Burkina : L’ABB lance officiellement ses activités

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Heureuse coïncidence ? Réunis au sein de l’Association des bloggeurs du Burkina (ABB), les bloggeurs du Burkina ont finalement de quoi se réjouir de la noblesse de leur action de veille citoyenne. Ils ont officiellement lancé leurs activités depuis leur siège à Ouagadougou ce vendredi 15 septembre. C’était quelques heures seulement avant que le Président Kaboré dans son adresse à la nation n’appelle à plus d’engagement et de veille citoyenne.

«(…) J’en appelle  à plus d’engagement et de veille citoyenne pour relever les défis qui se dressent et se dresseront sur notre marche déterminée pour la liberté, la justice, la réconciliation nationale et la prospérité partagée », a déclaré le Président du Faso dans la soirée du 15 septembre, veille de la date anniversaire du putsch de septembre 2015.

De leur côté, déterminés à instaurer une « culture de la citoyenneté, de la démocratie et de la bonne gouvernance par les TIC » de même que s’assurer de l’effectivité de la défense de la liberté d’expression, les bloggeurs du Burkina n’ont pas attendu ce message pour lancer officiellement leurs activités au siège nouvellement acquis grâce à l’appui de l’ONG Diakonia avec ses « Femmes et Hommes qui changent le monde ».

L’association qui se veut un cadre de formation des citoyens burkinabè pour une meilleure participation à la construction de la démocratie au Burkina entend bien être une veilleuse. Par la voix de sa présidente Bassératou Kindo, les membres de l’ABB veulent interpeller « le président du Faso élu sur la base de son programme» et qui « a pris des engagements à travers le Plan national de développement économique et social (PNDES) ». Cela afin que « les promesses de campagne soient tenues et que le PNDES connaisse une application effective sur le terrain ». Si l’ABB en appelle à la mobilisation de la jeunesse burkinabè, c’est parce que, poursuit-elle, « une promesse est une dette ».

«Pour voir que la politique se réalise, il faut la suivre »

Le projet, a-t-elle expliqué, consistera à l’initiation et à la formation des bloggeurs, des web activistes et les mobiliser pour qu’ensemble ils suivent les promesses et engagements du chef de l’Etat. Pour aller plus loin, il est prévu l’installation de clubs dans les établissements scolaires pour « promouvoir un usage citoyen des TIC et suivre les politiques publiques ». Bobo-Dioulasso, Ouahigouya, Fada N’gourma et Koudougou sont les quatre villes en plus de la capitale qui seront concernées par les séances de formation prévues.

Au-delà de l’implication des citoyens, il y a un volet d’interpellation à travers les rencontres périodiques dites « meet-up » ou « grin bloggeurs ». A travers cet exercice de redevabilité les autorités invitées seront directement interrogées par les citoyens sur leur gestion.

Les responsables des trois partenaires engagés pour la veille citoyenne. De g. à d. Bassératou Kindo (ABB), Mats Harsmar (ambassade de Suède) et Mariama Ines Barry (Diakonia)

Pour Mariama Ines Ouédraogo/Barry, senior programme officer à Diakonia, « la pertinence n’est plus à démontrer » et les participants seront « capacités sur la connaissance des réseaux sociaux, leur utilité, la production de contenus dans le sens des suivis des politiques publiques ». C’est seulement ainsi qu’ils pourront selon elle utiliser les acquis pour l’animation de la toile dans le cadre de l’implémentation du programme présimètre.

L’autres partenaire clé qu’est l’ambassade de Suède au Burkina était représenté par son premier responsable, Mats Harsmar. Lui aussi juge pertinent l’instrument d’évaluation qu’est le présimètre. Et si la Suède a décidé de financer le projet, c’est parce qu’« à ce stade actuel de la démocratie au Burkina un gouvernement a été élu une première fois sur un programme politique plutôt que comme personnalité ». Pour cette raison poursuit-il, il y a un « besoin de processus de redevabilité où des citoyens peuvent poser des questions, demander des actions sur ce programme politique ». Et « pour voir que la politique se réalise, il faut la suivre », conclut-il.

Oui KOETA

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