Caisse de dépôt et de consignation : les délégués syndicaux dénoncent l’empressement du gouvernement

47

Les délégués syndicaux et les délégués du personnel des Comités CGTB ont dénoncé de vives voix ce jeudi 18 mai, au cours d’une conférence de presse, la «manière cavalière du gouvernement de mettre en place la Caisse de dépôt et de consignation (CDC)».

Adopté le 9 mai 2017 par l’Assemblée, nationale, la Caisse de dépôt et de consignation n’a pas connu l’assentiment des syndicalistes qui n’ont pas manqué de le faire savoir. Non pas parce qu’ils sont contre le principe. «Nous ne sommes pas contre le principe, car elle est une prérogative de la puissance publique et nous n’avons pas vocation de nous opposer à cela», mais parce qu’ils désapprouvent les implications. «Si la CDC doit jouer le rôle de tierce de confiance, c’est à l’expérience, au vécu et à la pratique qu’elle doit établir la confiance entre les institutions qui voudraient faire des apports», a souligné le délégué syndical du personnel CNSS, Kiénou Ephreme.

Pour le coordonnateur des Comités CGTB, Seydou Koné, un régime de sécurité sociale est composé de trois parties prenantes que sont les travailleurs, les employeurs et un organisme public qui est le représentant de l’Etat. «Une seule partie ne peut pas se mettre à décider pour les deux autres sans les associer», a-t-il affirmé faisant allusion au fait que les organisations syndicales des travailleurs représentées par l’Unité d’action syndicale ont été royalement mises à l’écart par le gouvernement au mépris des principes de bonne gouvernance.

Rappelant la douloureuse expérience de la défunte Caisse nationale des dépôts et des investissements (CNDI), Seydou Koné, a confié que cinq milliards de francs CFA non dévalués de la Caisse nationale de sécurité sociale ont été engloutis dans la banqueroute de la CNDI. Il a donc trouvé inadmissible que les fonds des organismes de prévoyance sociale soient utilisés par la CDC. «Nous souhaitons que le peuple s’approprie cette initiative et nous souhaitons qu’on remette les compteurs à zéro pour que l’ensemble des parties prenantes soit associé à la démarche, mais pas une démarche en catimini de façon cavalière comme le fait le gouvernement», a-t-il souhaité tout en prévenant que les syndicalistes vont se battre pour que les fonds ne soient pas utilisés sans garantie.

Madina Belemviré

Bayiri.com