An IV de la résistance au putsch : La déclaration du Balai Citoyen

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Ceci est une déclaration du mouvement Le Balai Citoyen à l’occasion du quatrième anniversaire de la résistance au putsch de septembre 2015.

Peuple du Burkina Faso,

Camarades militant-e-s, cibals et cibelles,

Aujourd’hui 16 septembre 2019, cela fait quatre années jour pour jour que notre peuple, civils comme militaires, dans un élan patriotique, affichait une résistance farouche au putsch du général félon Gilbert DIENDERE et sa horde du Régiment de Sécurité Présidentiel (RSP).

En cette journée anniversaire, nous nous inclinons d’abord en mémoire des disparus, ceux-là même qui sont tombés au front de la résistance ; nous souhaitons également un prompt rétablissement aux blessés, ceux qui porteront à vie les stigmates de la furie de cette horde dénommée RSP ; enfin nous présentons nos condoléances aux familles des victimes pour qui nous demandons une juste réparation par la vérité, la justice et le dédommagement.

Camarades, militant-e-s, cibals et cibelles,

L’histoire de notre pays nous enseigne que chaque fois que notre peuple s’est mis debout, dans un élan d’unité d’action patriotique à l’image de la période de la résistance en 2015 et de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, il en sort vainqueur. Il triomphe contre ceux qui veulent sacrifier ses aspirations profondes à la liberté, et au bien-être.  

En rappel, la résistance au putsch de septembre 2015 a été un bel exemple d’unité d’action pour stopper les putschistes d’alors et leurs alliés. La majorité d’entre eux rendent compte désormais aux institutions judiciaires de notre pays. C’est le lieu pour nous de rappeler que notre pays ne doit plus connaitre de putsch. Plus jamais ça. A bas les putschistes !

Camarades militant-e-s et sympathisants,

Le Burkina Faso, notre très chère patrie, connait les moments les plus difficiles de son histoire.

Depuis Janvier 2016, date des premières attaques d’ampleur à caractère terroriste dans notre pays, la Nation est plongée dans une spirale de désolation. Si ce n’est pas les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) qui sont meurtries, ce sont de pauvres citoyens innocents qui n’aspirent qu’à jouir de leur droit à la vie qui sont assassinés. Cela fait maintenant trois ans, que notre pays et particulièrement les FDS, les populations des régions du Sahel, du Nord, du Centre-Nord, de l’Est, de la Boucle du Mouhoun … sont exposées à cette barbarie croissante.

Malheureusement, cette situation a fortement entamé la cohésion sociale nationale avec en prime la montée de la stigmatisation ethnique, les conflits communautaires et l’atteinte aux droits humains dont le plus fondamental, le droit à la vie. Aussi, les conditions de vie de la population, déjà précaires, se sont alors considérablement dégradées avec un déplacement massif et continu des populations des zones attaquées vers d’autres localités plus sûres.

Camarades, le savant Cheick Anta DIOP disait à juste titre que « La sécurité précède le développement »

C’est pourquoi nous formulons le vœu d’un environnement sécuritaire stable pour notre pays, et réitérons nos encouragements aux Forces de Défense et de Sécurité dont la bravoure, le courage et l’abnégation au front permettent à notre pays de garder jusque-là son intégrité territoriale pourtant fortement menacée.

Au demeurant, cette guerre dite asymétrique imposée à notre peuple, trouve ses causes profondes d’une part dans la stratégie impérialiste d’occupation militaire du Sahel qui a commencée par la destruction de la Lybie en vue de faciliter la circulation des armes et des terroristes ; et d’autre part par les pratiques irresponsables et mafieuses du régime de Blaise Compaoré qui avait donné gite et couvert aux terroristes qui endeuillaient d’autres peuples frères et voisins.

Face à cette situation, les choix stratégiques, les décisions inopportunes et les errements politiques du régime interpellent et amènent le citoyen à se demander si les autorités actuelles ont la pleine mesure de la souffrance de notre peuple et du risque que nous encourons au regard de l’enlisement progressif de la situation sécuritaire ?

Du reste, ces autorités au comportement irresponsable, au lieu de s’atteler à garantir la sécurité, l’intégrité territoriale et les conditions de vie agréable à notre peuple à travers une gestion rationnelle et vertueuses des ressources, s’adonnent plutôt à une course à la prédation de ses richesses nationales.

Ainsi, il ne se passe pas un mois sans que la presse nationale ne fasse écho de détournement par ci et corruption par là au sommet de l’Etat ; le cas le plus récent est celui dit du « charbon fin ». Combien de dispensaires, de routes, de centres de santé, d’écoles, d’armements militaires cette manne du « charbon fin » aurait pu construire pour les enfants du peuple ? Certainement des centaines !

Camarades est ce que nous pouvons accepter cela ? Est-ce que nous devons nous taire face à cette situation de gouvernance catastrophique ?

Camarades militant-e-s, cibelles et cibals

C’est pourquoi, le Balai Citoyen, se joint à cette journée d’unité d’action patriotique pour exiger des autorités la satisfaction au plus vite de ces points de revendication contenus dans la plateforme minimale pour le bien être de notre peuple, le renforcement du climat de sécurité et le vivre ensemble harmonieux.

Notre nombre est notre force !

Nan Lara, An Sara

Pour le Balai Citoyen,

La Coordination Nationale

 

Source : Burkina24.com

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