Burkina : Le gouvernement veut indemniser les entreprises sinistrées d’octobre 2014

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« Quelles mesures pour une contribution efficace du secteur privé à la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES) ». C’est autour de ce thème que s’est tenue dans la Capitale économique, Bobo-Dioulasso, la 15e rencontre gouvernement/Secteur privé le lundi 8 mai 2017. La rencontre était placée sous la présidence du Premier ministre, Paul Kaba Thiéba.

Après le rendez-vous manqué de 2016, la traditionnelle rencontre gouvernement/Secteur privé 2017 a été l’occasion pour les différents acteurs notamment d’examiner la problématique du rôle du secteur privé dans la mise en œuvre du PNDES.

A l’ouverture des échanges, le Premier ministre a tenu à remercier le monde des affaires pour leur forte mobilisation. Cette édition, selon lui, a pour but de lever les entraves à l’émergence d’un secteur privé dynamique, créateur d’emplois et de richesses au Burkina Faso.

« La morosité de l’activité économique occasionnée par les chocs socio-politiques des années 2014 et 2015 nécessitait des mesures concrètes de relance. A ce titre, une des actions engagées a consisté à apurer les arriérés de paiement de la dette publique intérieure.

Ainsi sur un montant de 35 milliards de dette régulière identifiée, le gouvernement a procédé à travers deux lois de financement rectificatives, au règlement de 30 milliards. Les cinq milliards résiduels seront apurés en 2017. En ce qui concerne la dette irrégulière, 20 milliards de F CFA sont prévus dans la loi de finances 2017 pour le règlement de cette dette.

Le gouvernement s’attèle actuellement à relancer les activités des entreprises ayant fait objet d’actes de vandalisme, de pillage et de destruction lors des évènements d’octobre 2014. Dans cette optique, il est envisagé, entre autres solutions, l’indemnisation financière directe, l’allègement fiscal, la restructuration des entreprises sinistrées et en difficultés, ainsi que des actions d’ordre général en faveur du secteur privé », foi du Premier ministre, Paul Kaba Thiéba.

Environ 7.300 emplois détruits ou compromis…

Rencontre Gouvernement/Secteur privé à Bobo-Dioulasso (Photo : Premier ministère)

Il a également fait savoir que la situation sécuritaire est maîtrisée partout au Burkina Faso, avant de décliner les axes du PNDES qui ambitionnent de lever les facteurs qui bloquent de manière structurelle la croissance du pays.

« Si nous regardons ensemble dans la même direction, si nous fédérons nos efforts, nous parviendrons à faire face aux défis économiques qui se présentent à notre pays », a, quant à lui, déclaré le Président de la Chambre de commerce et d’industrie, Mahamadi Sawadogo.

Pour que le secteur privé puisse pleinement jouer sa partition dans la mise en œuvre du PNDES, il pense qu’il va falloir que le gouvernement prenne des mesures urgentes pour préserver les acquis et surtout créer les conditions idoines pour une reprise de l’activité économique par l’investissement privé.

Cependant, à l’en croire, le secteur privé porte toujours les stigmates des évènements d’octobre 2014 et de septembre 2015. « Les pertes cumulées ont été estimées à plus de 52 milliards de F CFA. Le nombre d’emplois détruits ou compromis ont été évalués à 7.300 dont plus de 2.500 emplois directs », dépeint-il.

Il faut noter que cette rencontre gouvernement/Secteur privé vise à permettre aux deux parties de discuter et de s’accorder sur des mesures pertinentes en vue d’améliorer l’environnement des affaires, et d’encourager l’investissement privé au « Pays des Hommes intègres ».

Noufou KINDO

Burkina 24

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