Burkina : Les élèves somnolent à l’école, selon le SYNATEB

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Dans cette déclaration, le Syndicat national des travailleurs de l’éducation de base (YNATEB) se prononce sur la situation au ministère de l’éducation nationale.

Camarades militantes et militants ;

Camarades sympathisantes et sympathisants ;

Camarades travailleuses et travailleurs ;

A l’orée  des vacances scolaire 2016-2017,  le Bureau National (BN) voudrait par la présente vous féliciter pour les efforts et les sacrifices continuellement consentis dans des conditions difficiles pour la formation de la relève de demain.

Camarades, depuis la prise du pouvoir des anciens-nouveaux dirigeants, l’intérêt des premiers acteurs du secteur de l’éducation et celui des enfants du Burkina a  été mis sous scellé sous le prétexte d’une prétendue conjoncture économique.

En effet,  plus d’un an après leur nomination, les nouveaux locataires du MENA ne sont pas encore arrivés à tracer les sillons de résolutions des préoccupations pressentes des acteurs de l’éducation et des enfants du peuple. Les problèmes majeurs synthétisés et contenus dans différentes plates-formes revendicatives déposées au MENA n’ont connu aucun traitement conséquent. Pire, nos différents protocoles d’accords signés avec le MENA ne sont pas mis en œuvre.

C’est dans cette même atmosphère de surcroit que des manœuvres de déstabilisation de notre syndicat sont en cours avec le retour des coupures abusives pour fait de grève. Sur cette question, une autre déclaration viendrait éclairer l’opinion.

Camarades, les questions qui ne devraient plus faire l’objet de conflit ou de spéculation car ayant été soulevées et discutées avec l’autorité en charge du MENA à plusieurs reprises sont légion. A titre indicatif, le traitement des dossiers de reclassement et d’avancement des personnels ;  l’arrêté conjoint N° 2015-0004/MENA/MFPTSS du 11 janvier 2016 portant organisation des horaires de travail dans les structures éducatives de l’éducation de base ; la prise en charge des frais d’encadrement des maîtres conseillers ; la cantine scolaire ;  la formation continue des personnels ; l’octroi d’office de l’indemnité de logement à tous les enseignants sont autant de dossiers gérés de manière cavalière  par le MENA.  

Pendant que, unanimement l’on reconnait que le niveau de l’enseignement évolue de mal en pis, et que l’une des solutions est la formation continue du personnel, les dirigeants s’accordent à marchander  ce volet. Pour preuve,  les sessions de formation et les conférences se tiennent toujours en retard. A titre illustratif, la conférence pédagogique des enseignants session 2015-2016 s’est tenue en septembre 2016 contrairement à la règlementation qui prévoit que celle-ci se tienne au premier trimestre de l’année scolaire. Cette année encore, jusqu’au 12 mai 2017 aucune session n’a été organisée. Non content de cela, le MENA a des velléités de réorganisation, voire la suppression de cette conférence.

Camarades, le SYNATEB en tant qu’organisation soucieuse de la qualité de l’éducation et plaçant la qualité de la formation initiale et continue au rang des conditions sine qua non pour une éducation de qualité des enfants du Burkina  n’est nullement contre la réorganisation des conférences pour une meilleure efficacité. Mais l’organisation de la conférence pédagogique annuelle, fruit de longues luttes des enseignants, ne saurait être sacrifiée sur l’hôtel  des économies à réaliser.

Il est donc inacceptable qu’au nom de fallacieux prétextes  dont « la faiblesse du budget alloué aux DPENA pour les formations et les conférences » et «  la non maîtrise des effectifs par le niveau central » le MENA abdique à bien former  les acteurs de l’éducation. Face à une telle ambition  qui frise la démission du pouvoir du Président Rock Marc Christian KABORE  de l’exigence de la qualité de l’éducation, il est tout à fait   évident  que le SYNATEB   ne saurait cautionner cette dérive.

Camarades militants, sympathisants et parents d’élèves,

Aussi, depuis la mise en œuvre de l’arrêté conjoint N° 2015-0004/MENA/MFPTSS du 11 janvier 2016 portant organisation des horaires de travail dans les structures éducatives de l’éducation de base, les enseignants, les élèves et leurs parents ploient-ils sous les conséquences multiples de cette décision. Ce sont entre autres :

  • les retards et les somnolences des enfants dans les cours de l’après-midi ;
  • le manque ou l’insuffisance de cantine scolaire pour les enfants dans les écoles ;
  • le manque d’installations sanitaires pour les élèves et le personnel enseignant;
  • la non prise en compte de la psychologie de l’enfant ;
  • le manque de temps pour les travaux de groupe et l’apprentissage des leçons…

Toute chose qui n’est pas de nature à favoriser une bonne formation des enfants à nous confier.

Camarades,

De plus, le stage pratique des futurs enseignants souffre en qualité compte tenu de la gestion scandaleuse de la prise en charge des maîtres conseillers.

En rappel, le SYNATEB a engagé des luttes, signé un protocole d’accord en 2011 et se bat pour l’amélioration de cette prise en charge, son élargissement à tous les intervenants dans la chaine et son inscription sur le bulletin de paie au titre des indemnités. Mais ce  protocole est toujours en souffrance dans sa mise en œuvre malgré les multiples interpellations.

Cette prise en charge qui devrait être allouée mensuellement n’est pas payée à bonne date. Pour l’année scolaire 2016-2017, nous sommes en fin d’année et ce n’est que trois (3) mois de prise en charge qui sont payés. A ce titre et tout comme l’année passée, aucune fiche d’évaluation des stagiaires ne doit être transmise aux structures supérieures avant le paiement intégral du dû.

 Camarades travailleurs, travailleuses et parents d’élèves,

Vous avez toujours en mémoire le combat engagé depuis quelques années par le SYNATEB contre la gestion combien controversée de la cantine scolaire par le MENA : des vivres qui sont gardés en magasin jusqu’à péremption, des vivres impropres à la consommation servis à nos enfants, des parents d’élèves et des enseignants obligés de parcourir des kilomètres pour l’enlèvement des vivres à leurs frais.

Camarades, le supplice subis par les travailleurs de l’Education de Base dans la poursuite de leurs dossiers de reclassement et d’avancement n’a que trop duré.  Et la conséquence directe de cette situation est l’abandon involontaire des classes par certains enseignants pour la recherche de leur dû.

Camarades, le combat engagé par le SYNATEB pour l’octroi d’office de l’indemnité de logement à tous les enseignants a contraint le gouvernement à la prise d’un décret portant rétrocession des logements administratifs aux collectivités territoriales que sont les communes. Cependant, bon nombre d’enseignants souffrent encore des tâtonnements du gouvernement.

Camarades militants et militantes du SYNATEB,

Le BN, ne saurait admettre une gestion qui s’apparente à de l’improvisation de la part  des responsables du MENA. Tout en réaffirmant son attachement ferme à un dialogue franc et constructif, il dénonce cette attitude tendant à  réduire au néant les efforts des agents sur le terrain et à mépriser notre Organisation.

Le BN attire l’attention de l’opinion nationale et internationale sur la démission du pouvoir du MPP et de ses alliés vis-à-vis du système éducatif burkinabè. Il interpelle le gouvernement d’assumer pleinement ses responsabilités en trouvant des réponses idoines à la plate-forme revendicative du SYNATEB afin de sauver l’école burkinabè qui périclite.

En tout état de cause, le BN à travers des instructions à ses structures de base, a donné des orientations  qui seront appliquées à la lettre si rien n’est fait.

Pour ce faire, le BN appelle tous les militants (es) et sympathisants (es) à rester mobilisés et organisés pour d’éventuels mots d’ordre que la situation commanderait

Tous unis et mobilisés, nous vaincrons !                                                            

Ouagadougou le 12 mai 2017

 Pour le Bureau National

Le Secrétaire Général

 François de Salle YAMEOGO

Burkina24.com