Campagne agricole de saison sèche : 1 380 000 tonnes de cultures maraîchères attendues

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Campagne agricole de saison sèche : 1 380 000 tonnes de cultures maraîchères attendues

Karaba, 15 décembre 2015. C’est ce quartier du secteur n°1 de Houndé, chef-lieu de la province du Tuy que le Ministère de l’Agriculture, des ressources hydrauliques, de l’assainissement et de la sécurité alimentaire a choisi pour lancer la campagne agricole de saison sèche 2015-2016. Il était également question du lancement des projets Petite irrigation dans le Grand-Ouest et de la Promotion de l’irrigation Goutte-à-goutte.
Pour l’occasion, ce sont trois ministres de la transition qui ont fait le déplacement de Karaba. Leur point commun : ils ont tous en charge le développement du monde rural. Il s’agit du Ministre de l’Agriculture, François Lompo, son collègue de l’Environnement et du développement durable, Saïdou Maïga et de celui des Infrastructures et du désenclavement, Daouda Traoré. Avec évidemment une forte mobilisation de la population de Houndé.

Assurer l’autosuffisance alimentaire
Campagne agricole de saison sèche : 1 380 000 tonnes de cultures maraîchères attenduesSelon François Lompo, la campagne humide qui vient de s’achever, bien qu’ayant donné des résultats au-delà des espérances, ne permettra pas de nourrir tous les Burkinabè. « Les résultats de la campagne agricole pluvieuse indiquent que 43% des ménages agricoles pourraient avoir des difficultés à couvrir leurs besoins alimentaires en céréales sur la base de leur seule production », a-t-il indiqué. La production de la campagne humide a cependant connu une hausse de 1,49% par rapport à celle de l’année dernière. Ce qui porte à 4 535 939 tonnes, la quantité de la production.
Pour le patron du département de l’agriculture, il est donc nécessaire pour son département de combler le déficit par la campagne sèche. Pour cela, son département a consenti à mettre à la disposition du monde agricole, 77 tonnes de semences de riz et de maïs, de semences maraîchères, de 4 053 tonnes d’engrais, à subventionner l’acquisition des équipements d’irrigation et du petit matériel de maraîchage et de compostage.
En retour, il est attendu 1 380 000 tonnes de cultures maraîchères, 37 525 tonnes de céréales dont 27 361 tonnes de riz et 10 164 tonnes de maïs, 52 836 tonnes de tubercules, 758 352 tonnes de fruits et 1 245 tonnes de protéagineux/oléagineux. Cela avec l’appui des différents projets mis en œuvre.

Le PIGO

Campagne agricole de saison sèche : 1 380 000 tonnes de cultures maraîchères attenduesDéjà mis en œuvre dans le sud-ouest avec l’appellation Programme d’aménagement de bas-fonds dans le Sud-Ouest et la Sissili (PABSO), le PIGO sera bientôt en expérimentation dans le Grand-Ouest. Ses résultats dans le Sud-Ouest et la Sissili sont probants. Plus de 1 250 hectares de terres agricoles ont été aménagés. Son objectif est de « contribuer de manière significative à la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté dans les zones ciblées ».
Pour le Grand-Ouest, il s’agira d’aménager 2000 hectares de terre en quatre ans. Ces terres vont profiter directement à environ 4000 producteurs. « Le Projet s’étend désormais à trois départements supplémentaires : Comoé, Houet et Tuy », a expliqué Joerg Meyer, premier secrétaire de l’Ambassade d’Allemagne au Burkina. Avant d’ajouter « qu’il s’agit d’un projet ambitieux qui vise l’augmentation des revenus agricoles et l’amélioration de la sécurité alimentaire des populations rurales ». Il est financé à plus de 13 milliards de francs CFA par l’Allemagne.

La petite irrigation par des technologies innovantes
Campagne agricole de saison sèche : 1 380 000 tonnes de cultures maraîchères attenduesLe deuxième projet lancé par le Ministre de l’Agriculture est celui de la petite irrigation. D’une durée de 3 ans, ce projet veut accroître durablement la productivité agricole et les capacités de mise en marché des produits de l’irrigation dans la zone couverte par le projet. Environ 2000 producteurs, issus de 50 organisations et associations professionnelles, seront concernés par le projet. Son coût total est de 1,4 milliard de francs CFA.
Un ensemble d’actions mises en route par les autorités de la transition, à quelques semaines de leur mandat, qui permettront de lutter pour l’autosuffisance alimentaire au Burkina Faso.

Jacques Théodore Balima
Lefaso.net

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