CERFI : Une consultation juridique gratuite offerte au public

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CERFI : Une consultation juridique gratuite offerte au public

« L’ignorance de la loi n’excuse personne ». Cette assertion justifie bien la pertinence de ces 48 heures de « consultation juridique » gratuite de la Cellule des juristes musulmans du Cercle d’études, de recherche et de formation islamiques (CERFI). Cette activité qui a eu lieu les 27 et 28 avril 2019 au siège du CERFI à Ouagadougou était ouverte à toute personne désireuse de comprendre les mécanismes des procédures judiciaires ou administratives.

Selon les responsables de la Cellule, cette consultation juridique est partie du constat qu’il y a beaucoup de sollicitations de « frères et sœurs » sur des situations touchant le droit ou la procédure judiciaire, qu’ils ne maîtrisent pas forcément.

« Nous avons donc estimé qu’il fallait institutionnaliser une activité de ce genre, pour permettre à toutes ces personnes qui ont des procédures devant la justice, ou qui ont des situations susceptibles de les y conduire, et qui sont réticentes parce que ne maîtrisant pas la procédure, à pouvoir avoir gratuitement des informations », précise le secrétaire permanent de la cellule des juristes du CERFI, Ousséni Ouédraogo.

Pour ce faire, poursuit-il, une dizaine d’avocats et de magistrats (la plupart, membres de la Cellule) ont été sollicités pour donner des conseils et des orientations à tous ceux qui sont dans le besoin ou souhaitent être éclairés sur des questions précises.

« Nous nous sommes appesanti plus sur les avocats, parce que le magistrat est beaucoup plus astreint à l’obligation de réserve. S’il s’agit de donner des conseils à des gens (qui concernent une procédure qui est devant les juridictions), vous verrez que ceux du magistrat ne vont pas être plus poussés, par rapport à l’avocat qui est la personne de droit commun chargée de conseiller les parties sur les procédures judiciaires », a détaillé M. Ouédraogo.

Ousséni Ouédraogo

Selon le magistrat, le problème des populations, c’est surtout l’ignorance des procédures judiciaires. « Si vous voyez la plupart des critiques acerbes contre la justice, c’est tout simplement dû au fait que les gens ne maîtrisent pas la procédure judiciaire. Ce qui peut être source de plusieurs difficultés. Vous avez une affaire en justice, mais parce que tout simplement vous ne maîtrisez pas la procédure, vous allez perdre », a-t-il expliqué, ajoutant que cette situation fertilise les suspicions vis-à-vis de la justice et/ou de ses acteurs.

C’est pourquoi, pense-t-il, en essayant de donner des informations aux usagers du service public de la justice, cela pourrait, un tant soit peu, minimiser l’ignorance et diminuer les critiques vis-à-vis de l’institution judiciaire.

Durant les deux jours, l’affluence a donné raison aux organisateurs, quant aux besoins qui existent en la matière.

Me Ali Nadia, un des consultants, s’est focalisé sur les étapes relatives à la consultation juridique, la conduite avec les personnes qui les sollicitent, etc. « Si ça nécessite un accompagnement sur le plan juridique de manière beaucoup plus approfondie, on peut les guider pour, éventuellement, saisir les juridictions », souligne Me Nadia, précisant au passage que la consultation est ouverte à tous les domaines touchant le droit.

Me Ali Nadia a salué l’initiative qui permet dé résoudre beaucoup d’équations dans la société

Pour l’avocat, ce genre d’activité a le mérite de briser le mythe entre les justiciables et la justice. « Les gens n’ont pas la culture de saisir les tribunaux. Il y en a assez encore qui n’arrivent pas à franchir le pas. (…). C’est en cela qu’il est toujours important d’approcher les professionnels du droit avant toute démarche devant la justice pour mieux maîtriser les démarches », recommande Me Ali Nadia.

« Un avocat, c’est un peu comme un médecin ; c’est-à-dire qu’on ne part pas chez le médecin que lorsqu’on est malade, on peut y aller aussi pour prévenir les maladies. C’est pareil chez l’avocat auprès de qui, on doit aller avant que ne survienne un problème et avant la saisine d’un tribunal », exhorte l’avocat.

Mise en place en février 2019, Cellule des juristes musulmans du Cercle d’études, de recherche et de formation islamiques (CERFI) est à sa deuxième grande activité après sa conférence publique relative à la lutte contre le terrorisme (http://lefaso.net/spip.php?article87349).

OHL

Lefaso.net

Source : lefaso.net

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