Burkina : après cinq ans d’inactivité, la Radio rurale va à la reconquête des laborieuses populations

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Ouagadougou – Après cinq ans d’inactivité, la Radio rurale du Burkina a rouvert officiellement ses portes jeudi, et entend à nouveau se porter, comme l’outil de communication le plus adapté à 80% des Burkinabè, frappés par l’analphabétisme.

«Aujourd’hui, c’est une renaissance pour moi car la Radio rurale qui revit, vit en moi. La renaissance de la Radio rurale, plaise à Dieu, sera éternelle !», a lancé le premier Directeur de la Radio rurale, le retraité Joachim Zongo, jeudi, lors d’une cérémonie officielle devant les locaux réhabilités de la Radio rurale.

D’après le co-parrain de la cérémonie, «le retour de la Radio rurale permettra sans nul doute, de diversifier l’offre de la prise de parole et de donner plus de temps d’antenne aux citoyens, aux communautés nationales dans les hameaux les plus reculés et aux populations les plus défavorisées».

«Il ne pouvait en être autrement car dans un pays où plus de 80% de la population ne sait lire ni écrire, ni s’exprimer en français et où la forte diversité linguistique (environ 69 langues) constitue à la fois une force et une faiblesse, la réouverture de la Radio rurale est à saluer», a déclaré plutôt, la Directrice générale de la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB), Marie Danielle Bougaïré/ née Zangréyanogo.

La Radio rurale a été créée en 1969 avec comme missions principales, de produire d’une part, des émissions en langues nationales destinées aux populations rurales dont les activités étaient essentiellement constituées d’agriculture, d’élevage et de pêche ; et d’autres part, de veiller à la promotion des cultures et identités du Burkina Faso.

Cependant, suite à des difficultés principalement financières, elle sera progressivement phagocytée par la Radio nationale du Burkina (créée en 1959) avant de fermer ses portes en 2012.

Reconquête de l’auditorat

Pour le ministre de la Communication Remis Fulgance Dandjinou, «le gouvernement a décidé de donner plus d’envergure à la Radio rurale», laquelle ne partagera plus pour la première fois depuis sa création, les mêmes émetteurs avec la Radio nationale du Burkina.

En effet, selon Marie Danielle Bougaïré, d’ici la fin de l’année 2017, douze émetteurs seront installés à travers le Burkina Faso, sur un ensemble de vingt-et-deux d’ici 2019.

M. Dandjinou a assuré que l’Etat continuera à apporter le soutien nécessaire pour la réalisation des missions du canal des populations rurales.

Toutefois, il a invité les agents à ne ménager aucun effort pour séduire l’auditoire, avec en ligne de mire, «le retour massif des auditeurs».

«Soyez fiers de travailler à la radio rurale pour les populations à la base (…) Il n’y a point de gens qui parlent le français sans avoir appris auparavant une langue du terroir. Donc vous travailler pour 100% de la population», dira le doyen Joachim Zongo aux agents.

Le deuxième vice-président de l’Assemblée Nationale Charles Lona Ouattara, représentant le président de l’institution Salifou Diallo, a attiré l’attention du ministre de la Communication, sur «l’instabilité institutionnelle qu’a connue la radio rurale entre 1969 et 2017, où elle renait de ses cendres».

«Monsieur le ministre, cette radio ne doit plus se taire car quand un média devient aphone, c’est un pan du développement qui s’écroule», a-t-il ajouté.

Notons que la cérémonie officielle de relance des activités de la Radio rurale, a connu la présence des anciens de la maison et de plusieurs personnalités dont le ministre des Ressources animales Sommanogo Koutou, les ex ministres de la Transition, Fréderic Abdel Kader Nikièma (Communication) et Nébila Amadou Yaro (Economie numérique) et de la présidente du Conseil supérieur de la communication Nathalie Somé.

Agence d’Information du Burkina

ata

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