Burkina : Après l’éloignement du précipice, place au réarmement de la gouvernance

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Après « Burkina Faso 2016/2017 : s’éloigner du précipice, engager le renouveau », leur précédente collaboration, l’institut Free Afrik et la plateforme Présimètre dans leur quête de suivi-évaluation scientifique et citoyen du Plan national de développement économique et sociale sont arrivés à la conclusion qu’il faut « réarmer la gouvernance pendant qu’il est encore temps ».

« Il n’y a rien de mieux qu’un séminaire qui rassemble des acteurs clés de la société civile, secteur privé, des institutions gouvernementales de contrôle à revoir des analyses et discuter ensemble de voir comment mieux avancer ». Constat et commentaire de Thomas Huyghebaert, chef de la section gouvernance de la délégation de l’Union européenne au Burkina Faso.

Suggérer de « Réarmer la gouvernance pendant qu’il est encore temps » soulève un certain nombre d’interrogations, analyse Luther Yaméogo,  directeur pays de Diakonia. Ce sont : est-ce que cela veut dire qu’aujourd’hui nous avons fait suffisamment de pas pour nous éloigner du précipice ? Quelle est la cadence de notre démarche d’éloignement de ce précipice ? Est-ce que nous avons suffisamment engagé le renouveau ? Est-ce que nous sommes désarmés en termes de gouvernance pour engager ce renouveau ? De quels types d’armes nous devons nous munir pour engager ce renouveau ?

Gouvernance économique

L’étude fait ressortir qu’il y a « des avancées intéressantes » depuis quelques années. Des avancées que la loi anti-corruption, « une belle loi » a contribué à créer. Conséquence, des résultats des sondages, il ressort selon Ra-Sablga Ouédraogo que « la majorité de la population a le sentiment que la corruption recule ». Mais,  nuance-t-il, « c’est des perceptions, ce n’est pas exactement la mesure de la corruption ». Au fond, commente le directeur exécutif de Free Afrik, « c’est des bonnes nouvelles parce que les perceptions sont importantes pour la gouvernance ».

Cependant, relève-t-il, il y a des chantiers notamment la réforme de l’ASCE/LC « à engager toute suite avec plus de célérité » pour donner l’autonomisation financière indispensable à la structure afin qu’elle ait la vigueur nécessaire. Engager la lutte contre la fraude « avec les vrais moyens », c’est éviter à l’Etat burkinabè de plusieurs dizaines de milliards chaque année en raison de la « fraude massive ».

Et pas seulement. Il y a lieu également selon lui de  « crédibiliser davantage la gouvernance ». Et donc les dirigeants. Et pour cause : « Le vrai problème, ce n’est pas seulement que la corruption nous prive des ressources indispensables, c’est que la corruption sape la crédibilité et la légitimité de la gouvernance ». Conséquences : « on n’est pas en mesure d’engager des réformes courageuses parce que la crédibilité est faible, la légitimité parfois manque ».

Thomas Huyghebaert, chef de la section gouvernance de la délégation de l’Union européenne fonde l’espoir qu’à l’Assemblée nationale et dans bien d’autres cercles, les trois études (sur la gouvernance économique, sécuritaire et sociale qui figureront dans le rapport) auront une certaine résonnance pour essayer d’ajuster certaines politiques. Et pour mieux avancer au regard de l’acquis en matière de la lutte contre la corruption matérialisée par « l’excellent boulot de l’ASCE/LC », il faut, dit-il que « maintenant la justice se resolve à être efficace et à faire les prochaines étapes pour faire reculer ce fléau ».

Gouvernance sécuritaire 

« Il y a une situation extrêmement grave dans la partie septentrionale du pays. Il y a des mines anti-personnelles qui sont en train d’être posées », s’alarme Ra-Sablga Ouédraogo.  Contre le terrorisme qui couve cette nouvelle donne, « il faut de façon urgente construire un élan national pour faire en sorte que ce défi on y arrive à bout ». Le directeur de Free Afrik partage son optimisme : « Ce n’est pas impossible au Burkina Faso de se sortir de cette situation ».

Pour ce qui est de la gouvernance sociale, face à la « situation inédite » sur le front social qui perturbe la bonne marche de la nation, le directeur exécutif de l’Institut Free Afrik recommande de tenir compte d’un « impératif » : trouver les voies et moyens pour « remettre le pays au travail ».

De son côté, le directeur pays de Diakonia,  l’ONG qui œuvre à faire des citoyens des « Hommes et des femmes qui changent le monde »,  attend des participants de tous bords au séminaire qu’ils apportent « des arguments forts afin de permettre l’émergence des idées qui permettront une fois de plus de réarmer la gouvernance démocratique ».

Oui KOETA                                                    

Burkina24

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