Burkina: appel la libration immdiate de lactiviste Nam Tour

89


Des organisations de protection des droits humains et les dfenseurs des droits de lhomme et de la dmocratie signataires du prsent communiqu dat du 16 juin 2018, au vu des lments en leur possession, estiment quaucune infraction nest constitue dans lcrit de Nam Tour. Elles jugent donc sa dtention arbitraire et exigent, entre autres, sa libration immdiate.

Le jeudi 14 juin 2018, le jeune activiste et lanceur dalerte de renom Nam Tour a t interpell par la gendarmerie nationale et plac en garde vue, au motif dincitation la rvolte. Lacte incrimin est une publication assez critique effectue par Nam Tour sur le rseau social facebook, la veille de son arrestation.

Lappel de Nam est une raction suite un crit du journal Sidwaya dans sa rubrique Kantigui du mercredi dernier. Les faits ont t rvls par le quotidien dtat afin dattirer lattention du public et des autorits sur le sort dun soldat qui a failli laisser sa vie au service de son pays.

A la lecture de lcrit de Nam Tour, il nous apparat quaucune interprtation ne peut dboucher sur une incitation la rvolte. Il sagit, tout au plus, dun cri de rvolte et dhumanisme face la situation dun agent de la scurit (gendarmerie) bless lors dune opration de protection des personnes et des biens, contre des prsums terroristes. Larrestation du jeune activiste comporte donc quelques curiosits criardes. Les faits sont-ils errons? Le bless a-t-il dj t soign et mis hors de cause en ce qui concerne sa sant? Au moment de laffaire, Henry Traor est-il en passe de perdre lusage de son bras ou non? Enfin, est-il en souffrance dvacuation pour des soins plus appropris ou pas? Si les rponses ces questions sont celles suggres par Kantigui, alors lindignation de Nam Tour est profondment lgitime, et tous les dfenseurs des droits humains la partagent. Le sort de Henry Traor, si les faits sont avrs, rvle de la ngligence de la part des services en charge de son cas mdical et les responsabilits devront tre situes.

Les investigations menes auprs de la gendarmerie pour connatre ce qui est reproch Nam Tour sont restes infructueuses. Les services de gendarmerie se renvoient la responsabilit et prtextent labsence des chefs pour mme permettre de rencontrer le prvenu ou davoir des informations. Manifestement, les rgles de procdures ne seront pas respectes puisque la garde vue pourrait atteindre cent vingt heures, ce qui est un abus pour les dlits courants et ne se justifie que dans les affaires de terrorisme. Par ailleurs, les services judiciaires rpandent des bribes de demie information, du genre: Ce nest pas seulement lcrit de Nam qui lui vaut dtre arrt, il y a dautres lments. Il sagit l dune pratique bien connue, ces lments ne seront jamais ports la connaissance ni du prvenu, ni de lopinion, et le dtenu restera un certain temps en prison.

Les dfenseurs des droits humains considrent la dtention de Nam Tour comme une violation de la libert dexpression consacre par la constitution et une destruction de llan de solidarit et de lunion sacre entre les burkinab et leurs vaillants combattants au front contre lennemi qui endeuille le Burkina. En tout tat de cause, il sagit clairement dun dlit dopinion qui constitue un abus en dmocratie. Les autorits judiciaires savent trs bien que le rle des dfenseurs des droits humains et des lanceurs dalerte est de rvler les situations irrgulires, de dnoncer les drives et les ngligences et dinterpeller lopinion et les autorits responsables. Il ne sera fait aucune concession sur ce rle hautement socital.

Par ailleurs, laccusation dincitation la rvolte parat nettement risible dans ce cas-ci. Si un tel crit peut entrainer des units de gendarmerie la rvolte, il faudrait rviser leur professionnalisme et leur loyaut. Si ce risque existe vraiment, lEtat-major gagnerait changer ses effectifs.

Les organisations de protection des droits humains et les dfenseurs des droits de lhomme et de la dmocratie signataires du prsent communiqu, au vu des lments en leur possession, estiment quaucune infraction nest constitue dans lcrit de Nam Tour et sa dtention est arbitraire. Pour ce faire:

exigent sa relaxe pure et simple sans dlai,

tiennent les autorits responsables de lindiffrence que les populations pourraient afficher vis–vis des FDS (Forces de dfense et de scurit, NDLR) dans la lutte contre linscurit et le terrorisme,

prennent tmoins les dmocrates, les partenaires du Burkina Faso en particulier lUnion europenne et les dfenseurs de la libert dexpression de la remise en cause de ce principe fondamental de la dmocratie au Burkina Faso.

Ont sign:

1- Cercle dEveil

variste Konsimbo

2- Rseau des organisations de socit civile pour le dveloppement (RESOCIDE)

Siaka Coulibaly

3- Observatoire pour la dmocratie et les droits de lhomme (ODDH)

Lookman Sawadogo

4- Convergence citoyenne et panafricaine (CCP)

SO Ousmane

5- Association Femmes Battantes

Bertine Oudraogo

Source : aOuaga.com