mercredi, février 20, 2019

Projet de création d’une banque agricole au Burkina Faso : Les acteurs se concertent

Sous la présidence de Son Excellence Paul Kaba THIEBA, Chef du...

Intégration des TIC dans l’éducation de base: vers l’adoption d’une stratégie d’intégration

Le ministère de l’Education nationale et de l’Alphabétisation avec l’appui de...

Le Président du Faso échange avec la Coordinatrice résidente du système des Nations unies...

Le Président du Faso S.E.M. Roch Marc Christian KABORE a reçu en audience la Coordinatrice résidente du système des Nations unies au Burkina, Madame Metsi MAKHETHA, le 21 juillet 2016 à Ouagadougou.

A sa sortie d’audience, Madame MAKHETHA a confié être venue faire le point avec le Président du Faso sur des engagements que le pays a avec le système des Nations unies et surtout sur l’appui de l’équipe ici au Burkina Faso. « Il a été question de trois points. Le premier, c’était de voir comment faire en sorte que le Programme national de développement économique et social (PNDES) soit mis en œuvre dans un contexte de quiétude sociale, de qualité de gouvernance des institutions, de sécurité des populations. C’est pour dire que nous avons parlé de l’objectif 16, c’est à dire celui relatif au développement durable qui met l’accent sur la nécessité d’assurer et de promouvoir la paix, la sécurité et la gouvernance. Le deuxième point a concerné l’importance du Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité nationale (HCRUN). C’est une institution qui va donner corps à ce que je viens d’évoquer, à savoir que toutes les conditions doivent être créées pour que l’institution soit opérationnelle, efficace, parce que c’est l’une des institutions qui va permettre de créer des conditions d’un développement dans un environnement de quiétude sociale. Le troisième point a concerné les engagements du Burkina Faso au niveau global mais aussi au niveau de la population. Ce qui veut dire que tout ce que le pays a à faire concernant le développement social, économique, la conservation de l’environnement et la transformation des ressources naturelles d’une manière durable, il faut que le pays entre dans un cadre où l’on peut faire le suivi des Objectifs pour le Développement durable (ODD). Et ce suivi doit se faire au plus haut niveau de l’Etat pour montrer l’engagement. Quand on parle des ODD, ce n’est pas les objectifs du gouvernement seul. Ce sont les objectifs de tous les Burkinabè et de tous les pays, développés ou en voie de développement », a déclaré Madame MAKHETHA.

Selon la Coordinatrice résidente du système des Nations unies au Burkina, le Président du Faso est résolument engagé à faire en sorte qu’il soit mis en place un système de suivi des ODD, en tenant compte du contexte du Burkina Faso.

La Direction de la Communication de la Présidence du Faso


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La Banque Mondiale s’engage à soutenir la mise en œuvre du PNDES

Le Représentant résident du Groupe de la Banque mondiale au Burkina Faso, Monsieur Cheick Fantamady KANTE a été reçu en audience en fin d’après-midi du jeudi 21 juillet 2016 par le Président Roch Marc Christian KABORE. Monsieur KANTE est venu réitérer au Président KABORE, l’engagement de la Banque mondiale à accompagner le Burkina dans ses efforts de développement.

« C’est une visite de courtoisie, mais j’en ai profité pour féliciter Son Excellence Monsieur le Président du Faso et son gouvernement pour avoir finalisé le PNDES qui est le référentiel de développement du Burkina Faso pour la période 2016-2020 », a déclaré Monsieur Cheick Fantamady KANTE à l’issue de l’audience.

Il a par ailleurs exprimé la satisfaction de son institution pour la démarche inclusive, constructive et consultative qui a abouti à la mise en place du PNDES. « Nous avons exprimé toute notre satisfaction pour la manière avec laquelle le PNDES a été conçu. Cette manière a été constructive et aussi consultative. Nous avons en tant que PTF, été consultés dès le début de sa préparation », a-t-il poursuivi.

Portant un jugement sur les orientations du PNDES, le Représentant résident du Groupe de la Banque mondiale au Burkina Faso trouve que le document est en phase avec les priorités du peuple burkinabè. « L’orientation du document est en adéquation avec les priorités nationales. La gouvernance et la modernisation de l’administration constituent un des piliers. Deuxièmement, c’est la croissance accélérée et surtout la croissance partagée qui profitera à la population et donnera plus d’accès aux services sociaux de base à tous les Burkinabè. Troisièmement, c’est le capital humain. Nous pensons que ces trois priorités sont celles dont a besoin le Burkina Faso aujourd’hui pour se propulser en Afrique et dans le monde », a-t-il estimé.

Selon Monsieur KANTE, la Banque mondiale reste engagée aux côtés du Burkina Faso pour la mise en œuvre du PNDES. « Au niveau de la Banque mondiale, nous sommes prêts à accompagner ce programme dans sa mise en exécution qui va donc passer très bientôt par l’organisation d’une table-ronde des bailleurs de fonds et d’investisseurs pour assurer son financement. Nous sommes engagés à continuer à appuyer le Burkina Faso non seulement pour l’organisation de la table-ronde, mais aussi pour la mise en œuvre du PNDES ».

La Direction de la Communication de la Présidence du Faso


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1re session extraordinaire de l’Assemblée nationale

Le document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (2017-2019) a été présenté, le jeudi 21 juillet 2016 aux élus nationaux au cours de la première session extraordinaire de l'Assemblée nationale qui se tient du 11 au 25 du mois. L’exercice, présidé par le président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo, prépare les députés à l’examen du projet de budget de l’Etat gestion 2017 qui sera bientôt soumis à la représentation nationale.

L’examen du document de Programmation budgétaire et pluriannuel (DPBEP) est un des point inscrits à l’ordre du jour de la première session extraordinaire de l’Assemblée nationale, organisée à la demande du gouvernement. A l’ouverture de la session consacrée au DPBEP, hier 21 juillet, le président de l’Assemblée nationale a annoncé aux députés le retrait de l’ordre du jour du projet de création d’une caisse de dépôt. Salifou Diallo a précisé qu’en application d’une directive communautaire, tout projet de loi de finances doit être élaboré conformément à une programmation budgétaire et économique normalisée. La parole a, ensuite été donnée à la ministre en charge de l’économie, Rosine Sory/Coulibaly représentant le gouvernement. Elle a rappelé qu’en 2009, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a introduit de nouvelles règles relatives à la gestion des finances publiques. Lesquelles règles ont été internalisées en 2013 par le Burkina Faso par l’entremise d’une loi portant code de transparence des finances publiques. Au terme de ces dispositions, il est fait obligation au gouvernement de procéder à un débat de fond sur les orientations budgétaires, une présentation des grands axes des finances de l’année à venir. C’est à cet exercice que la ministre Rosine Sory/Coulibaly s’est livrée devant les élus nationaux en axant son intervention sur trois points essentiels : la description du contexte économique dans lequel le budget a été élaboré, les priorités définies ainsi que les grandes orientations. Sur le premier point, la ministre a souligné que le contexte international dans lequel le budget est élaboré est marqué par une «reprise modeste» de l’activité économique même si le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne se fera sentir. En ce qui concerne le Burkina Faso, il est projeté une croissance «vigoureuse» de l’ordre de 5,2 à 5,7% et une «inflation stable» avec notamment la perspective de l’ouverture de deux nouvelles mines industrielles, la reprise dans le domaine du tourisme et de l’hôtellerie. Ces projections sont soutenues par l’hypothèse d’un raffermissement du cours du dollar américain, un accroissement de la production minière, céréalière et cotonnière (700 mille tonnes attendues), le démarrage de la production du manganèse.

Alphabétisation, mines, santé...les préoccupations des élus

Sur le point relatif aux priorités du budget 2017, la représentante du gouvernement a affirmé qu’elles tiennent compte des axes stratégiques du Plan national de développement économique et social (PNDES) et du programme présidentiel. Ces priorités ont trait à des réformes institutionnelles dans les secteurs de la défense et de la sécurité, de la justice (lutte contre la fraude et la corruption), la dynamisation des secteurs porteurs. L’emploi des jeunes, la formation à l’entreprenariat, le développement du capital humain, l’accès à l’eau potable, la poursuite de la construction de lycées techniques régionaux figurent aussi en bonne place dans les objectifs prioritaires énoncés. Et la ministre de citer en exemple, le soutien aux pôles de croissance de Bagré et de Samendéni, la réalisation d’unité de production d’aliments pour bétails, le désenclavement des zones de production, l’accroissement de la production électrique. Elle a, par ailleurs, assuré que le gouvernement travaille à une réforme du code des marchés publics, à la réduction du train de vie de l’Etat et à l’appui à la décentralisation. «Les allocations sont basées sur ces priorités et le respect des engagements internationaux du pays», a conclu Rosine Sory/Coulibaly.

S’en est suivi alors, à l’issue de son intervention, un débat général qui a permis aux députés de poser des questions de compréhension. Le député Justin Compaoré a fait remarquer que le gouvernement table sur l’ouverture de nouvelles mines pour mobiliser des ressources alors que la durée d’une mine est connue et les terres non extensibles. L’élu a demandé à savoir si l’Etat a pensé aux générations futures et aux gouvernants à venir dans ses projections. Son homologue Julien Coulidiaty a relevé un accent particulier mis sur la santé, tout en suggérant que le gouvernement s’intéresse plutôt à la consolidation des infrastructures existantes.

A ce propos, il a souligné que l’hôpital national Yalgado Ouédraogo «fait pitié» avec des appareils toujours en panne et un manque de réactifs. Moussa Tindano a souligné n’avoir vu aucune action en faveur de l’alphabétisation dans le document et a cherché à savoir si ce secteur est vraiment prioritaire. La ministre a pris notre de toutes les suggestions et a apporté des précisions sur l’ensemble des préoccupations soulevées.

La session extraordinaire se poursuit ce vendredi avec l’examen du projet de loi portant allègement des conditions d’exécution des projets, programmes et activités de développement.

Mahamadi TIEGNA


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Diplomatie : Le Président du Faso reçoit les lettres de créance de 5 nouveaux...

Les nouveaux ambassadeurs de l’Angola, de l’Indonésie, de l’Australie, de la Tunisie et de la Côte- d’Ivoire accrédités au Burkina Faso ont remis leurs lettres de créance au Président du Faso, le 21 juillet 2016 à Ouagadougou.

Honneurs militaires, introduction dans la salle d’audience par le Directeur général du protocole d’Etat, prononciation de la formule de présentation des lettres de créance, remise des lettres de créance a S.E.M. le Président du Faso, Président du Conseil des ministres. C’est le rituel auquel se sont soumis les 5 nouveaux ambassadeurs.

• Le premier à sacrifier à ce rituel a été l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République d’Angola auprès du Burkina Faso, Mario FELIZ. Né en 1950 en Angola, Monsieur FELIZ a effectué toutes ses études secondaires et supérieures hors de son pays, notamment à Brazzaville et à Yaoundé. Il est ambassadeur de carrière et a exercé plusieurs fonctions de direction au ministère des Relations Extérieures de son pays. Il a également occupé des postes à l’étranger en Tanzanie, en Allemagne, en République du Congo. Il a pour résidence Abidjan.

• Harry PURWANTO est le nouvel ambassadeur de l’Indonésie au Burkina Faso. Ce denier a également remis ses lettres de créance au Président du Faso. Agé de 61 ans, Monsieur PURWANTO a une longue expérience de la diplomatie entamée en 1983. Il a occupé plusieurs postes à l’étranger, notamment aux Nations unies, en Autriche et a été ambassadeur de l’Indonésie en Finlande et en Estonie. Le diplomate indonésien est titulaire d’un Master en droit, est marié et père de 3 enfants. Monsieur PURWANTO a pour résidence, Abuja.

• Diplômé des universités australienne et suédoise, Andrew BARNES est le nouvel ambassadeur de l’Australie au Burkina Faso. A 53 ans, il a une riche carrière dans la diplomatie entamée au début des années 1990. Il a entre autres été, directeur du département Afrique du Sud et Océan indien et du département Afrique du Sud, du centre et de l’Ouest au ministère des Affaires étrangères de son pays, chargé d’Affaires à l’ambassade d’Australie au Ghana. Monsieur BARNES parle le suédois, le français et l’Allemand.

• Le 4è diplomate à remettre ses lettres de créance au Président du Faso, a été le nouvel ambassadeur de la Tunisie au Burkina, Monsieur Abdelkader SAHLI. Il a débuté sa carrière en 1988 comme chef de division au secrétariat général du ministère des Affaires étrangères de son pays, avant d’occuper des postes dans des ambassades de la Tunisie à Brasilia, Paris, Ankara. Depuis avril 2015, il était chargé de la direction générale des affaires consulaires au ministère des Affaires étrangères. Monsieur SAHLI est diplômé des universités de Tunis et de Louvain en Belgique. Il parle arabe, français, anglais, portugais.

• Le nouvel ambassadeur de Côte d’Ivoire au Burkina Faso est Monsieur Kapieletien SORO. Agé de 52 ans, marié et père de 4 enfants, il est titulaire d’une maitrise ès Lettres modernes, obtenue à l’Université d’Abidjan et un diplôme du cycle supérieur de l’Ecole nationale d’Administration d’Abidjan, section Diplomatie. Sur le plan diplomatique, Monsieur SORO a occupé les fonctions de Sous-directeur, chef du service Courrier et Valise diplomatique au ministère des Affaires étrangères, Premier conseiller, Chargé d’affaires à l’ambassade de Côte d’Ivoire à Abuja, Sous-directeur Afrique de l’Ouest au ministère des Affaires étrangères. Depuis 2011, il était ambassadeur de Côte- d’Ivoire au Liberia. Monsieur SORO a pour résidence Ouagadougou.

La Direction de la Communication de la Présidence du Faso


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Réduction du train de vie de l’Etat : abonnements publics eau, électricité, téléphone, services...

L’exécutif dans son hebdomadaire conseil des ministres a adopté ce mercredi 20 juillet 2016 le Programme National de Développement Economique et Social (PNDES). Ce programme qui constitue le cadre de référence de développement économique et social du gouvernement vise à réduire le taux de chômage au Burkina et de booster la croissance économique à 7,7% d’ici l’horizon 2020.

Après la Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCADD), le gouvernement de Roch Marc Christian Kaboré vient de mettre sur orbite le Programme National de Développement Economique et Social (PNDES). Ce programme qualifié d’ambitieux, se décline en trois axes parmi lesquels le renforcement des institutions et la modernisation de l’administration, le développement du capital humain, et la dynamisation des secteurs porteurs de l’économie et des emplois.

Selon le ministre en charge de la Communication, porte-parole du gouvernement, Remi Fulgence Dandjinou, les impacts attendus de ce PNDES sont « l’amélioration de l’efficacité de la gouvernance politique, administrative, économique locale et environnementale, l’émergence d’une économie moderne basée sur un secteur primaire évolutif qui crée des industries de transformation et de services ».
Une croissance moyenne de 7,7% est attendue dans les 5 prochaines années avec une création d’au moins 50 000 emplois/an. D’ici à l’horizon 2020, ce programme va permettre de baisser l’incidence de la pauvreté de 35% et de maitriser la croissance démographique à 2,7%.

Fini les dotations de téléphone portable aux personnalités de l’Etat...

A noter que lors de ce conseil des ministres, le gouvernement dans le souci de réduire le train de vie de l’Etat, a adopté un décret portant règlementation générale des abonnements publics d’eau, d’électricité, de téléphone, de services connexes et de boites postales. Ce décret va permettre également d’étendre l’élargissement des crédits de communication des ministres aux collectivités territoriales. « Il vise à réduire le nombre de personnes bénéficiant de la gratuité de la fourniture d’eau et d’électricité et à supprimer la dotation des téléphones portables aux personnalités de l’Etat », explique Rémi Fulgence Dandjinou, pour qui, « tout cela vise à réduire le train de vie de l’Etat ». Les économies qui en résulteraient seront placées dans des domaines plus structurants.

Max Junior


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Pr Séni Ouédraogo au sujet de la nouvelle constitution : « Les universitaires, eux-mêmes, entretiennent de...

Lefaso.net : On constate que depuis un certain moment, vous vous tenez un peu distant des débats politiques. Qu’est-ce qui justifie votre posture actuelle ?

Pr Séni Ouédraogo : Mon silence est un peu dû à plusieurs facteurs. C’est parce que je n’ai pas mal d’activités. D’abord, au niveau de l’administration de l’ENAM (qui me prenait beaucoup de temps), au niveau de la Faculté (de droit) avec les engagements et également du côté du mouvement associatif. Ensuite, en tant qu’enseignant-chercheur, on est évalué sur notre capacité à produire. Quand vous devez donc être partagé entre toutes ces activités, ce n’est pas évident qu’on ait aussi le temps pour se prononcer sur l’actualité. Aussi, si je ne me prononce pas sur un certain nombre de questions, c’est parce que je pense aussi qu’aujourd’hui, on a des personnes de qualité qui émettent des avis de bonnes qualités sur les sujets brulants du moment. Si on prend l’exemple du droit constitutionnel sur lequel je suis longtemps intervenu, on a aujourd’hui des personnes ressources de valeur comme Dr Abdoul Karim Saïdou, Dr Julien Natielsé, Dr Kassoum Sourwèma… sans oublier que Dr Abdoul Karim Sango continue de maintenir la cadence par sa présence dans les médias. Il y a aussi de nouvelles figures à l’image d’Ismaël Diallo (premier responsable du Front de renforcement de la citoyenneté, FRC ; ancien diplomate) qui sont entrées en ligne de mire. Voyez-vous donc que ça comble le vide. A partir de là, ça nous donne, nous autres, l’occasion de faire d’autres choses. Pour terminer sur cette question, je dirais que j’ai décidé de me recentrer sur les questions financières. En effet, ce sont les questions d’investissement qui, à mon avis, méritent d’être abordées avec beaucoup de sérieux parce que, c’est à partir de notre capacité à mobiliser de façon optimum les ressources financières qu’on va développer notre pays. Et cela passe par une meilleure appréciation des règles. Dans ce sens, on avait déjà pu organiser un colloque, une journée d’étude sur la loi des finances en mars dernier qui avait été précédés par des publications dans la presse locale sur les finances publiques notamment sur la possibilité ou non pour le CNT (Conseil national de la Transition) d’adopter la loi des finances, sur les aspects financiers des programmes des candidats aux élections présidentielles, etc. Pour dire donc que je suis présent mais sur des questions un peu techniques qui n’intéressent pas trop le grand public. Quand vous parlez de finances publiques, de Cour des comptes…, le grand public n’est pas trop familier à ces questions. Voilà qui peut être considéré, entre guillemets, comme un silence de ma part.

Lefaso.net : Vous êtes également le premier responsable de l’ENAM et on apprend également que vous y avez entrepris des réformes. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Pr Séni Ouédraogo : Oui mais, au moment où je réponds à cette question, je ne suis plus directeur général de l’ENAM parce que l’intérim est assuré depuis aujourd’hui (l’entretien a eu lieu le mardi, 19 juillet) par le secrétaire général. J’avais déposé depuis le 19 décembre 2015, une lettre de démission et le ministre m’a répondu favorablement. Donc, depuis hier (lundi, 18 juillet 2016), je suis libre de la mission qui m’avait été confiée à l’ENAM (Ecole nationale de l’Administration et de la Magistrature). Je crois que sur l’ENAM, j’avais essayé de partager un certain nombre de rêves ; rêves qui ont été nourris par ma présence dans un certain nombre d’Universités comme l’Université d’Abomey-Calavi, l’ENA en France ou l’Université de Lomé. A partir de là, on a de petites expériences qu’on voit ailleurs, qu’on veut transposer chez nous. Donc, pour l’essentiel, on a voulu que les réformes portent sur un certain nombre d’aspects. Les plus importantes ont porté sur le recrutement des enseignants à l’ENAM. On a essayé de faire du mieux que nous pouvions pour attirer les meilleurs enseignants de l’administration publique comme de l’Université. On a pu, l’année dernière, faire des évaluations des enseignants, mettre en place un appareil du suivi de la ponctualité et assiduité des enseignants. Le fonctionnement a commencé mais malheureusement, on a dû stopper à un moment donné pour problèmes de connexion à l’internet à l’ENAM. Actuellement où je vous parle, nous avons signé un contrat avec l’ONATEL qui a 45 jours pour mettre en place la fibre optique à haut débit à l’ENAM. A partir de là, je pense que le contrôle de la présence des enseignants et du personnel administratif devrait pouvoir continuer à se faire. On avait fait un abonnement en ligne pour l’année passée qui permettait d’avoir accès à une documentation assez importante pour quinze mille étudiants. Cette année, nous n’avons pas renouvelé l’abonnement pour défaut d’internet, parce que l’année dernière, ça ne permettait pas aux étudiants d’avoir accès à ces ressources. Une autre réforme assez importante est qu’on a revu à la baisse les heures de cours de plus de 9000 heures parce que les heures étaient très importantes au niveau de l’ENAM ; ce qui nous a permis d’économiser autour de 50 millions de FCFA. On a essayé aussi d’acquérir un logiciel qu’on appelle ‘’compilatio’’ qui nous permet de détecter dans les travaux qui sont réalisés par nos étudiants, le seuil de travaux qui ont été empruntés à d’autres personnes sans pour autant être référencés. L’objectif est qu’on peut copier mais en indiquant les sources où on est allé chercher l’information. Il reste entendu que ce que vous recopiez chez quelqu’un ne pourra pas être supérieur à 15%. C’est un peu cela les règles de la recherche scientifique. Donc, avec ce logiciel, comme c’était la première phase d’expérimentation, on a voulu être assez souple, en poussant le seuil de tolérance à 30%. Donc, ont été contraint de reprendre le mémoire de ceux qui étaient au-delà de 30%. Au total, il y a autour de 29 élèves fonctionnaires qui ont dû reprendre leur mémoire. C’est une bonne leçon parce que les élèves ont compris le message. Soit les étudiants ont un bon mémoire et ils sont admis ; soit ils reprendront leur année s’ils vont pomper le travail des autres. Cette année, on a voulu aller par la pédagogie, c’est pourquoi on a donné 45 jours aux gens pour pouvoir reprendre leur mémoire. Bref, il n’y a pas mal de réformes donc qu’on a entrepris. Mais, il reste qu’il y a encore pas mal de réformes à faire, si on veut que l’ENAM reste le fleuron de la formation professionnelle des agents publics de l’Etat. Voici, entre autres, ce qu’on a essayé de faire durant notre passage.

Lefaso.net : Au moment où vous passez la main…, qu’est-ce que vous auriez souhaité posé comme acte, entreprendre comme initiative et qui vous laisse un goût d’inachevé ?

Pr Séni Ouédraogo : Je pense que je suis une personne dure avec moi-même ; parce que je suis allé à l’école du Pr Ibriga (Luc Marius Ibriga, actuel contrôleur général d’Etat, constitutionnaliste, ndlr). Je pense qu’il reste beaucoup à faire encore à l’ENAM. Je crois que, si je fais le point de ce qui n’a pas été fait, il me semble que l’essentiel n’a pas encore été fait. Ça, pour être honnête, il y a beaucoup à faire à encore à l’ENAM. Il faut revoir tous les maillons de la chaîne en commençant par le recrutement des élèves fonctionnaires et de leur formation. Il faut être plus rigoureux dans le recrutement des formateurs qui veulent dispenser des enseignements ; La nécessité de leur évaluation ainsi que celle des programmes de formation afin de rendre les cours plus digestes et plus allégés pour être supportables par les apprenants. De même, les curricula doivent être harmonisés pour que les contenus soient identiques aussi bien à Ouaga que dans les instituts régionaux. Il faut bien qu’au niveau des étudiants, on suscite la culture de l’énarque, c’est-à-dire que le futur fonctionnaire burkinabè s’approprie les vertus de l’énarque, en tant que porte-flambeau d’une administration républicaine. Les étudiants doivent pour ce faire commencer par avoir une discipline vestimentaire, langagière, comportementale, etc. C’est tout un travail à faire. Il faut aussi mettre les enseignants perpétuellement à niveau dans les techniques de formation. Ils enseignent des élèves-fonctionnaires donc, ils doivent aller vers la formation du savoir-faire que de se contenter de la simple transmission des connaissances. Il faut moderniser notre bibliothèque pour que partout où sera l’étudiant burkinabè, il puisse en un clic, avoir toutes informations qui puissent lui permettre de travailler. Vous voyez bien donc que les chantiers sont énormes ! Je l’ai toujours martelé, si on veut estimer le temps qu’il faut pour que l’ENAM soit au niveau où je pense qu’elle doit être, il nous faut au moins quatre à cinq ans de réformes. Il faut avoir la lucidité de reconnaitre que ce n’est pas par un coup de baguette magique qu’on parvienne à transformer les institutions. La réforme doit se faire par paliers. Ce qui demande un vrai plan stratégique, la déclinaison d’une vision cohérente de la modernisation de l’école. Vous comprenez que pour quelqu’un qui a un tel regard, ce que j’ai pu faire n’est qu’une goutte d’eau dans un océan.

Lefaso.net : La vie politique nationale est marquée également par le débat sur la Constitution de la Vè République. On observe aujourd’hui qu’une partie de l’opinion est partagée entre pros et anti-régime parlementaire. En tant que constitutionnaliste, et au regard des réalités actuelles du pays, quel est le type de régime qui sied au Burkina Faso ?

Pr Séni Ouédraogo : J’ai eu, lors d’un échange avec des journalistes burkinabè, à donner ma perception sur un certain nombre de questions qui concernent la mise en place de nouvelle Constitution. Je pense que la vraie question n’est pas une affaire de typologie de régime politique. Là, j’interviens en tant que constitutionnaliste, j’essaie de reprendre les explications (je peux me tromper) que je donne aux étudiants. Il appartient aux acteurs politiques, aux acteurs de la vie politique (partis politiques, société civile) de faire leur travail. Et leur travail, c’est la prise de décisions, c’est l’action. Les universitaires que nous sommes, faisons notre travail à l’Université. Pour nous, pour enseigner nos étudiants, nous avons besoin de méthodologies et de techniques. Dans ces méthodologies que nous utilisons, particulièrement en droit, il y en a une qu’on appelle la ‘’taxinomie’’ ; c’est-à-dire la classification des idées. C’est cette classification qui a permis à un certain nombre d’auteurs de procéder à un classement de l’articulation des institutions pour dégager un certain nombre de régimes. C’est en cela que vous allez voir, suivant les classifications qui ont été proposées par les auteurs assez célèbres comme John Locke, Montesquieu, Maurice Duverger, Georges Burdeau ou encore Alexis de Tocqueville pour parler de l’exemple américain des tentatives de classification des régimes politiques. De ces constructions sortiront le régime parlementaire ou présidentiel ou semi-présidentiel. Ça, c’est une classification purement doctrinale et je vais donner un exemple assez éloquent. Quand Maurice Duverger propose dans sa classification le régime semi-présidentiel, il aboutit dans sa conclusion le régime semi-présidentiel n’est rien d’autre qu’un régime parlementaire. Donc, à partir de ce moment, le politique ne peut pas se focaliser sur une proposition doctrinale qui est faite, pour essayer de construire le modèle institutionnel. Il me semble que le bon régime, c’est celui que va choisir les Burkinabè. C’est-à-dire que les membres de la commission constituante, à partir de considérations qu’ils voudront de leurs institutions, c’est-à-dire la définition des pouvoirs qui doivent revenir à l’Exécutif, au Parlement, au Judiciaire, les contre-pouvoirs institutionnels ou sociaux, des freins. Il nous reviendra à l’Université, dire voilà, le régime qui a été choisi correspond à tel modèle. Il faut noter aussi qu’il n’y a pas une seule variante de régime parlementaire. Quand on prend le type idéal du régime parlementaire classique, on a une déclinaison de plusieurs de ses espèces. Le régime parlementaire britannique n’est pas le régime parlementaire allemand. Le régime parlementaire français avec primauté de la Présidence n’est pas le régime parlementaire classique. On a des variantes d’un pays à un autre. Il s’agit maintenant pour les politiques de définir quel va être le type de rapport qui doit exister entre les pouvoirs et définir les prérogatives qui doivent être dévolues à chacune de ces institutions. Donc, qu’on laisse la question de la classification aux techniciens qui vont le faire dans seulement un objectif pédagogique. C’est cela qu’on doit pouvoir comprendre. Pour moi, le débat sur la nature des régimes ne me paraît pas très opportun ou pertinent pour parvenir à ce que nous souhaitons.

Lefaso.net : Sur le format de rédaction, le Burkina a opté pour une commission de plusieurs membres de toutes les obédiences, contrairement à d’autres pays où ce sont quelques experts qui ont été commis à la réflexion. Est-ce une option pertinente ?

Pr Séni Ouédraogo : Pour répondre à cette question, je dirais que ce sont ces sujets un peu à fortes charges émotionnelles, passionnelles, qui me font souvent dire qu’il faut que je m’incline vers les questions souvent techniques et financières ; parce que, quelques fois, les universitaires, eux-mêmes, entretiennent de fausses idées sur un certain nombre de constructions politiques. J’ai aussi entendu des critiques, des développements qui ont été faits sur les modèles. Moi, je pars du postulat que (c’est mon idée principal) aucun modèle n’est parfait ; il appartient à chaque Etat de se construire son modèle. Un modèle se construit bien sûr à partir des modèles qui ont été consacrés, qui sont des fictions juridiques nécessaires à la bonne marche de la société. Quand vous lisez Jean-Jacques Rousseau sur sa théorie de la représentation, c’est de la pure fiction ! Si vous prenez la conception du Léviathan de Thomas Hobbes, qui tente de proposer une explication de la construction des sociétés modernes, ce sont toutes des fictions juridiques. Mais, on a besoin de ces fictions pour l’ancrage de nos sociétés. A partir de ce moment, vouloir entrer dans un idéal perfectionniste, ça n’existe pas. Rappelez-vous cette belle phrase de Montesquieu, quand il dit que le peuple anglais se croit libre jusqu’à ce qu’il désigne ses gouvernants. Une fois désignés, il n’y a plus liberté. Ce que Montesquieu voulait faire, c’était d’apporter une critique aux théories de Rousseau. Celui-ci avait pour postulat de base que l’homme est né libre mais il est partout dans les fers. Dans la vision de Rousseau, c’est la recherche d’un certain bonheur qui conduit à la vie collective. A partir de là, Rousseau pense qu’un gouvernement démocratique doit procéder par la représentation, parce que les fonctionnements directs d’une démocratie ne peuvent pas se faire dans les grandes sociétés. Mais, la théorie de la représentation est un modèle qu’il propose, il faut déléguer. Mais, dès qu’on délègue, on n’est plus maître. Entre le délégant et le délégataire, le vrai maître, c’est le délégataire (c’est ce dernier qui agit). Donc, il faut qu’on comprenne dans nos pays, qu’il y a un débat sur le sexe des anges qu’il faut qu’on arrête. Le vrai problème, c’est de savoir quel est le modèle qui nous conviendra.
Pour en revenir à certains modèles, on nous a évoqué le modèle basé sur les experts (où des gens ont dit que l’idéal aurait été de laisser la Constitution être écrite par des experts). Mais, je suis désolé de dire que la Constitution n’est pas une affaire d’experts. Qui considère-t-on comme experts ? Les juristes (parce qu’on l’a vu dans certains pays) ? Pourtant avec la division du travail, les experts, on les trouve partout. Et moi, je dirais que, contrairement à ce que certains juristes puissent penser, les meilleurs, quand on prend par exemple au niveau du Conseil constitutionnel français, n’ont pas été forcement que des juristes. On a vu des sociologues, biologistes, journalistes… ; ils ont tous montré qu’ils étaient compétents. Les modèles que les gens sont en train de présenter, ce sont les juristes, c’est le droit. Mais, dans la Constitution, vous avez des bases économiques, philosophiques… Aujourd’hui, quand ça chauffe, tout le monde court pour aller voir le Moogho Naaba ; pensons-nous qu’il n’y a pas de ressorts sociologiques, psychologiques ou anthropologiques dans nos sociétés ? Je pense donc que la question de l’expertise est certes importante mais au regard des idées qui doivent être dégagées, il n’est pas pertinent de confier la rédaction de la constitution aux seuls experts. Pour dire qu’aucun modèle n’est pas. Celui pour lequel on a opté, a aussi ses insuffisances. L’essentiel, c’est comment les acteurs arrivent eux-mêmes à s’entendre pour trouver un consensus qui doit constituer la base de leur commission. Il y a un premier décret créant la commission constitutionnelle qui a été adopté. Il fait l’objet de récrimination. Le Président du Faso a rencontré le Chef de file de l’opposition, qui a soulevé un certain nombre de griefs et des correctifs ont été apportés. Pour ma part, si les différentes parties (majorité comme opposition), trouvent un point d’équilibre sur la commission, c’est celle-là qui est bonne commission pour les Burkinabè. Sur cette question, il faut donc qu’on arrête les faux débats et que nous, les intellectuels, essayons d’attirer l’attention des gens sur ce qui doit être fait. C’est notre modèle, tout comme l’insurrection, donc c’est à nous de pouvoir construire ce que nous souhaitons. Maintenant, sur la nécessité de passage à une Vè République ou pas, je dirais aussi que quelque part, je suis un peu peiné, c’est pour cela que je me suis orienté sur les questions techniques des finances publiques. Moi qui enseigne le droit constitutionnel à mes étudiants, quand je prends la Constitution, dans toutes ses parties, j’ai des griefs que je peux faire. Mais, si des acteurs politiques ou des experts disent qu’on n’a pas besoin de passer à une Vè République, on ne peut que prendre acte.

Lefaso.net : Certes, vous vous projetez dans les questions techniques, les finances publiques. Mais, avec ce que vous avez développé, on a l’impression que vous êtes déçu de l’intellectuel burkinabè !

Pr Séni Ouédraogo : Non, pas cela. Je ne suis pas déçu de l’intellectuel burkinabè. Non, ce ne serait pas juste de le dire, on a des intellectuels de très hautes qualités…

Lefaso.net : … Oui mais, on peut aussi décider de verser dans la mauvaise foi, malgré tout !

Pr Séni Ouédraogo : Non, je pense que le Burkina a quand même des intellectuels très solides, de réputation mondiale et je crois que ça, c’est une fierté pour surtout nous les jeunes. On s’abrite derrière ces grands maîtres… Ce qu’on peut faire observer, ce n’est pas forcément les positions des maîtres ; parce que quand je suis un peu les débats qui se mènent, je n’ai pas encore vu ces grands maîtres-là aller dans le sens contraire de ce que j’ai développé. Les grands maîtres, ce sont des gens comme Pr Luc Marius Ibriga, Pr Augustin Loada, Pr Mahamadé Sawadogo, etc. Je n’ai pas encore vu ces maîtres sur les débats qui sont menés, ce sont plutôt les jeunes et cela peut se comprendre aussi.

Lefaso.net : Mais, qu’est-ce qui justifie donc que vous décidez de vous focaliser désormais sur les finances publiques ?

Pr Séni Ouédraogo : Je suis un financier avant tout. J’ai fait deux ans à l’ENAREF et quatre ans en tant qu’inspecteur des impôts. Et puis, à l’agrégation quand vous passez la première épreuve, pour la suite des épreuves, vous choisissez deux matières ; parmi les deux, j’ai choisi le droit constitutionnel comme première matière et les finances publiques comme matière de spécialité. Donc, je suis et demeure un financier. Et je me revendique plus agrégé de Finances publiques parce que, c’est cela ma matière de spécialité.
Pour terminer, pourquoi les finances publiques, il y a cette belle formule du professeur Jacques Chevalier que j’aime citer à mes étudiants et qui dit qu’il n’arrive pas à comprendre pourquoi dans les Etats africains, les gens continuent à débattre uniquement et parfois avec passion que de questions liées à la dévolution du pouvoir, à la transmission du pouvoir sans aborder la question fondamentale qui est celle de la mobilisation des ressources. C’est à partir de la mobilisation des ressources qu’on va construire de vraies sociétés démocratiques et faire un développement pour les citoyens. Ces questions politiques sont certes pertinentes, mais ce que chacun de nous souhaite, c’est un développement personnel et un bonheur collectif. Donc, à partir de là, je pense, que c’est une interpellation qui est tout à fait juste. Nous pensons qu’on peut être plus constructif en essayant de proposer autre chose que de rester dans des débats de contradiction. Il me semble aujourd’hui qu’il y a un certain nombre d’acquis. C’est par exemple l’impossibilité pour tout gouvernant de revenir sur la clause limitative du mandat. Il y a aussi la veille citoyenne qui est devenue plus active avec des organisations comme le « Balai citoyen », etc. Donc, il y a des gens qui font très bien leur travail. Nous allons les laisser poursuivre ce travail et nous déplacer sur d’autres thématiques qui ont aussi besoin d’avoir d’autres apports. C’est pourquoi, d’ailleurs, avons-nous initié un colloque international, qui s’ouvre le jeudi 21 juillet, sur la mobilisation des ressources. C’est une activité qui fait suite à un certain nombre de réflexions sur les Finances publiques. Il faut le souligner aussi, le Burkina regorge de financiers de hauts volts mais nous voulons essayer d’apporter notre petite contribution pour que dans un regard qui soit à la fois triangulaire (administratif, universitaire et société civile), on essaie de voir comment développer notre société à partir de notre capacité à lever les ressources propres. Il faut se détromper en croyant naïvement que la philanthropie des Blancs nous fera sortir de notre sous-développement. Seule notre capacité à créer des richesses, à tirer meilleure partie de ces richesses pour financer notre développement nous sortira de notre situation.

Lefaso.net : Parlant de ce colloque international qui s’ouvre dans quelques heures, qu’est-ce qui l’a réellement suscité ?

Pr Séni Ouédraogo  : On part vraiment d’un constat qui est qu’il faut qu’on comprenne que notre développement procède de notre appropriation d’un certain nombre de questions qui relèvent de la capacité à trouver des moyens pour financer le développement. Comme le pays a maintenant gagné la stabilité politique, il faut qu’ensemble, on essaie de trouver les moyens pour sortir de la pauvreté pour aller vers le développement parce que chacun de nous aspire à un mieux-être. Et ce mieux-être procède incontestablement par notre capacité à pouvoir créer des richesses. La création de la richesse procède de plusieurs manières mais très souvent, on prend trois leviers. Soit on passe par la création de la monnaie ; ce que nous ne pouvons pas faire dans notre espace compte tenu que même la BCEAO n’a pas ce pouvoir de création monétaire (au sens générique du terme). On est obligé de relancer l’économie à travers les investissements massifs qui doivent être faits. Là aussi, on n’a pas suffisamment les moyens parce que vous voyez qu’à partir des indicateurs financiers qui ont été déclarés cette année, on a moins de 30 milliards pour faire des investissements (un pays qui fait des investissements de 30 milliards ne peut pas se développer). Alors que ce devait être le second levier parce que ça allait créer des emplois, donner des ressources au secteur privé et l’Etat allait avoir la capacité de relancer… Troisième levier sur lequel on devait pouvoir jouer, si on veut atteindre le développement, c’est de donner un pouvoir de consommation aux populations. Ce qui suppose que, soit on leur donne de l’argent (ce qu’on en n’a pas) soit on diminue le pouvoir d’achat pour qu’ils aient de l’argent. Donc, on voit que les mécanismes qui nous permettent d’aller vers une économie prospère ne sont pas assez importants. Certains ont cru que par les ressources naturelles, on avait trouvé la caverne d’Ali Baba. Mais, pour ceux qui ont lu mon livre sur le droit minier, ils voient que la production de l’or, qui a commencé véritablement son décollage à partir de 2005 et qui a atteint son pic vers 2012, 2013 au moment où l’or était à 1900 dollars l’once, n’a pas pu répondre aux nombreuses attentes suscitées. Actuellement, on est à moins de 1200 dollars l’once. Et moment où l’or était à 1900 dollars, qu’est-ce qu’on a pu avoir comme ressources dans le budget de l’Etat ? Moins de 400 milliards en termes d’apport au budget de l’Etat. Donc, on a compris aussi que la solution ne se trouve pas forcément dans la mise en exploitation de notre potentiel minier (parce qu’on ne maîtrise pas tous les paramètres). Au finish, si on ne peut compter sur aucun de ces trois leviers suscités, qu’est-ce qu’on fait ? Il faut qu’on se penche sur notre capacité à lever nos ressources propres parce qu’un Etat se construit par la capacité du gouvernement à pouvoir prélever les ressources pour d’abord financer les Forces armées (du souverain, du roi) et pour entretenir son administration. C’est cette logique basique qui doit se reproduire. Ce qui suppose que chacun de nous fasse un effort assez consistant. Notre réflexion portera donc sur les grands enjeux de la mobilisation des ressources. Ce n’est pas de partir de clichés consistant à dire qu’en parlant de mobilisation des ressources, on vise l’augmentation des impôts. Cette question pourra certainement venir en débat, mais il faut réfléchir froidement et profondément sur le dispositif fiscal pour mieux faire le diagnostic des problèmes. Est-ce qu’aujourd’hui, la capacité de mobilisation de nos ressources est optimum ? L’UEMOA a fixé un seuil avec d’abord 17%, qui a été ramené à 20% ; nous quand c’était à 17% on a reculé pour aller à 15%. Donc, on est loin d’atteindre les cinq points pour atteindre les 20%. Si on n’est pas capable de mobiliser au moins 20% de notre PIB, en termes de ressources propres, c’est qu’on sera confronté à des problèmes. Maintenant, il faut qu’on arrive ensemble à réfléchir sur les meilleures solutions pour une meilleure optimisation de la mobilisation fiscale. Bien entendu, ça va poser une autre problématique qui est celle liée à la gestion des revenus de l’impôt. Mais cette seconde question pourrait être débattue plus tard.

Lefaso.net : Comment vont se mener les réflexions durant ce colloque ?

Pr Séni Ouédraogo : Il faut dire que nous avons choisi une approche triangulaire. C’est dire qu’on a voulu associer plusieurs regards à la question de l’impôt. D’abord, le regard des praticiens (Directions générales des Impôts, des Douanes). Il y a ensuite celui des chercheurs (la faculté de droit et des universitaires des pays voisins) pour nous dire comment on peut décliner par exemple cette question d’égalité des citoyens devant l’impôt (certains ne paient-ils pas plus que d’autres, tient-on compte du fait que l’impôt ne doit pas être confiscatoire… ?). On a enfin le regard de spécialistes mais du secteur privé (association de fiscalistes, experts comptables…) qui viendront donner leur point de vue sur les différentes questions. Dans une deuxième approche, c’est de confier des thématiques à des agents des impôts, des inspecteurs qui sont connus pour leur qualification sur un certain nombre de thématiques ; ils vont mener une première réflexion qui va être partagée en plénière pour être débattue. A l’issue des travaux, on fera un ouvrage collectif qui sera remis à la Direction générale des Impôts qui pourra lui servir de ‘’drafts’’pour la réflexion à mener sur la modernisation de l’administration fiscale. Dans cette perspective, on a aussi invité le commissaire des impôts du Togo, dont les régies de recettes sont dans une nouvelle approche. En effet, le Togo est un train de s’inscrire dans le projet de modernisation des finances qu’a entreprises le Rwanda. Sa modernisation produit des résultats. On veut donc qu’il vienne nous expliquer, présenter leur modèle et nous allons essayer de voir qu’est-ce qui peut être bien à prendre dans son modèle pour améliorer le nôtre.

Lefaso.net : Le problème est que des réflexions se meurent dans les tiroirs, faute de volonté politique à appliquer les antidotes. Pensez-vous que votre initiative fera exception ?

Pr Séni Ouédraogo : Votre question me permet de saluer le travail énorme et de qualité qui a été fait par la presse en ce qui concerne la lutte contre la modification de l’article 37. Je le dis toujours dans mes communications, plusieurs facteurs protègent les institutions dont principalement le contre-pouvoir médiatique. La première sécurité, ce n’est pas celle du policier mais c’est celle du média, qui met en évidence les réalités ce qui permet d’avoir un minimum de protection collective. La presse a joué un rôle fondamental dans la lutte contre la modification de l’article 37. Aujourd’hui, pour les questions financières qui nous préoccupent tous, je pense que, là aussi, la presse à sa part à jouer. Par le travail de sensibilisation, de dénonciations, de propositions… ; la presse peut amener les gouvernants à opérer des choix qui sont bons. A mon avis, il n’y a pas de moments favorables pour des réformes ; les moments favorables sont ceux qui sont créés par les fils de la nation. Comme les Burkinabè ont créé des conditions pour lutter contre l’article 37, si les Burkinabè planchent sur les questions financières, ils pourront avoir des solutions. Je puis aussi noter que depuis l’avènement du nouveau régime, il y a quand même une oreille attentive sur ces questions. Nous avons pu organiser notre journée d’étude sur la loi des finances, nous avons mobilisé les députés de tous les groupes parlementaires, on a mobilisé les membres du gouvernement, des théoriciens, des personnes de la société civile ; on a fait comprendre qu’il y avait un certain nombre de choses, notamment dans la loi des finances qui n’étaient pas bonnes. Les membres du gouvernant ont accepté de comprendre que c’est aussi une réflexion qu’il faut mener. On n’a pas le monopole de la vérité mais on essaie d’attirer l’attention sur un certain nombre d’insuffisances. Et vous voyez que cette activité (colloque) est placée sous le patronage du Président du Faso et pour nous, c’est une prédisposition qui montre bien que les gouvernants ont compris que pour réaliser toutes les promesses qui ont été faites pendant la campagne électorale, il faut mobiliser suffisamment de ressources. Et je voudrais profiter de cette occasion qui m’est offerte pour saluer l’engagement des gouvernants à nos côtés (le Président du Faso, le ministre des Finances, le Directeur général des Impôts). C’est un début de conditions qui sont en train d’être créées et il nous appartient de poursuivre les réflexions.

Lefaso.net : Pour conclure … !

Pr Séni Ouédraogo : Mon souhait serait aussi qu’en plus des questions politiques, notre presse et nos associations de la société civile essaient de s’intéresser aux questions des finances. C’est vrai, ce sont des questions qui fâchent mais, notre développement ne pourra être réel qui si on est parvenu à mieux mobiliser les ressources. On a certes besoin de Présidents qui ne durent pas très longtemps au pouvoir, on a besoin d’équilibre de pouvoirs… mais, pour le fonctionnement des institutions, il faut des ressources. Pour le paiement des travailleurs, il faut des ressources. Bref, toutes les meilleures conditions de vie que nous sommes en train de revendiquer procèdent de la capacité de l’Etat à mobiliser les ressources. Et il y a une évidence en finances publiques : c’est que tout Etat qui arrive à mobiliser des ressources a l’obligation de les utiliser. C’est une règle de base de l’économie ; parce que l’Etat ne peut pas thésauriser l’argent qu’il a engrangé. Donc, si on parvient à mobiliser, on va mieux orienter les choix de l’Etat, de façon collective vers les investissements les plus productifs. Mais tant qu’on ne se met pas à l’idée que le grand défi des pays sous-développés, même avant la démocratie, c’est la capacité à mobiliser les ressources, ça va être difficile. L’exemple des dragons d’Asie sont un exemple éloquent. Les dragons d’Asie ne sont pas un exemple de démocratie ou du respect des droits de l’homme mais sont aujourd’hui des pôles de développement et tutoient les grandes puissances. Je ne dis pas que les questions de démocratie et de droits de l’homme ne sont pas des questions importantes mais, le vrai problème est que les pays sous-développés doivent savoir que si on n’arrive pas à mobiliser suffisamment de ressources, on ne pourra pas se positionneur utilement sur l’échiquier international. C’est-à-dire qu’au niveau de la communauté internationale, on continuera de s’offusquer de notre traitement parce qu’il n’est pas à la hauteur de nos espérances.

Entretien réalisé par Oumar L. OUEDRAOGO
([email protected])
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Conseil régional du Nord : Bila René Zida aux commandes de l’exécutif régional

Ils étaient 58 sur les 60 conseillers régionaux de 30 communes de la région à répondre à la convocation de Hassane Sawadogo, gouverneur de la région du Nord pour l’élection du bureau du conseil régional. Après la vérification des convocations et des identités des élus régionaux, le premier responsable de la région a fait lecture de quelques articles du code électoral portant élection des organes dirigeants des collectivités territoriales pour éclairer la lanterne des conseillers.

Le « consensus » comme règle a prévalu à l’élection

Trois heures ont suffi au collège des conseillers pour responsabiliser six (06) élus qui conduiront les affaires de l’institution en charge du développement régional. Pour ce nouveau mandat de l’exécutif régional, les élus proviennent de plusieurs partis politiques (MPP, UNIR/PS, ADF/RDA, MAP, MDA, CDP). Après la mise en place du bureau de séance conformément aux textes en vigueur pour conduire les élections, c’est sans surprise que les conseillers régionaux ont porté leur choix par vote secret sur la personne de Bila Réné Zida (Passoré) qui obtient 58 Voix soit la totalité des votants. Pour ce mandat, le Président du Conseil régional (PCR) sera accompagné par Abdoul Salam Boly (Yatenga) comme 1er vice-président et de Dominique O. Ouédraogo (Zondoma) comme 2ème vice-président. Les conseillers ont responsabilisé Lassané Doga (Loroum) a la commission affaires générales sociales et culturelles, Moumouni Tao (Loroum) quant à lui s’occupera des affaires économiques et financières, enfin la commission environnement et développement local échoit à Salifou Ouédraogo (Yatenga).

Séance tenante, au terme de l’élection, René Bila Zida a été immédiatement installé avec son équipe pour diriger l’exécutif régional par le président du bureau de séance des votes. Prenant la parole après les félicitations et encouragements du gouverneur aux nouveaux élus, le PCR a
témoigné sa reconnaissance à ses collègues qui l’ont porté unanimement à la tête de l’institution. Tout en déclarant avoir été sensible au caractère consensuel qui a prévalu au cours de la mise en place du bureau, il leur a demandé de l’épauler afin qu’ensemble, ils puissent présenter un bilan positif aux populations de la région du Nord en 2021.

Yann NIKIEMA
Lefaso.net

Propos de quelques élus régionaux après les élections

Mamadou Ouattara « C’est très comblé que je quitte ces élections de l’exécutif régional qui viennent de se dérouler. 58 conseillers ont porté unanimement leurs voix aux candidats uniques qui se sont présentés aux différents postes. Pour ma part je pense que cela présage d’une cohésion, d’une entente par rapport aux défis qui nous attendent. Pour la question de la non représentativité des femmes dans le bureau je pense que notre parti le MPP qui est majoritaire au conseil se rattrapera.

Ouédraogo Aïssétou « Des sentiments de joie m’anime après ces élections qui se sont bien déroulées. Certes qu’aucune des cinq élues régionales que nous sommes n’occupe un poste dans le bureau, loin d’être une déception en ce qui nous concerne, nous espérons que notre parti (MPP) prendra en compte cette réalité et tiendra compte du genre pour les autres postes au sein des commissions ».

Boukari Barry « Je félicite les différents conseillers en me référant aux élections des maires dans les communes qui ont été parfois tumultueuses dans certaines localités. En tant qu’élu du MDA, je fais le constat que la mouvance n’a pas été pris intégré dans le bureau de l’exécutif régional qui est à (100% MPP). Nous allons nous mettre au travail pour le développement de la région du Nord car c’est le seul combat qui me parait prioritaire ».


Lefaso.net

Compte rendu du Conseil des ministres du 20 juillet 2016

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