Agriculture : La culture hors-sol, un espoir pour nourrir les Burkinabè !

115

Agriculture : La culture hors-sol, un espoir pour nourrir les Burkinabè !

Une plante dans un sac de ciment, dans un bidon usé, cela pourrait paraitre de l’art. Mais loin de là, c’est une technique pour produire efficacement. Lors d’un de nos voyages, nous avons pu visiter un jardin d’expérimentation de l’Association Formation Développement Ruralité (AFDR) à Ouahigouya. Le coordonnateur de l’association, Yves Sawadogo nous a servi de guide pour son champ expérimental. Nous avons pu voir des plantes toutes vertes et en bonne forme.

Pour lui, les fruits de la culture hors-sol sont obtenus de façon naturelle. Le pied d’une plante est fait à base de sac de ciment, de bidon. Bref, c’est le recyclage de certains emballages jetés dans la nature. Dans ces emballages, on met de la terre et du fumier. Grâce à la présence dans le sol des différents nutriments nécessaires, les plantes survivent. Pour réussir cette plantation, rassure le coordonnateur, il n’ y a pas beaucoup de protocoles. Il suffit d’avoir des plants de qualité, de l’eau, et du soleil. Avec cette technique, l’expérimentation a permis de récolter des oignons, du piment, des choux, de l’épinard, de la tomate et de l’aubergine en grande quantité.

La culture hors-culture économise l’eau et résiste aux ravageurs

Agriculture : La culture hors-sol, un espoir pour nourrir les Burkinabè !L’intérêt de cette pratique souligne notre guide, c’est qu’on n’a pas besoin d’utiliser beaucoup d’eaux. L’on a donc un meilleur contrôle. L’eau est même une denrée rare sous nos cieux. En plus, ces plants n’ont pas besoin d’engrais chimiques. Le fumier seul suffit pour faire de bonnes récoltes a-t-il pu constater dans l’expérience qu’il mène. Ce qui est encore plus intéressant, c’est que les plantes hors-sol produisent plus que celles en contact direct avec le sol. Les sacs et bidons peuvent réutiliser autant de fois pour d’autres productions. Et ce n’est pas tout. Les attaques des ravageurs sont maîtrisées. Non seulement, elles sont rares, mais quand elles se présentent, le traitement est fait à base du jus de Neem. C’est une plante en abondance au Burkina.

Résultat, l’on récolte des produits bio à moindre coût et à moindre effort

Avec peu d’efforts et d’investissement on peut récolter des produits bio en quantité et en qualité. La technique peut être utilisée par ceux qui travaillent dans les cultures maraichères surtout en saison sèche, foi de Yves Sawadogo. Elle peut donc pallier l’assèchement des barrages après les puits. Dans le cadre de la sécurité alimentaire, cette culture gagnerait à être vulgarisée pour le bonheur de tous.

Dimitri OUEDRAOGO
Lefaso.net

Lefaso.net