Burkina: Barsalogho (Centre-Nord): le rescapé de l’exécution de dimanche est décédé vendredi à Ouagadougou

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Abdoul Karim Diallo, rescapé d’une expédition punitive dimanche dernier à Barsalogho ( Centre-Nord) des Koglweogos selon son témoignage, a succombé à ses blessures vendredi à Ouagadougou où il avait été transféré pour soins, a appris radio Oméga de proches de la victime. Son estomac a été perforé par une des trois balles qu’il dit avoir reçues, selon ses proches. Né en 1958, ce père de 8 enfants était un déplacé vivant sur le site de Barsalogho depuis les tueries de janvier 2019 à Yirgou.
On ne sait si une enquête a été ouverte sur ce dernier incident où les Koglweogo sont de nouveau cités.

Selon son témoignage recueillis il y a quelques jours depuis son lit d’hôpital à Kaya, deux proches de M. Diallo ( un frère et un ami) ont été tués et lui-même blessé grièvement par des Koglweogo, à Barsalogho, localité située à 45 km de Kaya dans la région du Centre-Nord. Il avait mis en cause les Koglweogo parce qu’il dit les avoir identifiés comme tels et parce qu’il a été arrêté puis trimballé sur un site bien connu du groupe d’autodéfense.

Il a raconté à Oméga que l’incident s’est passé dimanche entre 16h et 20h: « J’étais parti au marché pour acheter du lait, deux Koglweogo que j’ai reconnus (NDLR: il les cite nommément) m’ont attrapé sans explication et m’ont trimballé sur leur site. J’y ai retrouvé mon petit frère et un ami. J’ai voulu comprendre pourquoi et ils m’ont roué de coups. Ils nous ont emmenés hors de Barsalogho et ont tué les deux autres sous mes yeux. Et ils m’ont tiré trois balles: l’une sur la cuisse droite, l’une sur le flanc droit, partie postérieure et la dernière balle a atteint la nuque. Me croyant mort, ils sont partis me laisser et j’ai rampé me cacher dans les buissons. Ce sont les membres de ma famille qui nous cherchaient qui m’ont retrouvé et conduit à l’hôpital”.

Il est décédé ce vendredi.

Le massacre de Yirgou qui a fait 49 morts selon le gouvernement reste toujours impuni six mois après les tueries. Le collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC) qui lui compte 216 morts dans les tueries qu’il qualifie  » d’extermination planifiée  » dénonce une culture de l’impunité de la part de l’Etat burkinabè dont il fustige la « mollesse » dans ce dossier. Les exactions ont fait près de 10 000 déplacés internes.

Source : Omegabf.info

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