Burkina : Les militaires et policiers radiés rejettent l’aide du gouvernement

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Les militaires et policiers radiés suite à une mutinerie en 2011 ont une fois des plus rejeté l’aide à la réinsertion sociale que le gouvernement leur a proposé. Ils l’ont fait savoir au cours d’une rencontre qui a eu lieu vendredi 13 septembre entre eux et le Haut conseil pour la réconciliation nationale et l’unité nationale(HCRUN) qui a formulé des propositions, en vue de leur réinsertion sociale.

Au cours de cette rencontre, les militaires et policiers révoqués sont restés campés sur leur position : plutôt que de prendre l’argent (1, 5 million et de 3, 5 millions de FCFA par radié) proposé gouvernement, ils veulent être réintégrés dans la fonction publique.

« Nous voulons tout simplement être réintégrés dans les rangs pour aller au front pour combattre les terroristes qui tuent nos frères », ont martelé les policiers et militaires radiés.

Ils ont également appelé le président du Hcrun Léandre Bassolé à démissionner. « Vous ne résolvez pas le problème, vous ne faites que le déplacer, vous ne voulez pas de la réconciliation nationale, à votre place monsieur le président du HCRUN j’allais démissionner», ont déclaré quelques personnes qui ont pris la parole au président du Hcrun. Ce dernier a déploré l’attitude de ces policiers et militaires.

Pour Léandre Bassolé, même s’ils ne veulent pas prendre les indemnités, ils auraient dû rester dans la salle jusqu’à la fin. « Nous sommes indépendants et jusqu’à cette date, personne n’est venue nous imposer quoi que ce soit. Ce décret est le fruit d’un long processus. Tout le monde a fait des concessions », a-t-il ajouté.

Comment en sommes-nous arrives là?

Les militaires de la garde présidentielle (RSP) à l’origine de ce mouvement réclamaient des indemnités de logement qu’avait promis l’ex président Blaise Compaoré et qui ne figuraient pas sur leurs bulletins de salaires. Ils étaient mécontents de ne pas voir sur leur fiche de paie, les primes qui leur étaient promises. Le mouvement a débuté jeudi 14 avril 2011 à Ouagadougou, mais comme un effet domino, elle s’était étendue à d’autres villes du Burkina. A Ouagadougou, les soldats sont sortis en ville pillant des magasins d’électroménager, de téléphonie, de deux roues. Des policiers ont également rejoint les rangs des mutins, réclamant eux aussi de meilleurs conditions de vie et de travail.

6 morts, 45 personnes ont été blessées, des « cas de viols » ont été notés à Ouagadougou au premier jour de cette mutinerie, selon l’AFP.

Après les mutineries, Blaise Compaoré a dissout le gouvernement et limogé le chef d’état-major général des armées, le général Dominique Djindjéré. Il a été remplacé par le colonel-major (à l’époque) Honoré Traoré, commandant du groupement central des armées. Ensuite, on note le départ du chef des corps du régiment de sécurité présidentiel, le colonel Omer Bationo. C’est le colonel Boureima Kéré qui a pris sa place

Source : Omegabf.info

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