Burkina : Les causes de l’incivisme fiscal décortiquées dans une étude

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Burkina : Les causes de l’incivisme fiscal décortiquées dans une étude

Le Centre d’information, de formation et d’études sur le budget (CIFOEB) a lancé une étude sur les facteurs explicatifs de l’incivisme fiscal au Burkina Faso et les modalités d’incitation au paiement des impôts. La restitution du rapport de l’étude a fait l’objet d’un atelier tenu le mercredi 26 juin 2019 à Ouagadougou.

Malgré une progression au fil des années, les recettes fiscales demeurent faibles par rapport à la création de richesses nationales. À titre illustratif, les recettes fiscales en 2017 ont représenté 18% du Produit intérieur brut (PIB) et à peine 15,70% en 2018, selon le rapport de surveillance multilatérale de l’UEMOA. Parmi les difficultés liées à la mobilisation des recettes, il y a la faible capacité contributive des populations, liée à l’incivisme fiscal.


Pourquoi alors l’incivisme fiscal a-t-il toujours la peau dure au Burkina Faso, malgré les multiples efforts de l’Eta ? Pourquoi le contribuable refuse-t-il de se conformer aux exigences fiscales ? Quelles sont les mesures adaptées à même d’inciter le contribuable au paiement des impôts ? Ce sont ces interrogations qui ont conduit le Centre d’information, de formation et d’études sur le budget (CIFOEB) à initier une étude sur les facteurs explicatifs de l’incivisme fiscal au Burkina Faso et les modalités d’incitation au paiement des impôts. La restitution de ladite étude a fait l’objet d’un atelier, le mercredi 26 juin 2019 à Ouagadougou.


Parlant du rapport, Seydou Dao, président du conseil d’administration du CIFOEB déclare : « Ce document est le fruit d’une étude menée dans toute la rigueur scientifique pour rechercher les causes réelles de l’incivisme fiscal en vue de proposer des approches innovantes et adaptées au contexte burkinabè pour l’amélioration de la mobilisation des ressources internes ».

C’est à ce prix que le Burkina Faso pourra de plus en plus voler de ses propres ailes ; c’est à ce prix qu’il pourra compter sur ses propres forces, a-t-il ajouté. Pour lui, les besoins de l’État en termes de dépenses ordinaires et en capital s’accroissent dans un contexte marqué par la raréfaction de l’aide publique au développement et le renchérissement de la dette.

Il est convaincu que la mobilisation des ressources intérieures est l’unique alternative pour l’État burkinabè, comme la plupart des États ouest-africains. C’est pourquoi le gouvernement, dans ses efforts de mobilisation des ressources pour le financement du Plan national de développement économique et social (PNDES), a prévu une mobilisation interne à hauteur de 63%, affirme-t-il.

En initiant cette étude, le CIFOEB entend apporter sa contribution à la promotion du civisme fiscal, indispensable pour offrir davantage de produits et services publics de haute qualité exigés par les populations elles-mêmes. Il sera également question d’expliquer au contribuable l’impact négatif des actes d’incivisme fiscal et de le sensibiliser à son rôle dans la constitution des budgets publics.


La restitution va se focaliser sur une présentation des grandes lignes du Code des impôts, la situation du manque à gagner fiscal lié à l’incivisme des acteurs sur les trois dernières années, les facteurs explicatifs de l’incivisme fiscal au niveau central et local, les solutions novatrices pour l’amélioration des ressources fiscales et les formes adaptées de mobilisation des populations autour de l’impôt.

Etienne Lankoandé

Lefaso.net

Source : lefaso.net

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