Burkina : Opération de charme de l’OIF

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Nos chefs d’Etat ont hérité de la langue des colonisateurs. Au lieu de rejeter cette langue, ils ont gardé cette langue qui leur permettait d’avoir une conversation avec les autres peuples. C’est en cela que Léopold Sedar Senghor avait dit : « c’est un héritage de notre colonisation, alors essayons de le gérer au mieux en attendant que nous-mêmes nous développions nos langues(…) ». C’est le message qu’a voulu faire passer l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) à travers la conférence de presse organisée ce lundi 23 avril 2018 à Ouagadougou. Les questions  liées aux actions menées par cette organisation en Afrique et précisément au Burkina Faso, et la signature d’une convention entre l’organisation et le ministère de la culture d’un montant de 15 millions de FCFA ont marqué le point de presse.

La Francophonie n’est pas bien perçue en Afrique. Elle est vue par une certaine opinion comme une organisation instituée par les Occidentaux pour faire du tort aux Africains. Et l’ambassadeur Filippe Savadogo et Eric Adja, Directeur du bureau régional pour l’Afrique de l’ouest et de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), déplorent cet état des lieux. Pour eux, il est important que l’opinion connaisse l’identité de cette organisation qui regroupe 84 pays.

Les pères fondateurs sont au nombre de quatre et sont tous Africains. Il s’agit de Léopold Sédar Senghor du Sénégal, Habib Bourguiba de la Tunisie, de Hamani Diori du Niger et de Norodom Sihanouk du Cambodge.

L’OIF n’œuvre pas seulement que dans la promotion de la langue française. Elle a pour mission « la paix, la démocratie et les droits de l’homme, le développent durable, économie et solidarité, (…) », ont rappelé Filippe Savadogo et Eric Adja.

Lecture

Ayant pour rôle de promouvoir la lecture publique en mettant les livres à la portée des citoyens, l’OIF mène des actions concrètes sur le terrain. Un zoom a été fait sur le cas du programme des centres de lecture et d’animation culturelle (CLAC) qui sont au nombre de 4 au  Burkina Faso.

Le coordonnateur régional du programme CLAC, Issa Bongo, a indiqué que le bureau régional couvre actuellement 14 réseaux dans 10 pays. Et comme actions, la cellule CLAC a consolidé les réseaux existants à travers d’importantes dotations de biens culturels, de renforcement des capacités et la formation des partenaires locaux et le suivi administratif budgétaire et financier en 2017.

Sur la convention qui lie l’OIF au ministère de la culture, elle  accompagne l’animation des réseaux des CELPAC. 

Concernant la promotion des langues nationales, Issa Bongo a souligné que des efforts sont faits pour acquérir des ouvrages en langues nationales,  écrits par des auteurs nationaux pour aider au recollement de la culture nationale. 

Le directeur du bureau régional Eric Adja, a également signifié que son équipe et lui battent déjà campagne pour que la secrétaire générale Michaelle Jean, soit reconduite pour un second mandat à la tête de cette institution pour qu’ils puissent poursuivre la politique de cette dernière qui porte sur la Francophonie économique avec l’entreprenariat des jeunes et des femmes.

Irmine KINDA

Burkina24

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