Burkina : En savoir plus sur les schistosomiases

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Ceci est un message du Ministère de la Santé sur la Shistosomiase à l’occasion du lancement de traitement de masse contre les Maladies tropicales négligées.

  1. GENERALITES

Les schistosomoses ou bilharzioses sont des maladies parasitairesdues à la présence de vers plats (schistosoma) logées dans lesvaisseaux sanguins.

D’après l’OMS, la schistosomiase (ou bilharziose) est l’une desprincipales maladies transmissibles ayant des répercussionssanitaires et socio-économiques majeures dans 76 pays en voie dedéveloppement où elle constitue un importantproblème de santé publique, avec près de 600 millions de personnes à risque d’infection.

Malgré les efforts de lutte menés par la plupartdes programmes des pays endémiques, notamment ceux d’Afriquesub-saharienne, on estime à 200 millions le nombre de personnes actuellement infectées dont une proportion importante est composée d’enfants de moins de 14 ans. Le nombre de personnes présentant les symptômes de la maladie est estimé à 120 millions dont 20 millions sont atteintes d’une forme grave et invalidante, et la mortalité due à la schistosomose est estimée à environ 200 000 par an.

2-STRATEGIES DE LUTTE

Sous l’égide de l’OMS, tous les États membres del’OMS (plus de 200 pays) ont endossé en mai 2001, à l’occasionde l’Assemblée mondiale de la santé, la résolutionWHA 54.19 dont les trois objectifs majeurs sont :

– traiter régulièrement au moins 75 % de tous les enfantsd’âge scolaire exposés au risque de schistosomose et d’infectionsdues aux helminthes transmis par le sol;

– veiller à ce que les personnes vivant dans les zones endémiques aient accès aux médicaments vermifuges au niveau del’infrastructure sanitaire locale;

– fournir un traitement régulier à d’autres groupes à hautrisque.

  • PREVALENCE DE LA SCHISTOSOMIASE AU BURKINA FASO

Au Burkina Faso, la cartographie de l’affection réalisée en 2004 et 2005, avait montré que tout le pays était endémique avec des niveaux variables de prévalence :

  • 11 districts sanitaires (DS) avaient une prévalence supérieure à 50% ;
  • 46 DS avaient une prévalence comprise entre 10 et 50% et ;
  • 6 DS avaient une prévalence inférieure à 10%.

3-FACTEURS DE TRANSMISSION

Divers facteurs sont susceptibles de favoriser la transmission de la maladie:

– la bilharziose se contracte par l’immersion totale, ou partielle, du corps dans une eau contenant les vecteurs ;

– l’âge : les enfants par leurs jeux et leurs baignades dans les ruisseaux et les rivières, les marres, les aménagements hydrauliques ;

– le sexe : les femmes souvent exposées du fait des  « corvées » d’eau (lavage du linge, besoin alimentaire,…) ;

– la profession : les travailleurs ainsi que leurs familles vivants dans les zones irriguées, les cultivateurs, les pêcheurs en eau douce, les riziculteurs, les ouvriers d’entretiendes canaux d’irrigations.

– Les facteurs socioéconomiques: la mise en valeur des ressources hydrauliques : barrages, canaux d’irrigation permanents ayant pour but d’étendre l’agriculture à de nouvelles terres, favorisent la présence des mollusques hôtesintermédiaires ; le sous-développement et son corollaire, l’insuffisance d’assainissement, l’absence d’hygiène fécale et urinaire.

4-RESULTATS DES INTERVENTIONS

Faisant sienne la résolution de l’OMS sur la lutte contre la schistosomiase, le Burkina Faso a entrepris diverses actions dont la chimiothérapie préventive. Ce traitement de masse conduit depuis 2005 a permis de réaliser régulièrement des couvertures thérapeutiques de plus de 80%. L’impact de cette intervention, couplée à l’éducation sanitaire, l’amélioration de l’accès à l’eau potable au Burkina Faso, de l’hygiène et l’assainissement,  ont permis d’engranger des succès.

Au cours de l’année 2016, les évaluations épidémiologiques réalisées dans les sites sentinelles répartis sur l’ensemble du territoire, ont montré une réduction des prévalences de la schistosomiase:

  • aucun DS n’a une prévalence supérieure à 50%. Contre 1DS en 2013
  • 2 DS ont une prévalence comprise entre 10 et 50%. Contre 07 DS entre 2013
  • 13 DS ont une prévalence comprise entre 1% et 10% ;
  • 8 DS ont une prévalence inférieure à 1% .

Au regard de ces résultats, nous constant une baisse significative du niveau de la prévalence dans certaine régions mais aussi des prévalences toujours élevées dans certaines régions : Centre Nord (20,75%), Hauts bassins (25,92%), Sahel (14,81%) et Est (23,90%)

Face à cette situation une revue d’experts de la stratégie de lutte a été faite en 2013. Ainsi, pour la période de 2015 à 2020, des nouveaux axes stratégiques de lutte seront mis en œuvre prenant en compte la prévalence de la maladie et les réalités environnementales :

  • les régions ayant une prévalence inférieure à 1%, ciblées pour la stratégie d’élimination, mettront en œuvre les TDM une fois tous les 2 ans pour les enfants d’âge scolaire (EAS) ;
  • les régions ayant une prévalence entre 1 et 10% ciblées pour le contrôle de la maladie mettront en œuvre les TDM une fois tous les 2 ans chez les adultes et les enfants d’âge scolaire ;
  • les régions ayant une prévalence entre 10 et 50% ciblées pour le contrôle de la maladie mettront en oeuvre les TDM une fois par an chez les adultes et EAS ;
  • les régions ayant une prévalence supérieure à 50

5-TRAITEMENT DE MASSE

Depuis 2004, le ministère de la santé, organise chaque année, des campagnes de traitement de masse pour le déparasitage de la population. Les résultats des couvertures thérapeutiques de ces campagnes de masse ont toujours dépassé l’objectif de 80% et Cependant le taux de réduction de la prévalence de la maladie dans certaines régions reste faible d’où la nécessité de toujours planifier les le déparasitage de la population. C’est a cet effet  au titre de l’année 2017, il est prévu dans tous les districts des régions sanitaires du Centre-Est, du Sahel, du Nord, de la Boucle du Mouhoun et du Sud-Ouest, la mise en œuvre des campagnes de traitement de masse contre  la schistosomiase.

La distribution des médicaments se déroulera du  15 au 19 Mai 2017 dans  les  régions sanitaires du Sahel, du Nord, du Sud-Ouest et de la Boucle du Mouhoun. La région du Centre-Est  qui met en œuvre deux campagnes par an ;et ayant mis en œuvre la 1ère campagne au mois de février : le  2ème traitement se fera dans six (06) mois après

 A cet effet, 1 698 334 enfants âgés de  5 – 14 ans et 1 685 884 adultes recevront  gratuitement le médicament grâce au soutien du peuple américain et du gouvernement burkinabè

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