Burkina : « Tout est pire qu’avant et le MPP est responsable » (Safiatou Lopez)

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Le Cadre de concertation nationale des organisations de la société civile (CCNOSC), une Organisation de la société civile, a rendu sa copie sur la gestion du pouvoir par le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Porté par sa présidente Safiatou Lopez/Zongo, le CCNOSC a conclu que « l’espoir suscité par cette élection (du président Roch Kaboré) est devenu un leurre ».

Plus d’une année après l’avènement du Président Roch Kaboré au pouvoir, le Cadre de concertation nationale des organisations de la société civile (CCNOSC) a décidé de faire le point de son diagnostic sur cette gestion le jeudi 18 mai 2017. Et à en croire sa présidente, Safiatou Lopez/Zongo, « tout est pire qu’avant » en indexant comme « responsable » de ce fait, le parti au pouvoir, le MPP.

Selon le CCNOSC, de la gouvernance à la relance économique « sans oublier les dossiers judiciaires pendants », la majorité présidentielle dans son ensemble n’apporte pas de réponses concrètes aux préoccupations « légitimes » des populations. En faisant le rapport avec l’ancien parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Safiatou Lopez conclut que « le MPP est une copie conforme du CDP qui ne fait pas mieux ».

« Promotion de la médiocratie, politisation de l’administration »

Pour matérialiser ses propos, elle explique que les anciennes pratiques, « corruption, détournements, acharnement sur les acteurs politiques et civils, promotion de la médiocratie, politisation de l’administration » se poursuivent sous la gouvernance du MPP. Outre la gouvernance du MPP, Safiatou Lopez Zongo et le CCNOSC ont dénoncé l’augmentation « vertigineuse des prix des denrées de premières nécessités ». A ce titre, un seul exemple, celui du pain qui selon la présidente du CCNOSC est en hausse alors que le poids n’a pas évolué.

L’Organisation de la société civile « exige » du gouvernement, des mesures pour « stopper la flambée » des prix, de renforcer le contrôle des prix et des frontières pour empêcher « les commerçants véreux » de faire entrer sur le sol burkinabè, des produits impropres à la consommation.

Toutes ces critiques du CCNOSC à l’égard du pouvoir en place, en sus de recommandations, ont été consignées dans un document intitulé « Situation nationale : Entre amateurisme et tâtonnement, regard critique du CCNOSC/APDC ». Un titre qui fait penser, avec son contenu, au mémorandum du Chef de file de l’Opposition politique (CFOP), toujours en rapport avec la gestion du pouvoir par le MPP.

« Sans vous mentir, je n’ai pas lu le document du CFOP »

Mais foi de Safiatou Lopez, « sans vous mentir, je n’ai pas lu le document du CFOP, j’ai échangé avec le président du CFOP sur la situation nationale », argumente-t-elle. « Mais s’il se trouve que les documents sont similaires, il faut reconnaître que quelque part, c’est parce qu’il y a une vérité », assène Safiatou Lopez.

La procédure contre l’homme d’affaire Inoussa Kanazoé (KANIS) a également été abordée ainsi que le procès de l’insurrection populaire. Sur le premier point, Safiatou Lopez estime que « s’il y a des preuves contre KANIS, c’est à la justice de se prononcer, mais je ne crois pas que ce soit un acharnement politique ».

Pour ce qui concerne le procès de l’insurrection, la présidente du CCNOSC l’assimile à « du cinéma« .  « Sincèrement je n’attends rien. C’est du cinéma. Nous sommes des spectateurs, on va suivre et ils vont aboutir là où ils veulent aboutir« , commente, Safiatou Lopez. 

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

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