Burkina : Des enseignants chercheurs au service du développement

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L’Académie Nationale des Sciences, des Arts et des Lettres du Burkina (ANSAL-BF), est une nouvelle institution de recherches mise sur pied par des enseignants chercheurs des universités publiques du Burkina. Elle apporte son expertise à l’Etat burkinabè et aux institutions publiques et privées dans la conception et la mise en œuvre de la politique nationale et de recherche scientifique. 

Le Burkina Faso a du potentiel en matière de recherche. Malheureusement, dira le professeur Guiguemdé Tinga Robert, président de L’Académie Nationale des Sciences, des Arts et des Lettres du Burkina (ANSAL-BF), « faute de personnes qui s’engagent là-dedans, faute de budget conséquent pour la recherche, nous n’avançons pas. Tant que nous allons garder cet état passif dès le jeune âge, l’amour de la culture, de la science, des arts, nous n’allons jamais progresser, nous serons toujours en voie de développement ».

L’académie se propose donc d’œuvrer pour la promotion des arts, de la culture, des sciences comme éléments indispensables au développement du Burkina Faso.

Pour l’année 2017, les activités prévues sont de faire connaitre davantage l’institution dans toutes les autres villes.

Cependant, chaque collège de l’académie, au nombre de quatre, devra mener des activités spécifiques pour lesquelles les différents responsables ont bien voulu donner les grandes lignes.

Pour le collège des sciences naturelles et agricoles, l’urgence est de concilier avec les changements climatiques, la productivité, la résilience et la compétitivité des produits et pour ce faire, une rencontre est prévue avec les acteurs clés de ce secteur pour donner des contributions à l’académie.

Celui des sciences humaines, des arts et de la culture compte déjà sur les structures déjà existantes et en collaboration avec le ministère de la culture organiser 3 éditions des cafés littéraires du Faso (CALIFA) autour  d’un certain nombre d’ouvrages et un panel sur la contribution des sciences sociales et humaines au développement du Burkina Faso.

Quant au collège des sciences et techniques, une étude sur l’abandon de l’orientation des élèves dans les séries scientifiques est prévue. « C’est un problème crucial. L’année passée par exemple, on avait le même nombre d’admis au baccalauréat série C qu’en 1976. Nous allons mener des études pour comprendre pourquoi cette disparition programmée de la série », explique le professeur Jean Koulidiati, vice- président du collège.

Pour finir, professeur Soudré, président le collège de la santé humaine et animale  promet de réfléchir sur la possibilité de faire paraître un article les derniers vendredi de chaque mois sur un problème de santé publique pour éclairer les populations, travailler sur les conséquences de l’exploitation artisanale sur la santé humaine et animale et susciter des vocations dans le domaine.

N’ayant pas encore pris leur rythme de croisière, une activité néanmoins qu’a menée l’académie et qui concerne la question du développement du Burkina Faso et sur laquelle le président de l’académie s’est voulu discret, sera dévoilée  au mois de novembre 2017 au cours d’une grande conférence solennelle qu’elle  organisera.

Les conclusions de ces travaux seront remises au président du Faso.

Cependant, les membres de l’académie, tous issus du monde universitaire, ont donc été interpellés sur la question cruciale des retards à l’université.

Et au président de l’académie, de dire que «les membres de l’académie sont à l’intérieur donc bien imprégnés des problèmes. Ces problèmes sont de différents ordres,(…) mais l’académie est surtout pour des questions d’orientation, des questions pour lesquelles on a besoin de prospectives sur des questions fondamentales. Elle peut s’auto-saisir ou si elle est saisie par le gouvernement, elle réfléchit là-dessus pour proposer des solutions».

Revelyn SOME

Burkina24

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