Burkina : la ville de Ouagadougou renforce son réseau de bus pour 200 millions d’euros

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L’État burkinabè vient de signer un protocole d’accord avec les sociétés Scania et RATP pour le renforcement du réseau de bus de sa capitale, à travers la fourniture de 550 véhicules et la création de 4 lignes structurantes pour 200 millions d’euros.

Le Burkina Faso a signé le 12 juin un protocole d’accord avec les groupes Scania et RATP pour un projet de modernisation du réseau de bus de Ouagadougou, en présence du ministre des Transports, Vincent Dabilgou. Ce projet prévoit, sur la période 2018-2020, de renforcer le réseau de transport de Ouagadougou en déployant 550 véhicules et en développant 4 nouvelles lignes structurantes.

L’objectif est de renforcer l’offre de transport en commun pour les 3 millions d’habitants de Ouagadougou, alors que la population devrait doubler d’ici 2030. 80 % des déplacements motorisés dans l’agglomération sont actuellement réalisés en deux roues. « Le projet doit encore être validé par le conseil des ministres » a expliqué Vincent Dabilgou, lors du salon de la mobilité, à Paris.

Le groupe suédois Scania (filiale de Volkswagen), apportera le financement du projet grâce à un crédit-export de la Suède, et fournira 550 véhicules (460 bus et 90 autocars) en trois phases. L’entreprise assurera également la formation des conducteurs et des mécaniciens de la Sotraco (Société de transport en commun de Ouagadougou).

Des bus alimentés au biodiesel produit à partir de jatropha

Ces bus et autocars seront dotés de moteurs permettant l’usage de biocarburants. Scania souhaite développer la production locale de biodiesel grâce au développement de la filière du jatropha, afin de s’approvisionner dans le pays.

La RATP accompagnera techniquement la ville de Ouagadougou pour la conception du réseau de transport urbain. Le groupe fournira et opérera également le système de billetterie digital pour le réseau de transport en commun. « C’est un projet modèle qui permet de montrer notre expertise à l’international, détaille Jérôme Harnois, qui préside la RATP International. D’autres villes d’Afrique de l’Ouest connaissent des problèmes de congestion similaires, telles que Dakar. »

La commune de Ouagadougou – qui a sélectionné les deux entreprises – reste en charge de la maîtrise d’ouvrage, de la conception au développement et à la mise en œuvre du projet. Si l’exploitation du réseau reste une prérogative de la Sotraco, une autorité organisatrice des transports urbains de Ougadougou sera prochainement créée.

Jeune Afrique