CERAV/Afrique : Les nouveaux membres du conseil scientifique et culturel (CSC) ont tenu leur première session à Bobo-Dioulasso

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CERAV/Afrique : Les nouveaux membres du conseil scientifique et culturel (CSC) ont tenu leur première session à Bobo-Dioulasso

Lefaso.net : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs.

Président du Conseil Scientifique et Culturel (PCSC) : Je suis Prospère Kompaoré, je suis le président du conseil scientifique et culturel du CERAV/Afrique. Je suis également Professeur d’art dramatique à l’université de Ouagadougou et directeur de l’atelier théâtre burkinabè (ATB).

Lefaso.net : Qu’est-ce que le Conseil Scientifique et Culturel du CERAV/Afrique et quelles sont ses missions ?

PCSC : Le Conseil Scientifique et Culturel est l’un des organes statutaires du CERAV/Afrique. Il est au coté du conseil d’administration et de la délégation générale. Nous sommes un organe qui est appelé à examiner tout document, tout sujet qui lui est soumis par la délégation générale et nous devons émettre des recommandations, des propositions de suggestions basées sur l’expertise des membres du conseil.

Lefaso.net : Une idée des membres qui le composent ?

PCSC : Ce sont des personnes qui sont choisies en fonction des domaines de compétences d’expertises diversifiés, puisque là-dedans nous avons des gens qui sont beaucoup plus orientés sur les arts du spectacle, le théâtre, la musique, la danse, mais il y a des gens qui sont beaucoup plus orientés vers le cinéma, l’audio-visuel ou alors l’informatique ou les autres moyens modernes de communication.

Lefaso.net : Pourquoi une telle diversité dans la composition des membres du CSC ?

PCSC : Grace à cette diversité de la palette des membres composant le conseil scientifique et culturel, nous pouvons donner un point de vue sur pas mal de questions. Nous avons une session annuelle statutaire mais le conseil d’administration et la délégation générale peuvent demander notre avis sur d’autres occasions et on peut avoir des sessions extraordinaires.

Lefaso.net : Comment s’est déroulée cette première session du CSC ?

PCSC : La session s’est très bien déroulée dans un esprit vraiment fraternel et sincère. Chacun a pu donner son avis sur chacune des questions soumises à notre examen et nous avons pu débattre sereinement sur certaines questions un peu délicates où il fallait trouver des points de convergences. Et à l’arrivée je pense que les différentes observations qui ont été portées sur le document sont de nature à améliorer les activités et le document même du CERAV. Et donc à lui permettre d’aller de l’avant.

Lefaso.net : Quels sont les grands dossiers examinés par le conseil scientifique et culturel durant cette session ?

PCSC  : Les documents qui nous ont été soumis sont de plusieurs types. Il y a eu d’abord un gros dossier sur le plan stratégique qui a été examiné et ce document comporte la présentation de tous les objectifs stratégiques déclinés en actions et en activités. Donc sur chacun de ces objectifs stratégiques, nous avons eu à apporter parfois des appréciations, des compléments, etc.

Nous avons surtout relevé qu’il fallait absolument que nous puissions avoir un deuxième objectif stratégique qui ne figurait pas dans le plan initial. C’est un objectif relatif à la circulation des acteurs, des biens, des services culturels sur l’ensemble de la zone Afrique. Parce qu’il nous semble que l’une des missions du CERAV, c’est également de faciliter, de favoriser la diffusion des œuvres et des artistes et ceci allant dans le sens de l’inscription à la convention de l’UNESCO 2005.

Ensuite nous nous sommes penchés sur un document relatif à la mobilisation des ressources et c’est un document très important parce que c’est le nerf de la guerre. Quand il n’y a pas de ressources, il n’y a pas d’actions et le CERAV en est bien conscient. Donc il y a déjà un certain nombre d’actions engagées pour impliquer davantage les membres, les États, les organisations et essayer de trouver des alliances, des partenariats pour pouvoir mener à bien un certain nombre d’activités.

Même si nous pensons qu’il y a un vrai travail qui déjà est fait, néanmoins nous avons estimé que l’évaluation de certaines actions de mobilisation de ressources devrait être amélioré parce qu’il y avait des choses qui n’étaient pas totalement bien maitrisées du point de vue des coûts, du point de vue des financements, du point de vue des montants de ce qui est disponible et de ce qui ne l’est pas. Alors ce travail sera fait, nous n’en doutons pas et en ce moment le CERAV pourra aller à la recherche des ressources. Troisième sujet qui a été traité, c’est l’examen d’un plan de communication.

Ce plan de communication est essentiel parce qu’il s’agit de faire en sorte que tout le monde en Afrique et même hors d’Afrique découvrent l’existence du CERAV. Il est important que la communication soit développée mais, nous avons pensé que avant même d’élaborer un plan de communication, il fallait bien élaborer un plan stratégique de communication. Parce que c’est en fonction des axes stratégiques de la communication qui auront été déterminés que, le plan de communication pourra se faire sur de long terme. Et nous avons fait un certain nombre de recommandations dans ce sens.

Nous avons également examiné un document relatif au prochain atelier régional qui doit se tenir à Niamey et qui va permettre au CERAV de mieux maitriser la fonction du CERAV dans la mise en œuvre de la convention de 2005 sur la diversité culturelle. C’est un dossier qui est déjà bien avancé et l’atelier va se tenir bientôt et nous avons félicité la direction du CERAV pour cette approche de partenariat avec un État en occurrence le Niger et une organisation. Nous avons examiné un autre document portant TDR sur la nuit du CERAV. C’est un sujet qui a suscité un débat assez intéressant.

On s’est posé la question de la pertinence et l’opportunité et l’efficacité de cette affaire et en définitive le conseil unanime a recommandé qu’il soit sursis à cette activité pour qu’on ait le temps de mieux se focaliser sur les objectifs prioritaires du CERAV et peut-être rechercher des solutions alternatives pour la visibilité du CERAV.
Enfin, nous avons écouté les créateurs du site web du CERAV et de son logo, qui sont venus nous les présenter et nous en avons fait des critiques, et je ne doute pas que leur expertise puis celle des membres du conseil permettront d’aboutir à un véritable outil de visibilité, de communication pour le CERAV.

Lefaso.net : Quelles sont les grandes conclusions et recommandations de cette première session du CSC ?

PCSC : Les recommandations essentielles il y en a trois. La première, c’est l’inscription de l’objectif stratégique sur la circulation des biens, des services et des acteurs culturels de la zone Afrique.

La deuxième recommandation est relative à la relecture des statuts du CERAV pour lui permettre de mieux jouer son rôle et d’être beaucoup plus dans son rôle d’organisation à caractère international et donc pouvant disposer de moyens plus conséquents pour encore plus donner de confiance à tous les États que nous allons approcher.

Créer une instance supplémentaire au dessus de la délégation générale, du conseil scientifique et du conseil d’administration pour qu’elle puisse avoir une sorte d’assemblée générale des États et des organisations partenaires membres du CERAV, ce qui permettra à ces États de savoir un peu ce qui se passe au sein de la maison et la troisième recommandation est relative à la nuit du CERAV.

Lefaso.net : Spécifiquement quelles stratégies ont été recommandées par rapport à la mobilisation des ressources pour la mise en œuvre du plan stratégique et du premier plan d’action du centre ?

PCSC  : Il est apparu clairement que le CERAV avait plusieurs démarches, plusieurs voies à suivre. Il y a d’abord tout ce qui concerne la visibilité du CERAV. La communication, c’est vraiment quelque chose d’important. Il faut renforcer les moyens de visibilité du CERAV pour que tout le monde s’approprie la philosophie, la logique du CERAV. Deuxièmement, mener des actions en direction des États, des organisations internationales qui ont des objectifs semblables sur le continent africain ou ailleurs, afin qu’ils puissent également s’impliquer ou éventuellement contribuer à la mise en œuvre du programme. Nous avons enfin identifié un certain nombre d’institutions, d’organisations internationales auprès desquelles, le CERAV pourrait aller pour soumettre des plans de financement de certaines de nos activités parce qu’on ne peut pas se contenter simplement de la cotisation des États. Bien sûr c’est important, mais il faut aussi avoir d’autres sources de financement.

Lefaso.net : Quel appel à lancer pour l’ancrage institutionnel du CERAV/Afrique au plan national, régional et international ?

PCSC : En tout cas c’est souhaitable que d’abord au plan national tout le monde sache qu’il existe un CERAV, un centre régional pour les arts vivants, le cinéma et l’audio-visuel. Ce n’est pas tous les jours qu’on a un centre de catégorie 2 de l’UNESCO. C’est à dire qu’on a cet encrage institutionnel international de l’UNESCO qui nous donne une certaine forme de légitimité aussi au plan international. Il est bon que tous ceux qui d’une manière ou d’une autre dans le domaine artistique et culturel notamment, dans le domaine des arts vivants du cinéma et de l’audio-visuel s’approchent du CERAV pour voir comment ils peuvent contribuer à la bonne marche du CERAV et voir aussi comment le centre peut aussi contribuer à leur bonne marche.

Parce qu’il y a vraiment plusieurs choses qui, si on réussit à les débloquer, cela va faire en sorte que le domaine des arts vivants puisse vraiment bénéficier des retombées du CERAV non seulement au Burkina mais même dans beaucoup d’autres pays africains.

Propos recueillis par Romuald Dofini
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