48 heures de la femme du Nayala : La danse féminine de la culture San a été valorisée

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48 heures de la femme du Nayala : La danse féminine de la culture San a été valorisée

Tout peuple possède une danse traditionnelle, symbole d’une culture et d’une identité. Les San, communément appelés Samo, peuple vivant au nord-ouest du Burkina Faso, à l’instar de la soixantaine d’ethnies du Burkina Faso, exécutent des pas de danses selon les évènements qui rythment la vie de la société. Cependant comme plusieurs ethnies du Burkina, ces expressions culturelles, signes identitaires des peuples, sont en train de disparaitre, constituant une menace pour leur âme. Le constat fait de cette situation, l’association des femmes battantes du Nayala, a initié une compétition de danses féminines San, afin de valoriser cette expression culturelle, promouvoir ces pas au sein de la jeunesse et ainsi les pérenniser.

Les 7 et 8 avril 2017, 62 femmes de la ville de Toma ont rivalisé sur quatre pas de danse San, notamment le bazinimba, danse féminine San autrefois exécutée pour accueillir le chef le jour de fête), le ki touba le jour du mariage pour honorer le couple après le lunch, le kombo lo makali danse d’hommage à la belle et célèbre danseuse makali des temps anciens et le yéwabè danse des soirées récréatives des jeunes filles San.

Au soir du 8 avril, ni le vent, encore moins les menaces d’un ciel assombri de cumulonimbus n’ont altéré l’intérêt et la détermination des populations de Sampiè à connaitre le dénouement de cette compétition. Au son du lolo (harpe musicale) rythmé par les tambours, vingt femmes retenues pour la phase finale ont tenu en haleine le public. Après la prestation de chacune sur trois différents pas, le jury a retenu Ky Marie Jeanne comme celle ayant mieux exécuté les pas, avec une bonne occupation scénique dans un typique accoutrement de la femme San. Elle a été suivie par Kawané Judith, Ky Constantine et So Marie qui ont occupé respectivement les deuxième, troisième et quatrième places.

Pour le haut-commissaire de la province du Nayala Mariam Konate/Gnanou, cette activité mérite d’être accompagnée et pérennisée, car elle permet de réveiller et de valoriser ces pas pour les transmettre aux générations futures. Elle a soutenu que cette activité ajoutera un plus à la province.

Le parrain Léon-Paul Toe, a laissé entendre que cette initiative est louable car elle permet de valoriser les pas de danses du patrimoine culturel. Il a ajouté que les jeunes ont eu l’occasion de voir à travers cette activité, que pour danser ils peuvent s’inspirer des pas de la culture San. Pour Françoise Ky, présidente de l’association des femmes battantes du Nayala, la jeune génération s’adonnant aux pas de la danse moderne au détriment de ceux de la culture, elles ont initié cette compétition pour valoriser ces pas.

Youmali Koanari
Lefaso.net

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