Assainissement à Nouna : Les unes nettoient, les  autres salissent

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L’association Nord Sud a, le 27 avril 2018, de nouveau récompensé et encouragé les femmes des sept secteurs de Nouna qui œuvrent inlassablement pour la propreté de la ville. Le promoteur du concours de salubrité frère Emmanuel Dupez a toutefois déploré le comportement peu civique de certains hommes qui compromettent l’atteinte de son objectif qui est de rendre Nouna plus propre que Ouagadougou.

Nogo Kèlè (combattre l’insalubrité), Faso Saniya (assainir le Faso), Ben Saniya( union pour la propreté) sont, entre autres,  des associations de femmes présentes dans les différents quartiers de Nouna et qui luttent chaque jour pour débarrasser la cité de ses ordures. Elles sont récompensées chaque année par l’association Nord Sud qui a fait de l’assainissement de la ville de Nouna son cheval de bataille depuis 2002.

Cette année les critères d’évaluations sont passés de quatre à cinq :  l’absence de sachets plastiques et d’eau stagnante, les évacuations hygiéniques des eaux usées et excrétas, l’absence d’encombrement des voies publiques par les ordures ménagères et bois de chauffe et l’absence de puits non protégés.

Coup de gueule

 Le jury conduit par Daouda Ouédraogo du service de la santé a relevé comme entrave à l’assainissement de la ville de Nouna, l’absence de bac à ordures publiques, l’inexistence d’un centre de collecte des déchets ménagers et le manque de fosse septique dans la plupart des ménages. Cette année,  c’est le secteur 1 qui a été déclaré quartier le plus propre tandis que le secteur 2 demeure le temple des immondices.

Lors de la cérémonie de récompense le vendredi 27 avril 2018, le promoteur de ce concours de salubrité a salué une fois de plus les efforts des femmes balayeuses non sans fustiger certains hommes peu civiques. « Grâce à votre labeur, nous vivons plus heureux dans nos secteurs en meilleure santé aussi et dans la joie. Je peux dire bravo à toutes les femmes mais pas autant pour les hommes. Il arrive que parfois, après que les femmes ont balayé devant certaines maisons,  on voit qu’aussitôt après des hommes y redéposent des ordures. On a demandé de ne plus parquer les animaux dans la rue. Or dans certaines rues, notamment au secteur 5, on a encore parfois la peine de passer. Les puisards non couverts sont toujours d’actualité et il n’y a pas longtemps, une femme s’est cassée la jambe en tombant dans une fosse. Même mon propre voisin n’a toujours pas eu le courage ou la volonté de couvrir sa fosse », a-t-il déploré.

Il a interpellé le maire afin qu’il soit exigeant en punissant les citoyens qui salissent nos rues.

Merveille KAPIGDOU

Pour Burkina24

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