«Africa yé» : Cendrine Nama enjoint les enfants d’Afrique à plus de solidarité

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Jeune femme très ambitieuse qui n’a pas froid aux yeux à travers son activisme, l’artiste Cendrime Nama, chef d’entreprises burkinabè est bien connue  des mélomanes. Loin de la scène musicale depuis quelques années, elle y revient avec un nouveau single intitulé «Afrika yé» derrière lequel, elle instaure un concept et entend mettre en exergue les valeurs africaines. Dans cet entretien, celle qui croit que les jeunes leaders du continent doivent se baser sur leurs propres ressources pour aller de l’avant, nous parle de son dernier né et de ce projet.

Fasozine : Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de revenir sur la scène ?
Cendrine Nama : Je chante et je parle avec mon cœur. Je parle de cœur à cœur donc je prends le temps d’essayer de fournir des choses telles que je les ressens. C’est vrai que j’ai pris un peu de recul pour gérer des activités connexe mais j’ai mis un peu d’ordre dan    s ma vie en mettant en marge mes projets avant de revenir à la musique.

«Africa yé» c’est quoi au juste ?
«Africa yé» c’est une chanson qui enjoint les fils et filles d’Afrique à plus de communion, à plus de solidarité pour un meilleur rayonnement de l’Afrique. C’est dire simplement qu’il est temps pour chaque fille et chaque fils de l’Afrique, de revaloriser son continent. L’Afrique est un patrimoine avec des  richesses, une diversité dont on doit être fier. L’Afrique, c’est le consommé local, la force, la jeunesse et il faut qu’on en prenne conscience et qu’on valorise ce que nous sommes afin que notre continent puisse jouer son rôle dans le concert des autres continents.

Que comptez-vous faire justement pour changer les choses ?
Toute ma vie est un engagement sur les questions qui me tiennent à cœur et cette chanson vient en ligne de conduite. A travers «Africa yé», c’est déjà de m’adresser à mon public parce que mon public me réclamait. «Afrika yé» n’est rien de sorcier. C’est quelque chose que tout le monde sait, que tout le monde entend le plus souvent mais que moi j’ai eu envie de servir à mon public. Donc j’espère que cette chanson pourra permettre de lancer le challenge Africa yé. Pour une première expérience, beaucoup de gens ont participé à ce challenge en revalorisant leur quotidien, tout ce qu’ils utilisent, tout ce qu’ils consomment d’africain, de local. Nous avons a pu voir pendant ce challenge que les gens était fiers. Ils ne participaient pas pour gagner mais ils participaient pour montrer comment ils étaient fiers du savoir-faire local.  Donc j’espère que «Africa yé» permettra à  chaque personne qui l’entendra d’être fier de ce qu’il est, d’être un ambassadeur conscient de sa culture.

Ce challenge va-t-il s’arrêter à cette première étape sur les réseaux sociaux ?
Nous avons plusieurs visées mais déjà  c’était de voir l’engouement que les gens auraient et ce que cela pourrait. Des personnes de toutes les couches sociales se sont engagées dans ce challenge à travers des posts du genre «je consomme ceci, j’utilise cela, je valorise ceci etc.» Et il y avait beaucoup de fierté à faire cela et nous espérons pouvoir l’étendre à une plus grande dimension.

Le prochain album est prévu pour quand après ce single ?
On espère avant la fin de l’année et ce single est tiré de l’album qui va porter le même nom «Afrika yé».

Dans quelle catégorie professionnelle peut-on classer Cendrine Nama aujourd’hui ?
Aujourd’hui quand on me demande mon titre professionnel, c’est compliqué pour moi. Je suis diplômée d’un master en management des projets  et aujourd’hui, je peux dire que je suis entrepreneure. J’interviens sur des questions de sécurité communautaire collaborative. Je suis aussi entrepreneure sur des questions de communication, de design dans des entreprises qui m’appartiennent. J’ai une amie qui me dit souvent que je suis une «Social change maker». C’est-à-dire quelqu’un qui change un peu de tout. En plus, je suis aussi toujours une fervente activiste qui défend la question des droits humains, qui essaie d’attirer le regard sur les couches les plus défavorisées, qui essaie de changer la donne, qui essaie d’expulser aussi de ces couches-là la volonté de vouloir un lendemain meilleur.

Quelle analyse faites-vous de l’actualité politique du Burkina en rapport avec  «Afrika yé» ?
Au Burkina, nous avons atteint un niveau de conscientisation. La jeunesse est de plus en plus intéressée aux questions qui les concernent. Elle prend de plus en plus part aux décisions qui les concernent. Maintenant il faut faire la part des choses entre prendre conscience et vouloir intervenir. Le Burkinabè a certaines valeurs, admiré et respecté pour ces valeurs et je pense que nous devrons continuer à garder ces valeurs tout en continuant à nous impliquer sur les questions qui nous concernent. Le Burkinabè, c’est la tolérance, le respect, la solidarité et nous devons continuer à véhiculer ce message. Nous pouvons revendiquer tout ce que nous voulons en continuant à promouvoir l’éducation parce que l’éducation est la première arme dans cette vie actuelle. Nous devons donner de bons exemples, des repères à ceux qui nous suivent.

«Afrika yé» est chanté en quelle langue ?
«Afrika yé» est chanté en mooré et en français et c’est juste une interjection. C’est pour dire Africa Héyi donc musicalement parlant, j’ai dit Afrika yé.

Quelles sont les perspectives ?
Le single est sorti le 6 juin 2018 est en rotation sur  la plupart des plateformes, les chaines de radios, télés et le retour est bon. Il y a beaucoup d’engouement et je reçois beaucoup de messages d’encouragement. J’espère qu’«Afrika yé» pourra faire son petit bonhomme de chemin et aussi impulser la force qu’il faut pour pouvoir faire venir au plus vite l’album.

   

Fasozine