Attaque à Gayéri : Deux véhicules endommagés,  »un assaillant grièvement blessé »

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La brigade territoriale de gendarmerie de Gayéri a été criblée de balles par des individus inconnus, dans la nuit du lundi 3 à mardi 4 septembre 2018. Deux véhicules ont été endommagés au cours de l’attaque. Selon des témoins sur place, un assaillant a été grièvement blessé et emporté par les siens dans leur fuite.

Les populations de Gayéri, chef-lieu de la province Komandjari, situé à 75 km de Fada N’ Gourma, ont vécu une nuit cauchemardesque, le lundi 3 septembre 2018. En effet, de sources concordantes, la brigade de gendarmerie de la localité a été ciblée par des individus armés aux environs de 23 heures sous une fine pluie. Vite alertés, les gendarmes ont opposé une résistance « farouche ». S’en est, subséquemment, suivi des échanges de tirs pendant environ quatre heures d’horloge. Ce n’est donc qu’au petit matin du mardi 4 septembre 2018 que les hostilités ont pris fin. Le bilan officiel fait état de matériels roulants endommagés. Aussi, les impacts de balles sur le bâtiment de la brigade et le nombre « impressionnant » de douilles témoignent de l’intensité des tirs, a-t-on appris des mêmes sources. Les assaillants, au moins six, se seraient couchés à plat ventre en face de la gendarmerie avant d’ouvrir le feu. Selon nos interlocuteurs, les traces de leurs corps étaient encore visibles mardi matin.
Trois témoins, habitant à quelques encablures de ladite brigade, nous ont raconté, au téléphone, les misères qu’ils ont vécues cette nuit-là. Toujours sous le choc, ils ont, d’abord, requis l’anonymat avant de s’y prêter. Le premier qui habite à cent mètres de la gendarmerie, a dit avoir recommandé aux membres de sa famille de se mettre à plat ventre sur le sol, loin des quatre murs de la maison, à l’abri des éventuelles balles perdues. D’après lui, les premiers coups de feu, assimilables à des rafales d’armes automatiques, ont provoqué une panique générale. Les tout-petits, réveillés et terrorisés par les bruits assourdissants, selon ses propos, pleuraient sans cesse. « Ce qui nous mettait dans une situation embarrassante puisque nous évitions de faire le moindre bruit », a-t-il confié.

« Un blessé grave dans les rangs des assaillants »

Le deuxième témoin semble être très choqué moralement par ce qu’il a qualifié de « situation de guerre ». Dans une voix à peine audible, il a affirmé que lui et les siens ont effleuré « la mort » parce que certains assaillants s’étaient postés juste derrière leur cour, située à moins de 80 mètres de la gendarmerie. « Les tirs étaient si bruyants que la maison dans laquelle nous nous sommes tous retranchés tremblait et crachait par endroit », a-t-il lâché. Pis, a poursuivi notre second témoin, certains assaillants ont fait irruption dans son domicile. « J’ai jeté un coup d’œil à travers la fenêtre. J’ai vu des gens enturbannés échanger dans une langue étrangère. En ce moment-là, ma famille et moi étions dans la frayeur totale. Car, nous pensions qu’ils s’introduiraient dans nos maisons pour nous tuer», a-t-il relaté. La suite du « film » était plutôt contraire à ce qu’il imaginait. « Ces individus se sont saisi d’un bidon d’eau et d’un pagne sur une corde à linge. Cette situation, confortée par des cris d’une personne en détresse, me laisse penser qu’il y a un blessé grave dans les rangs des assaillants », a ajouté notre deuxième témoin.
Pour le troisième témoin qui nous a fait vivre, de bout en bout, la situation, par messages électroniques, il y a eu plus de peur que de mal. Il est revenu, notamment, sur l’intensité des coups de feu et tout le vacarme qui s’en est suivi. « Jusqu’à présent, j’en souffre toujours parce que je sens des bourdonnements d’oreille. Je n’ai jamais vécu une telle horreur », a-t-il affirmé.
Face à cette énième attaque, le premier témoin s’est dit indigné. Pour lui, la hiérarchie militaire et paramilitaire, selon ses mots, « doit très vite revoir sa copie».  Il a déploré l’insuffisance du personnel  de la brigade. Par ailleurs, notre témoin souhaite que les postes de gendarmeries, forestiers, douaniers et policiers soient construits à l’écart de la ville.

Sidgomdé

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