Agriculture Contractuelle : Une nouvelle approche pour booster la production du riz au Burkina Faso

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Agriculture Contractuelle : Une nouvelle approche pour booster la production du riz au Burkina Faso

La Coopération Allemande, à travers le projet Centres d’Innovations Vertes du secteur Agro-alimentaire (ProCIV) et le projet Petite Irrigation dans le Grand-Ouest (PIGO), ont organisé, les 30 et 31 juillet 2019 à Bobo-Dioulasso, un atelier de mise en relation entre les producteurs de riz et les responsables des unités de transformation qui interviennent dans les régions des Hauts-Bassins et des Cascades. Cette rencontre a permis aux producteurs et transformateurs de riz, de nouer des partenariats d’affaires.

Cet atelier de facilitation de l’établissement de relations durables entre les producteurs des nouveaux sites PIGO et les transformateurs du Groupement d’Intérêt Economique (GIE) pour l’écoulement de leur paddy, a regroupé, deux jours durant, les riziculteurs des bas-fonds nouvellement aménagés en 2019 et qui rentrent en production au titre de la campagne humide 2019-2020des Hauts-Bassins et des Cascades.

Le Projet Centres d’Innovations Vertes du secteur Agro-alimentaire (ProCIV) a comme objectif, d’aider au moins 120 000 petites exploitations agricoles à augmenter de 30% leur revenu, ainsi que d’appuyer les entreprises en amont et en aval de la production à être plus rentables.

La coopération financière allemande, mis en œuvre par la KFW appuie depuis plus de dix ans, l’aménagement de bas-fonds pour la promotion de la riziculture, en appui de la politique agricole du Burkina Faso. Le financement actuel est octroyé au Burkina Faso dans le cadre du PIGO, à travers l’investissement et l’assistance technique pour accompagner l’aménagement. Selon Ignace Ouédraogo du PIGO, « le projet travaille avec les agriculteurs pour l’aménagement de terres de productions rizicoles dans les régions du Sud-Ouest, du Centre-Ouest, des Hauts-Bassins et des Cascades. Il a pour objectif d’augmenter la production du riz au Burkina Faso et du même coup, les revenus des producteurs à travers l’aménagement des bas-fonds au profit de ces producteurs ».

Ignace Ouédraogo du PIGO

Pour permettre aux producteurs des sites nouvellement aménagés de disposer d’un marché pour leur paddy, il faut les mettre en relation avec les unités de transformation qui interviennent dans les régions concernées pour leur approvisionnement en matière première. Ainsi, l’existence de marché pour les riziculteurs améliore la productivité des exploitations agricoles, car elles sont sures de vendre leur production et facilite la reconstitution des fonds de roulement mis à la disposition des bénéficiaires des bas-fonds aménagés par le PIGO à l’entame de l’exploitation dès la première année de mise en valeur. C’est dans ce cadre que le ProCIV a organisé cette rencontre de facilitation d’établissement de relations entre ces producteurs et les transformateurs du GIE pour l’écoulement de leur paddy et en prenant en compte les besoins des parties de part et d’autre.

Julien Ouédraogo, directeur régional de l’agriculture

Le but de la rencontre, selon Mohamed Lamine OUEDRAOGO, Conseiller Technique au ProCIV, était d’identifier les partenariats commerciaux potentiels entre les transformateurs particuliers et les représentants de groupements de producteurs, et de définir de façon consensuelle les conditions d’achat de paddy en prenant en compte les intentions d’achat exprimés, et les normes de qualité à respecter ainsi que les responsabilités de chaque acteur dans la mise en œuvre des ententes entre les parties.

Mamadou Diakité, transformateur de riz

Cette rencontre a permis aux responsables des nouveaux sites PIGO, de présenter les potentialités des bas-fonds aménagés et les quantités de paddy attendues au titre de la campagne 2019-2020 ; aux membres du GIE des transformateurs, de présenter également leur intention d’achat de paddy. Des entretiens Business to Business (B2B) ont été également organisés entre chaque membre du GIE et les responsables de chaque site pour discuter de façon concrète sur les modalités de vente de paddy à la récolte et du rôle et de la responsabilité de chaque partie prenante pour la commercialisation. Par ailleurs, il a été proposé un dispositif simple de suivi et de capitalisation de l’intervention du GIE dans les sites aménagés par les animateurs du PIGO.

Mitéma Soulama, productrice de riz

L’atelier a aussi permis aux producteurs et aux transformateurs de riz, de découvrir l’agriculture contractuelle, une nouvelle approche d’agri-business qui est proposée aux producteurs pour vendre leurs productions avec un acheteur partenaire. A en croire Mohamed Lamine OUEDRAOGO, cette nouvelle approche offre beaucoup d’opportunités aux producteurs. « L’approche Agriculture Contractuelle permet aux transformateurs d’offrir de services aux producteurs pour s’assurer d’une matière première en quantité, en qualité et livrée à temps. Les exemples phares sont le meilleur accès aux crédits et intrants pour les riziculteurs, et le regroupement de quantités de riz de qualité pour rendre la collecte plus efficiente. Cela permet aux producteurs de produire et de mieux maitriser la question de la commercialisation », a-t-il laissé entendre.

Mohamed Lamine OUEDRAOGO, Conseiller Technique au ProCIV

Le Directeur Régional en charge de l’Agriculture et des Aménagements Hydro – agricoles des Hauts-Bassins, Julien OUEDRAOGO, a salué l’organisation de cet atelier. « Au cours de cette rencontre, nous avons mis les producteurs et les transformateurs de riz en relation pour la commercialisation de leurs productions. D’autres se sont engagés aussi à appuyer les producteurs dans leurs activités », a souligné Julien OUEDRAOGO.

Il reste convaincu que ce partenariat entre ces acteurs, pourra booster la commercialisation du riz dans les régions concernées et sur le plan national. « Aujourd’hui, c’est la commercialisation qui booste la production. Quand je sais que tout ce que je produis sera acheté, alors j’ai le courage de pouvoir produire. Ce sont ce genres d’initiatives qui pourront pousser la région à avoir la première place en matière de production de riz », a-t-il ajouté.

Rencontre B2B entre producteurs et transformateurs de riz.

Embouchant la même trompette, Mamadou DIAKITE, transformateur du riz à la Vallée du Kou et membre du GIE, a apprécié la tenue de cette rencontre qui, selon lui a été très bénéfique. Au cours de cet atelier, les transformateurs de riz ont souhaité avoir également un cadre d’échanges avec les acteurs des Mairies des Hauts-Bassins et des Cascades ainsi que ceux du Ministère de l’éducation pour l’écoulement de leurs produits finis.


Mitéma SOULAMA, productrice de riz, a félicité les organisateurs de l’atelier. « Cette rencontre est vraiment la bienvenue. Elle a été bénéfique pour nous les producteurs. Pendant la campagne, nombreux sont ceux qui n’ont pas les moyens pour payer les intrants. Donc avec cette nouvelle approche, les transformateurs peuvent mettre à notre disposition tous ce dont nous avons besoin pour une bonne campagne », s’est réjouie madame SOULAMA.

Romuald Dofini

Lefaso.net

Source : lefaso.net

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