Burkina : Croisade contre les grossesses précoces à Houndé

117

Les méthodes sur les produits modernes de planification familiale souffrent de plusieurs préjugés, appréhensions et même de méconnaissance des méthodes utilisées. Il faut le dire, l’essence et le but de la planification familiale c’est d’espacer les naissances afin de planifier et de mieux encadrer la gestion des enfants et par-delà, la famille. Comment lever le voile et montrer aux plus sceptiques le bien-fondé de la planification familiale ? En effet, du plus instruit au moins, chacun y va de son avis sur les produits de la planification familiale. Qu’à cela ne tienne, la campagne 100 jours pour convaincre s’est donnée pour mission de s’attaquer aux zones les plus réfractaires aux méthodes de planification familiale. C’était au tour de Houndé d’accueillir la caravane de presse qui accompagne ladite campagne.

Province située dans la région des Hauts-Bassins, Houndé a un taux de prévalence contraceptive de 19%. C’est en effet le taux le plus bas de la région. Sur le terrain, les journalistes ont pu toucher la réalité des choses. Les responsables des districts sanitaires des communes rurales de Houndé ont enregistré au moins 10 à 15 filles de moins de 15 ans pour parturition dans leur district. A Poni, Fouzan, Béréba, le constat est le même.  

Bambino Rasmata a 23 ans est en classe de 1ère. Son enfant a 4 ans et elle a perdu 3 ans dans son parcours  scolaire à cause d’une grossesse qu’elle n’a pas souhaitée, confesse-t-elle. Elle ajoute d’ailleurs qu’il a fallu qu’elle s’arme de courage pour pouvoir continuer ses études. Mais maintenant, la leçon a été bien assimilée. Plus question de tomber enceinte avant la fin de ses études, assure-t-elle. Elle a adopté une méthode contraceptive pour ne pas répéter la même erreur.

Comme cette élève habitant à Founza, beaucoup d’entre elles sont enregistrées dans les communes rurales de Houndé. A Bereba par exemple, pour cette année, le district sanitaire a reçu 15 filles enceintes, selon Séré Yaya, infirmier, responsable sanitaire de la commune. La plus jeune était âgée de 14 ans.

Sensibiliser

Pour prévenir ces cas malheureux, la sensibilisation est de mise. Dans le cadre du projet 100 jours pour convaincre sur la planification familiale, une caravane de presse sillonne la région les plus réfractaires. Justement  parmi les activités de la caravane, des animations grand public ont lieu tous les soirs. Cela permet de mobiliser les adolescents et jeunes dans les localités visitées autour des thématiques pour un changement de comportements au sein de la population. Selon Aïcha Ouédraogo, chargée de projet au réseau africain jeunesse Santé et développement (RAJS), chaque animation consiste à mobiliser dans chaque localité par le biais des associations membres RAJS, les adolescents et  jeunes et toute population autour d’une animation grand public avec un car podium.

Au cours de chaque animation, les artistes engagés, des troupes théâtrales, les acteurs de l’éducation, de la santé, les élus locaux, et les autorités administratives coutumières et religieuses sont associés pour transmettre des messages de sensibilisation dans les différents domaines (Planification Familiale, scolarisation/maintien, mariage d’enfants, autonomisation économique).

En plus de cette stratégie de communication, lors de ces animations, des concours  sous la forme de questions réponses sont organisées par des animateurs autour des stratégies pour la promotion de la Planification Familiale,  de la scolarisation et du maintien des enfants à l’école, la lutte contre les mariages précoces et la promotion de l’autonomisation économique. Les participants à la fin de chaque animation bénéficient à la fois de messages forts de sensibilisation sur les différents thématiques, mais aussi de supports de communication comme cadeaux  (tee-shirts, casquettes, dépliants….).

Adams OUEDRAOGO

Pour Burkina24

 

Burkina24.com