reprise du travail, car selon lui, le dialogue social reste la clé pour trouver des solutions aux préoccupations de toutes les composantes de la société.

« Notre espoir à tous, c’est qu’on puisse trouver un compromis dans les jours à venir, d’autant plus que les négociations se poursuivent. Maintenant, si quand même le mouvement se poursuivrait, les solutions en la matière reposent sur les dispositions légales. Lesquelles donnent la possibilité à l’Etat de procéder par la réquisition d’un certain nombre d’agents pour mettre en place un service minimal. En principe, le syndicat lui-même ne peut pas s’opposer à ces types de mesures », a fait savoir le ministre.

Noufou KINDO

Burkina 24

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