Burkina : des manifestants réclament justice pour un étudiant assassiné en 1990

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Ouagadougou, 19 mai 2017 – Plusieurs centaines de personnes ont manifesté vendredi devant le palais de justice de Ouagadougou pour réclamer « vérité et justice » sur l' »assassinat » de Dabo Boukary, un étudiant burkinabè enlevé et assassiné en 1990.

Des manifestants, en majorité des étudiants, ont scandé « vérité et justice pour Dabo Boukary » en brandissant des pancartes où l’on pouvait lire : « A bas l’impunité et la justice partisane » et « Nous étudiants avons soif de justice ».

Leader de l’Association nationale des étudiants burkinabè, à la pointe des manifestations contre le pouvoir de Blaise Compaoré dans les années 90, Dabo Boukary, étudiant en 7e année de médecine, avait été enlevé le 19 mai 1990 par des hommes armés et conduit dans les locaux du Conseil de l’entente, premier camp de l’ex-régiment de sécurité présidentielle, où il a été torturé à mort.

« 27 ans d’impunité c’est trop. il est temps qu’on fasse la lumière sur cet assassinat crapuleux », a pesté Zalissa Monné, une étudiante de 23 ans.

« Il fut une période où l’on soupçonnait les politiciens de l’ex-pouvoir de faire obstruction à la manifestation de la vérité. Trois ans après leur départ, c’est le même constat », a regretté Fulbert Bama, coordonnateur du Bloc national des étudiants contre l’injustice et l’impunité, qui a pris l’initiative de la manifestation.

« Nous savons que des politiques sont cités dans le dossier et que ces derniers font tout pour étouffer la vérité », a-t-il poursuivi, invitant la justice à se « libérer de toute pression ou intimidation qui pourrait entraver l’avancée du dossier.

Les manifestants ont remis à la procureure du Faso un mémorandum l’invitant à « faire la lumière sur l’assassinat de Dabo Boukary » et à traduire en justice les « auteurs, commanditaires et complices de ce crime ».

« Le dossier Dabo Boukary ne dort pas », a assuré la procureure du Faso Maïza Sérémé. « Le juge d’instruction chargé du dossier avance à grands pas ».

« Nous aussi, nous voulons connaître la vérité », a-t-elle dit aux manifestants, rappelant avoir elle-même manifesté lorsqu’elle était étudiante.

Après une procédure ouverte en 2000, il a fallu attendre la chute du régime Compaoré (fin 2014) pour voir les premières inculpations dans le dossier Boukary, prononcées en janvier 2017: celles du colonel Mamadou Bamba (officier qui avait annoncé le coup d’État de septembre 2015) et du général Gilbert Diendéré (cerveau du putsch).

En février, la justice avait annoncé avoir localisé la supposée tombe de Dabo Boukary à Pô, une ville située à 150 km au sud de Ouagadougou, abritant le centre d’entraînement commando où étaient formés les hommes de l’ex-garde prétorienne du président Compaoré.

Agence d’Information du Burkina

ab/ata

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