Burkina : Allons-nous vraiment laisser perdre le Soum ?

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C’est vrai. Il ne faut pas verser dans le défaitisme. Exact. Il ne faut pas se couvrir de pessimisme. Mais devant certains faits, il vaut mieux déchirer le voile de la béatitude.

Plus de 200 écoles fermées.  Plus de 20 000 enfants burkinabè à la rue. Les chiffres sont du Premier ministre lui-même. Des commissariats de police sur le qui-vive. Des élus locaux enlevés s’ils ne sont pas réduits au silence par la plus brutale des manières. Et maintenant, le personnel du Tribunal de grande instance de Djibo qui déserte le palais de justice. L’information est sortie de la dernière session du Conseil supérieur de la magistrature. Les organisations humanitaires le sentent bien et leurs alarmes sonnent. 

Point n’est besoin d’être un agrégé des sciences pour savoir que le phénomène s’attaque aux fondements de la République dans la province du Soum et dans le Sahel en général. Et ces piliers, ces symboles sont en train de céder. S’ils ne le sont pas totalement déjà. Et tout cela, devant nos yeux et nos oreilles.

Le capitaine du navire attendu

Des efforts sont fournis. C’est certain. Mais à croire que leur impact n’est pas à la hauteur de l’ampleur de ce qui se dessine affreusement dans cette partie du Burkina. Que se passe-t-il ? N’y a-t-il pas assez de militaires pour sécuriser cette portion du Burkina ? N’y a-t-il pas assez de ressources ? Redondance : que se passe-t-il dans le soum ?

Qu’est-ce qui empêche de stopper ce délitement de l’Etat ? La gangrène est-elle si puissante qu’on ne peut plus rien contre ? A quand la réaction conséquente pour ramener les enseignants en classe, les policiers dans les commissariats, les édiles dans la sécurité, les magistrats dans les tribunaux et le Sahel au Burkina ?

S’il y a un capitaine dans le navire, c’est maintenant qu’il doit se faire entendre.

La Rédaction

Burkina24.com