Avertissements sanitaires graphiques sur les produits tabagiques: les organisations de lutte contre le tabac «satisfaites»

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Depuis le 1er juillet 2019, les industriels et importateurs de tabac devaient se conformer au marquage sanitaire graphique sur les emballages de cigarettes au Burkina Faso. 4 mois après cette décision, les organisations de lutte contre le tabac (Afrique Contre le Tabac (ACONTA), le Réseau des Journalistes Antitabac du Burkina Faso (REJAT-BF), la Ligue des Consommateurs du Burkina Faso (LCB) et l’Association Burkinabé d’Aide au Cancer Tabagique (ABACT) ont dressé le bilan de cette mesure qu’elles trouvent satisfaisante.

Au Burkina Faso, selon les explications des conférenciers du jour, 11 entreposeurs ont reçu des agréments pour commercialiser 33 marques de cigarettes toutes variantes confondues. Et sur ces 33 marques, 19 échantillons de conditionnements (paquet et carton) ont été transmis au comité interministériel (Ministère du Commerce, Ministère de la santé) pour examen de conformité avec la participation de ACONTA et de l’OMS. Sur ces 19 échantillons, 16 marques ont été validées soit un taux 48,48%. Aussi, trois sociétés ont fait valider toutes leurs marques qui occupent 80% du marché.

« Au regard de ces résultats, nous estimons à ce jour, qu’il y a 80 à 85% du marché qui est couvert par les avertissements sanitaires graphiques sur les emballages des produits des tabac notamment des cigarettes. Le bilan est positif dans la mesure où nous n’avons que 15% à 20% du marché non marqué par les avertissements sanitaires graphiques » a estimé Salif Nikiéma, coordonnateur de Aconta.

Cependant, ces organisations par la voix de M. Nikiéma, ont laissé entendre que malgré le rappel à l’ordre du ministre en charge du Commerce, certains importateurs continuent de commercialiser des produits de tabac ne comportant pas d’image sur les paquets de cigarettes. Face à ce comportement, qu’elles qualifient d’incivique et de défiance de l’autorité de l’Etat, ces organisations ont demandé aux autorités burkinabè d’être ferme en ce qui concerne l’application de la loi en vigueur en procédant à la saisie « pure et simple des tabacs non conformes en vue de leur destruction immédiate et en toute transparence ». 

Augmentation de la taxe sur le tabac en 2020

Au cours de ce point de presse, les organisateurs ont annoncé que dans le projet de loi sur le budget de 2020, le gouvernement va procéder à l’augmentation de 50% de la taxe sur le tabac pour ainsi se conformer aux engagements pris par le pays auprès des organisations sous-régionales.

« Etant donné que les mesures fiscales fortes contribuent à lutter efficacement contre le tabagisme, nous suivons de près l’évolution à l’assemblée nationale. Nous savons très bien que, l’industrie du tabac a commencé ses manœuvres dilatoires dans l’objectif de payer moins de taxes et donc de contourner la législation. Nous savons notamment qu’il manœuvre en ce moment pour s’attirer des faveurs de la part du Gouvernement. Alors que nous, nous espérons une substantielle augmentation qui aura un effet important sur l’augmentation de prix du tabac » a fait savoir Salif Nikiéma.

A titre illustratif, l’augmentation des taxes de 35% à 45% en décembre 2017, qui a entraîné une augmentation des prix de 150FCFA à 250 FCFA, a permis une évolution des recettes liées au tabac.

De plus de 16 milliards de FCFA en 2015, les recettes fiscales engrangées par l’Etat a atteint plus de 24 milliards en 2018. Salif Nikiéma explique : « le passage au taux unique de 45% a permis donc au Gouvernement d’engranger plus de 24 Milliards, soit un accroissement très sensible des recettes de plus de 6 Milliards de 2017 à 2018, contrairement à environ 1 milliard de progression les autres années antérieures. L’industrie n’a pas pu manœuvrer grâce à la ferme volonté du Gouvernement et de la vigilance des parlementaires ».

Par conséquent, il invite le gouvernement à plus de vigilance face aux manœuvres de l’industrie du tabac et aux parlementaires de taxer très fort les produits du tabac en appliquant la taxe spécifique de la Cédéao de 10 F par bâton de cigarettes et 15 000FCFA par kilogramme pour les autres produits du tabac.

Depuis le 1er juillet 2019, toutes les marques de cigarettes vendues sur le territoire burkinabè doivent porter obligatoirement des avertissements sanitaires graphiques sur leurs produits. 

En rappel, cette mesure d’implémentation du marquage sanitaire graphique des produits du tabac a pour objectif « de protéger la population notamment la frange des jeunes des méfaits de la cigarette et à lutter contre la fraude et la contrebande de la cigarette ». Selon l’OMS, la consommation de tabac est l’une des plus graves menaces sur la santé publique mondiale. Elle tue plus de 8 millions de personnes chaque année dont 4 800 au Burkina Faso. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : Fasozine.com

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