Burkina Faso : l’Ismic, une école qui forme les cadres en communication

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À Ouagadougou, l’Institut Supérieur de management, d’innovation et de communication (Ismic) forme les cadres aux compétences transversale en insistant sur une pédagogie pratique et adaptée au marché de l’emploi.

« Instruire, construire, épanouir ». C’est la vision de l’Ismic, un établissement privé créée en 2015 et reconnu par l’État burkinabè. Il travaille à accroître l’auto-employabilité de ses étudiants et à développer leur leadership. Parmi ses diplômés, plusieurs sont aujourd’hui employés comme cadres. C’est le cas de Charlotte Bambara, assistante chef de publicité à AG Partner Burkina, une agence de communication ouagalaise. D’autres ont créé leurs entreprises comme Raïssa Nikièma, administratrice générale de l’agence de communication Innov Vision Com.

L’Ismic est accessibles aux nouveaux bacheliers, étudiants et travailleurs du public et du privé. D’une vingtaine d’étudiants à sa création, l’établissement en compte désormais 75. Il offre des formations académiques de niveau licence et master dans diverses filières dont le journalisme multimédia, la communication politique et les relations internationales, le management de projet, l’intelligence économique et la création d’entreprises. Chaque année, avant le début des cours, il organise, en partenariat avec le groupe canadien Afro médiation Inc, un séminaire d’innovation, de management et de communication (Simac) qui permet une mise à niveau de tous les étudiants en un mois.

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Adaptation au marché de l’emploi

La pédagogie rompt avec le système traditionnel d’enseignement magistral.

Les enseignements et formations se font en présentiel ou en ligne. Ils sont assurés par des experts enseignants chercheurs, des managers, des chefs d’entreprises et des consultants. La pédagogie rompt avec le système traditionnel d’enseignement magistral. « Cela vise deux objectifs, explique le directeur général (DG), Flavien Arsène Bationo, âgé de 36 ans, formé au journalisme, à la communication et au management. Le premier : permettre aux étudiants de connaître les principaux concepts, méthodologies, outils théoriques et expérimentaux nécessaires à la compréhension, la conception et la caractérisation d’un management adapté en entreprise. Le second : développer chez l’apprenant l’autonomie, les capacités d’analyse et de synthèse, l’aptitude au débat critique, les techniques d’expression orale et écrite, la maîtrise des techniques modernes de communication, les capacités adaptatives et les qualités humaines indispensables au travail de groupe ».

Subventions et bourse

L’institut subventionne également les études de ses meilleurs étudiants à hauteur de 350 000 francs CFA (environ 533 euros) à travers le Programme d’appui aux jeunes pour l’innovation et la création d’entreprises (Pajice). Ce système leur permet de réduire les frais de formation fixés à 600 000 FCFA en licence, 750 000 en master 1 et 850 000 en master 2. Dès la rentrée académique 2017-2018, l’institut a initié la Conférence nationale des cadres Ismic (CNCI) qui se tiendra annuellement. Cette année, elle a eu lieu du 7 au 8 avril 2018 au Conseil régional du centre à Ouagadougou, autour du thème général « Création et financement d’entreprises innovantes ». La CNCI est un cadre de rencontre et de partage qui vise à renforcer les capacités des participants en innovation, création et management d’entreprise, favoriser le réseautage et l’unité d’action, puis valoriser l’expertise.

L’institut subventionne les études de ses meilleurs étudiants à hauteur de 350 000 francs CFA.

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Formation continue

Des formations professionnelles de courte durée permettent également à des professionnels d’avoir des compétences dans des domaines divers. En mars, 12 travailleurs du public et du privé ont ainsi bénéficié d’une formation en techniques d’arts oratoire et de prise de parole en public. En septembre 2017, 15 cadres d’entreprises venus du Burkina, de la Côte d’Ivoire et du Togo ont été formés en négociation et mobilisation des ressources.

L’auto-emploi, le but ultime

À l’Ismic, l’admissibilité aux épreuves écrites, la soutenance d’un projet professionnel et d’un mémoire devant un jury conditionnent l’obtention des diplômes académiques. Ces derniers sont pour le moment valables seulement au Burkina. Mais afin d’offrir plus d’espace d’action à ses diplômés, l’institut a entrepris des démarches pour leur reconnaissance par le Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES) qui regroupe 19 pays francophones.

Gaston Sawadogo, à Ouagadougou.

Jeune Afrique