Burkina : Le rêve d’Ahmed

75

Ahmed a 12  ans. Il passe en classe de quatrième. Sa passion se résume en deux mots : la robotique. Assis au milieu d’aînés venus mûrir leurs projets au fablab, il pense déjà à comment il parviendra à se « téléporter » d’un point A à un point B pour éviter tout risque d’accident en circulation.

Il est 14h lorsque le reporter de Burkina24 franchit le portail d’entrée grand ouvert de OuagaLab où le cofondateur Gildas Guiella et ses collaborateurs ne pensent que « démocratie technologique ».  Ce qui était prévu, c’est la rencontre avec Synaly Rachid Yanogo pour découvrir son invention qu’est Hydro + Motor. Mais une autre surprise attend le journaliste. 

Il tombe sur Ouédraogo Cheick Ahmed, 12 ans. Dans la salle de co-working, avec un autre adolescent, il s’amuse avec un robot aux allures de ce qu’utilisent les soldats sur des terrains minés par l’ennemi avec deux capteurs placés à l’avant. Une des inventions conçues avec d’autres camarades.

Téléportation

La jeunesse du génie intrigue le journaliste. Une causerie s’engage. De fil en aiguille, il finit par dévoiler son rêve : « J’aimerais devenir un professionnel en robotique pour pouvoir inventer la téléportation. Les robots pour pouvoir faciliter la vie de l’homme et que tout soit avancé. Que l’homme n’ait plus besoin de faire d’efforts ».

Tout comme Synaly Rachid, Cheick Ahmed est à la bonne adresse. A OuagaLab, les concepteurs pensent injection, influence. A l’intérieur de ce cadre sont accueillis chaque année des jeunes et des enfants qui démontent, suivent les processus et remontent les processeurs d’ordinateurs dans des bidons de 20 litres découpés minutieusement pour la circonstance. L’idée : leur faire comprendre déjà le fonctionnement de l’unité centrale, connaitre le rôle de chaque élément  et enfin construire leur propre ordinateur.

Une attention particulière est accordée aux enfants qui s’y aventurent. Gildas Guiella, l’un des maîtres du lieu, explique : « On le fait beaucoup plus avec des enfants. Quand tu le fais avec des enfants, après ils se disent qu’ils ont fabriqué un ordinateur. Ils se mettent dans la peau d’un fabriquant. Cela fait que cet outil n’est plus un mystère pour eux. Et ils arrivent à adresser la problématique de l’informatique autrement tout en se disant qu’ils ont toutes les compétences. Cela suscite leur curiosité ».

Curieux

C’est le cas d’Ahmed. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ordinateur n’est pas un mystère à ses yeux. Il ne se lasse pas de tester le robot qu’ils ont conçu. Tout à coup, celui-ci ne fonctionne pas comme il se devait. Il débranche l’un des composants. Direction, l’un des ordinateurs dont l’unité centrale a été remontée par les apprenants dans ces bidons découpés. Passage au test pour comprendre.

Nul ne prête attention à lui. Nul ne s’inquiète ou ne le met en garde parce qu’il pourrait bousiller quelque chose. Le petit Ahmed est dans son élément. Dans ces lieux, les enfants, « on les prend comme les personnes qui vont accélérer encore plus ce développement ». Dans ce fablab, le mot d’ordre est clair et concis : « il faut impliquer les enfants parce qu’ils ont plus la latitude de pouvoir le développer et de pouvoir adresser des solutions pour les générations futures ».

L’on retiendra peut-être que – comme Steeve Jobs qui bricola son premier ordinateur depuis le garage de ses parents dans la Silicon Valley avant de fonder Apple – c’est depuis les locaux de OuagaLab dans le quartier Kalgondé, que Cheick Ahmed Ouédraogo peaufina son projet de « téléportation qui te permettra de te déplacer d’un point A à un point B sans avoir de problème».

 

Oui KOETA

Burkina24

Votre commentaire sur ce sujet

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Burkina24.com