Burkina : « Les sites web publics les plus visités sont ceux qui ont un lien avec l’emploi »

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Les sites des ministères de la fonction publique et celui de l’emploi sont les plus visités. C’est le résultat d’un sondage réalisé par le Centre burkinabè pour l’économie numérique (CBEN) autour des perceptions des internautes sur l’Etat de l’e-gouvernement.

Sur un échantillon de 522 personnes sondées dont 311 à Ouaga et 211 à Bobo-Dioulasso, 47,7% d’entre elles se disent « pas satisfaits » après consultation des différents sites web gouvernementaux contre 58,8% qui trouvent que la qualité des sites web est « bonne ». « Les sites sont de bonne qualité, mais la qualité n’est pas la finalité d’un site web. C’est la satisfaction des usagers », a commenté l’économiste planificateur Aimé Sawado, un des auteurs du rapport.

Le centre pour l’économie numérique est passé par Google Forms pour les besoins du sondage. Justification : « on n’aime pas trop les papiers au CBEN ». Le choix de mener l’étude, a justifié Oumarou Sawadogo, secrétaire exécutif du CBEN, est en partie dû à l’annonce d’une stratégie décennale prônant la dématérialisation par l’Etat burkinabè à travers le ministère du développement de l’économie numérique.

Pour visiter les sites web, il faut avoir un accès à internet. A ce sujet, 1 répondant sur 3 est apparu « mécontent » au regard de l’offre. « On peut dire que dans la sous-région nous sommes à la traîne. Vous avez souvent un 3G qui n’est pas un bon 3G. On vous dit 3,75G mais souvent vous n’avez peut-être pas un bon 2G », commentera l’économiste planificateur Aimé Sawado.

Les auteurs du rapport s’étonnent de la « très faible » fréquentation des sites web gouvernementaux par les internautes burkinabè « alors que le besoin en information est omniprésente ». En témoignent les audiences des deux sites les plus visités. Le top 5 est composé des ministères de la fonction publique (32,2%) suivi loin derrière par le celui de l’emploi et de la jeunesse (13,6%), de la santé, de l’éducation et du commerce.

Viennent en sixième position, les ministères de la sécurité et de la défense nationale (3,4%). Ce chiffre a attiré l’attention des auteurs du rapport. Ils s’étonnent de voir que les sites des « ministères clés » tels que la communication, les finances, la sécurité et la défense, ne figurent pas dans le top 5 des institutions les plus visitées. Déduction : « les sites web publics les plus visités sont ceux qui ont un lien avec l’emploi ».

Cinq recommandations sont formulées par le centre pour l’économie numérique pour inverser la tendance. Elles incluent l’interpellation à l’endroit du gouvernement et des fournisseurs d’accès à internet à accélérer l’opérationnalisation des infrastructures numériques. Les administrateurs des sites web ne sont pas en reste. Ils sont invités à améliorer constamment la qualité des sites web sans oublier d’en faire autant avec le contenu informationnel

« Vous partez souvent sur un site web où on vous donne une information qui date de 2016 alors que vous partez pour chercher une information qui date d’hier. Nos sites web, note Aimé Sawado, ne sont pas constamment actualisés ». Les administrateurs sont également invités à aller vers les citoyens à travers les réseaux sociaux par la création et l’animation de pages officielles.

Le CBEN note également l’absence criarde d’une culture numérique. Ce vide, le centre appelle l’Etat et la société civile à le combler le plus vite possible à travers formations et accompagnements pour éviter qu’il n’y ait tant de « dérives comme on peut le constater » sur les réseaux sociaux. Et Aimé Sawado de déplorer : « Nous consommons souvent les produits du numérique sans avoir une formation, une sensibilisation efficace. On ne fait que consommer ».

Oui KOETA

Burkina24

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